‹ Les lois naturellesChapitre 29 sur 98 · I/EMPLOI DES INSTRUMENTS · texte numérisé non relu

I/EMPLOI DES INSTRUMENTS

Si nous nous proposons d'effectuer la délimitation des cantons de l'activité extérieure qui sont justiciables de chacun de nos sens, et si nous voulons que cette délimitation ait une valeur spécifique, ne soit pas particulière à un seul individu, il faudra évidemment que nous ayons attribué h chaque sens la plus grande acuité dont il est susceptible; le canton devra en effet ôtre tracé d'après la finalité correspondante de l'activité extérieure et non d'après la perfection plus ou moins grande de Tinslrument récepteur; tout phénomène rapporté au canton de l'ouïe, par exemple, sera donc, non pas un phénomène que n'importe quel homme pourra connaître directement au moyen de son organe auditif (il y a des gens qui ont l'oreille dure), mais bien im phénomène dont la connaissance est du ressort de l'organe auditif. Cette définition élargie autorise donc l'emploi de n'importe quel appareil perfectionné pour l'étude des faits, et l'on dira qu'un phénomène est du ressort de l'ouïe quand, grâce à l'interposition d'un appareil convenable, ce phénomène pourra otre entièrement connu de l'homme par l'intermédiaire de l'organe auditif. Et en effet, si l'on s'en rapporte à ce que les scolasliques entendent par qualité^ il est évident qu'un appareil purement physique ne saurait changer la qualité d'un phénomène et que l'ouïe ne pourra jamais faire connaître un phénomène dont la nature diffère essentiellement des phénomènes accessibles à l'ouïe.

Et cependant, voyez où cela nous mène! M. Maneuvrier,

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