CHAPITRE XVIII
M. Poincaré fait, au sujet du principe de Tinertie, une remarque fort intéressante * :
<c Un corps qui n'est soumis à aucune force ne peut avoir qu un mouvement rectiligne et uniforme. Est-ce là une vérité qui s'impose a pnori h Tesprit? S'il en était ainsi, comment les Grecs l'auraîent-ils méconnue? Comment auraient-ils pu croire que le mouvement s'arrête dès que cesse la cause qui lui a donné naissance? Ou bien encore que tout corps, si rien ne vient le contrarier, prendra un mouvement circulaire, le plus noble de tous les mouvements? Si l'on dit que la vitesse d'un corps ne peut changer, s'il n'y a pas de raison pour qu'elle change, ne pourrait-on soutenir tout aussi bien que la position de ce corps ne peut changer, ou bien que la courbure de sa trajectoire ne peut changer, si une cause extérieure ne vient les modifier. »
J'ai souligné, dans cette citation, les mots force, cause, raison. Pour ceux qui ont lu attentivement les pages précédentes, il est évident que la difficulté signalée par M. Poincaré vient de l'emploi que l'on fait de ces mots sans en avoir donné à l'avance une définition précise; et si on les emploie ainsi, c'est à cause de l'idée métaphysique qui amène les gens à croire qu'ils savent ce que ces mots signifient.
Tenons-nous-en à la méthode rigoureuse que nous avons tirée de la considération des cantons sensoriels; quand