LA MECANIQUE DU MOUVEMENT VISIBLE
taires, les durées d'oscillation du pendule. Cet appareiî, le plus admirable peut-être que Thomme ait inventé, nous donne donc par les yeux Texpression arithmétique du temps écoulé, ce que n'aurait jamais pu faire notre sens de la durée; et la notion arithmétique de nombre est étendue à la considération d'actes successifs, tandis que, primitivement, elle représentait seulement des discontinuités synchrones.
Nous voilà outillés pour noter, à des intervalles connus au moyen de Thorloge, les descriptions géométriques successives d'un système d'objets qui changent, soit dans leur forme, soit dans leur position relative. La mécanique se propose, avons-nous dit, d'établir une relation mathématique entre ces descriptions successives et les durées qui les séparent, de telle manière que, étant donné un certain nombre de descriptions successives et faites à des époques connues du système d'objets considérés, on puisse prévoir ensuite quel sera l'état du système à un moment quelconque arbitrairement désigné à l'avance.
Dès que Ton entreprend de résoudre ce problème dans les cas les plus simples, on s'aperçoit que les résultats obtenus n'ont aucune généralité, si l'on s'en tient à des considérations géométriques et à des mesures de temps ; autrement dit, deux systèmes géométriquement identiques peuvent se comporter de manières très différentes, suivant la nature chimique des corps qui les constituent. C'est là l'origine de la notion de masse.