‹ Les lois fondamentales de l'universChapitre 22 sur 36 · I.'AME · texte numérisé non relu

I.'AME

§ 146. — Les sensations et les passions nous viennent du corps; rempire sur nous-mêmes et l'aspiration au bien nous viennent de Tàme.

Preuve. — La sensation dans la matière organique est produite par les vibrations des parties en contact. Il en est ainsi dans tous les cas, sans aucune exception.

Ainsi, dans le contact immédiat, lorsque nous touchons un objet du doii^t, les vibrations des atomes qui composent cet objet se communiquent aux atomes qui composent nos nerfs tactiles et par l'intermédiaire de nos nerfs sensoriels à notre cerveau. De là la sensation du toucher.

Dans le contact non immédiat , comme dans la vue, les vibrations de la lumière se communiquent par l'intermédiaire de TÉther à notre nerf optique et à notre cerveau. De là la vue.

Il en est de même de tous les sens; ce sont des appareils vibratoires, rien de plus, rien de moins. Les différents sens ne se distinguent entre eux que par la capacité vibratile du système affecté à chaque sens. Pendant que les nerfs de l'ouïe ne peuvent exécuter que tout au plus 3 oOO vibrations par seconde, les nerfs optiques, dans la perception de la couleur violette, en exécutent 728 trillions sans parler des nerfs tactiles qui perçoivent la résistance des corps solides en exécutant le même nombre de

vibrations cprexécutent les atomes qui composent ces corps, à savoir : 29 trillions de vingtillions de vibrations par seconde (ij 78).

Tout cela, ce sont des vérités démontrées par l'expérience et bien constatées aujourd'hui par la physiologie.

Nous étions d'ailleurs à môme d'établir ces vérités a jir'ion^ comme une conséquence rigoureuse des lois que nous avons démontrées, à savoir : que tout phénomène de la nature a toujours pour cause réelle le choc des atomes.

En partant de cette vérité fondamentale , la science se serait épargné bien des hypothèses et bien des erreurs, et les recherches sur la manière dont les sensations se produisent auraient marché droit au but par une voie sûre.

Enfin nous savons maintenant que le choc des atomes et les vibrations du système nerveux et du cerveau produisent les sensations.

Notons aussi que ces vibrations ont toujours pour conséquence aussi des actions chimiques. Celles-ci se produisent quand nous touchons un objet du doigt, aussi bien que lorsque nous regardons une Nébuleuse située à des distances immenses. Bien plus, non seulement chaque sensation, mais chaque pensée produit des actions chimiques, ce qui n'a d'ailleurs rien d'étonnant, puisque toute pensée

ne peut se produire que par les vibrations du cerveau. L'humanité est dans le vrai lorsqu'elle dit qu'une pensée agréable vous fait du bon sang et une pensée désagréable vous fait du mauvais sang. Il est donc démontré que les sensations nous viennent du corps.

Il en est de même de nos passions, car ce ne sont que des impulsions imprimées k nos organes par les forces physico-chimiques en action dans notre corps ou par le milieu ambiant.

Tout autre est l'action de l'âme.

Pour nous en faire une idée bien nette, prenons un exemple quelconque.

Un chirurgien vous fait une opération. Vous éprouvez une douleur très vive à l'endroit de votre corps où le bistouri de l'opérateurtranche vos chairs. Dans ce moment, votre âme, par la force de sa volonté, domine votre corps et vous fait supporter la douleur avec stoïcisme. Ici, le dualisme de l'âme et du corps saute aux yeux et l'action de l'une sur l'autre est flagrante.

Voici encore un autre exemple qui met en évidence d'une manière frappante le dualisme du corps et de l'âme et leur opposition dans l'homme.

Turenne, au moment de la bataille, disait à son corps qui tremblait : « Tu tremblerais bien plus en- « core, brute, si tu savais où je vais te conduire. » Et l'âme grande et forte de Turenne conduisait son

corps partout où l'appelait son devoir et où il y avait du danger.

LeS' hommes font, avec raison, une distinction entre le courage physique et le courage moral. Le premier vient d'un tempérament vigoureux qui rend indifférent au danger. Le second vient de la volonté de l'àme. Le courage moral peut tenir lieu du courage physique, comme nous venons de le voir dans l'exemple de Turenne, mais rien ne peut tenir lieu du courage moral qui constitue la force et la grandeur de l'âme humaine.

Citons enfin un dernier exemple qui montre à quel point l'âme peut dominer le corps :

L'idéal des Indiens de l'Amérique du Nord, c'est de braver le danger, les supplices et la mort. Aussi, la première fois que les Hurons ont été exposés aux ravages de notre artillerie, ils n'ont manifesté aucune surprise et ils essuyaient ce feu meurtrier avec un sourire dédaigneux sur les lèvres.

Quand un de ces sauvages à l'âme forte était pris par une tribu ennemie et lié au poteau des supplices, il provoquait ses ennemis et les défiait de lui arracher par leurs tortures le moindre signe de douleur. En vain les squaws, les mégères de la tribu, s'acharnaient sur son corps, lui arrachaient les chairs avec des pinces rougies au feu et lui infligeaient toutes sortes de supplices : son stoïcisme ne se démentait

pas un seul instant et il mourait en héros au milieu des tortures les plus cruelles. Ces faits prouvent que l'empire sur nous-mêmes nous vient de lame.

Il nous reste enfin à démontrer que l'aspiration au bien nous vient aussi de l'àme.

Le corps aspire au bien-être matériel, à la satisfaction de ses besoins et de ses désirs. Il ne saurait en être autrement, puisque ses tendances lui viennent de ses sensations, des fonctions de ses organes, du milieu ambiant et des forces physico-chimiques auxquelles il est soumis.

Il en est tout autrement de l'àme, puisqu'elle n'entre dans aucune combinaison chimique avec les corps pondérables (s; 144) et se trouve par là soustraite à l'action du milieu ambiant et des forces physico-chimiques. Elle n'est par conséquent pas, comme le corps, soumise aux sensations, aux besoins et aux désirs du corps, et lorsqu'elle est pure et forte, elle domine les passions de celui-ci. Chacun peut en faire l'expérience sur lui-même.

Ainsi, toutes les vertus qui relèvent et honorent l'homme lui viennent de l'âme. C'est là ce qui constitue l'aspiration au bien moral, qui est l'aspiration vers l'idéal de l'àme. C. (|. f. d.

§ 147. — La mort du corps n'entraîne pas nécessairement celle de l'àme.

Preuve. — Nous avons démontré (§ 144) que l'âme est formée, sous la pression de TÉther, d'un gaz éthèré neutre. Nous avons également démontré que ce gaz neutre n'entre dans aucune combinaison chimique avec le corps. 11 n'y a, par conséquent, aucune raison pour que l'âme se décompose parce que le corps se décompose.

Le gaz impondérable dont l'âme est formée est indestructible, par les mêmes raisons que tout autre corps simple à l'état gazeux, comme par exemple l'hydrogène.

Si la forme de l'âme lui était donnée par le corps humain, elle dépendrait de celui-ci et l'homme serait un automate.

Or, comme nous avons démontré (§§ 142 et 140) que la volonté vient de l'âme et que c'est celle-ci qui domine le corps, il est par là démontré que c'est la pression de l'Éther seule qui donne à l'âme sa forme.

Voici maintenant la conclusion :

Puisque le gaz neutre dont est formée l'âme n entre dans aucune combinaison chimique avec le corps,

Puisque ce gaz est indestructible comme tous les autres gaz connus,

Puisque la forme de l'dme ne lui est pas donnée par le corps humain, mais par la pression seule de tÉther,

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