IV INTRODUCTION
Parmi les sciences descriptives, il y en a qui s'occupent d'étudier les diverses étapes d'un môme phénomène; ces sciences sont particulièrement utiles à l'homme parce qu'elles lui permettent, dans certains cas, de prévoir l'avenir et, par suite, de le diriger dans le sens qui lui est le plus utile. Cela n'est possible d'ailleurs qu'à cause de Tordre fatal des choses de la nature, ordre fatal constaté par l'homme depuis longtemps et dont il rend compte dans la formule : « les mômes causes produisent les mêmes effets. » Une fois qu'on a étudié les étapes d'un phénomène, on est assuré que, si l'on reproduit exactement les conditions initiales du phénomène, les étapes ultérieures se suivront de la môme manière que la première fois. Si donc on a catalogué d'avance les descriptions précises, étape par étape, d'un grand nombre de phénomènes différents, on sera outillé pour prévoir la marche de n'importe lequel de ces phénomènes pourvu que l'on sache en reproduire les conditions initiales. Mais il faudra pour cela consulter le catalogue ; on sera dodus cum libro! car il est impossible à la mémoire la mieux organisée de retenir le nombre immense des données expérimentales accumulées. De là la nécessité de condenser, chaque fois qu'on le peut, dans une formule simple, une grande quantité de résultats. Une telle formule présentera un autre avantage; s'appliquant à la description d'un phénomène dans un grand nombre de cas qui diffèrent par la valeur des données initiales, elle permettra de prévoir les étapes du même phénomène, même lorsqu'il s'agira de données initiales nouvelles, non étudiées expérimentalement. Là est le maximum de la puissance humaine : prévoir le devenir d'un phénomène non encore étudié, uniquement d'après des résultats obtenus dans d'autres conditions. Lorsqu'on est arrivé à une telle formule on dit qu'on a trouvé la loi du phénomène. On fait ensuite pour les lois particulières ce qu'on