‹ Les lois naturellesChapitre 11 sur 98 · INTRODUCTION V · texte numérisé non relu

INTRODUCTION V

a fait d'abord pour des ensembles d'expériences ; on s'efforce de condenser en un petit nombre de formules faciles à retenir un grand nombre de lois particulières ; on a alors ce qu'on appelle des lois générales.

La connaissance de ces lois générales, en même temps qu'elle soulage la mémoire des hommes, leur permet de faire varier autant qu'il leur plaît les conditions initiales de phénomènes dont ils prévoient cependant le devenir, leur permet, en un mot, de construire des machines dans un but précis.

C'est à l'importance de ces généralisations que fait allusion l'aphorisme : « Il n'y a de science que du général », aphorisme qui trouve sa traduction dans le postulatum de Kant : « Il n'y a de science proprement dile dans les sciences physiques que ce qui s'y trouve de mathématique, >) puisque la langue mathématique est précisément la langue des généralisations.

Une fois la machine construite, l'homme peut dire qu'il l'a construite dans tel but précis ; c'est là le langage des causes finales; mais il est évident que nous y avons été conduits secondairement par la considération du déterminisme naturel : « les mêmes effets succèdent aux mômes causes. » Le langage des causes finales est un langage à pos^ teriori ; au point de vue où nous nous sommes placés de la recherche par l'homme de la plus grande facilité pour prévoir des parties de l'avenir, ce. langage eût été stérile. Il plaît cependant à beaucoup de gens, mais cela tient à ce que le langage des causes finales n'est pas un langage descriptif; c'est un langage explicatif.

Et en effet, nous l'avons déjà vu précédemment, ce que la plupart des gens demandent à la science, c'est la satisfaction de leur sentiment religieux, V explication du monde!

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