‹ Les lois naturellesChapitre 76 sur 98 · LE CANTON INTIME ET L INTUITION · texte numérisé non relu

LE CANTON INTIME ET L INTUITION

tière, la différence ne saurait être plus grande ; elle se présente sous forme de contradiction *, » Au moyen de la considération de nos langues cantonales, la réponse à celte objection d'un dualiste est immédiate ; nous ne pouvons parler ni du côté droit d'une pensée, ni du côté gauche d'une température, pas plus que nous ne pouvons parler de l'odeur d'un bémol ou de la couleur d'une vitesse...

Je ne vois aucune raison, actuellement, pour ne pas étendre sum êtres vivants le monisme et le déterminisme des sciences physiques. Au contraire, toutes les découvertes de la science moderne tendent à établir d'une manière de plus en plus solide, ce monisme universel. En particulier, le principe de l'équivalence, ou, si l'on veut, de la conservation de l'énergie, s'applique de plus en plus nettement aux êtres vivants. // n'est pas possible à un homme de penser sans dépenser^ même s'il n'agit pas extérieurement; la pensée correspond à une dépense d'énergie chimique ; tous ceux qui pensent s'en convaincront aisément, et, par ce côté, l'être vivant entrera dans le grand concert énergétique.

Ayant trouvé commode d'établir pour les phénomènes vitaux un modèle atomique, j'ai pensé qu'il était logique de calquer sur la construction atomique de l'homme, une construction parallèle de la connaissance de l'homme, de former sa personnalité subjective comme sa personnalité objective en supposant, dans les atomes, les éléments de la connaissance. Je ne reviens pas ici sur cette question à laquelle j'ai consacré tout un volume ^ Depuis que ce petit livre a été publié, Pierre Bonnier a imaginé une expression nouvelle qui permet de réunir sous un seul vocable tout ce qui a rapport à la connaissance corpo-

1. Abbé F. Chanvillard, Le conflit. Revue du clergé français, avril 1902.

2. Le délerminisme biologique et la personnalité consciente. Paris, F. Aican, 2oéd.,1904.

relie de soi-môme, le sens des attitudes. C'est grâce à ce sens que je sais que j'ai actuellement les jambes croisées sous ma table de travail sans avoir besoin, pour m'en assurer, du secours d'un autre sens. Si Ton veut bien ne pas oublier que le cerveau fait partie du corps de l'homme, et que les attitudes du cerveau sont les éléments de nos associations d'idées, on verra qu'il est possible de comprendre sous le nom de sens des attitudes tout notre sens interne. Et cela permettra môme de donner à ce sens interne un canton un peu plus éteiMu, puisque cela attribuera aux sens des attitudes qui le remplacent non seulement la connaissance de notre cerveau, mais aussi la connaissance plus vague de la disposition actuelle de tous nos membres. (Voyez à ce sujet P. Bonnier. Le sens des attitudes.)^

1. Les premières pages de ce chapitre ont paru en janvier '1904 dans Les Arts de la Vie.

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