AME ET FORGE
Dans une série de beaux arlicles, publiés Tannée dernière par la Revue générale des Sciences, P. Duhem s'est efforcé de montrer la nécessité d'un retour à la Physique de la qualité. Je crois pouvoir résumer sa pensée en citant tout au long le passage dans lequel il expose l'évolution des idées de Leibniz :
« Leibniz qui, dans sa jeunesse était si fort attaché aux explications purement géométriques des Cartésiens, se vit conduit, lui aussi, à admettre en mécanique, un clément hétérogène à Tétendue et au mouvement;... il n'hésita pas à assimiler explicitement cet élément aux formes substantielles qu'invoquait la Scolastique :
u Quoy que je sois persuadé que tout se fait mécaniquement dans la nature corporelle, écrit-il *, je ne laisse pas de croire aussi que les principes mômes de la mécanique, c'est-à-dire les premières lois du mouvement, ont une origine plus sublime que celles que les pures mathématiques peuvent fournir... On s'aperçoit qu'il y faut joindre quelque notion supérieure ou métaphysique, savoir celle de la substance, action et force; et ces notions portent que tout ce qui pâtit doit agir réciproquement et que tout ce qui agit doit pâtir quelque réaction... Je demeure d'accord que, naturellement, tout corps est étendu, et qu'il n'y a pas d'étendue sans corps; il ne faut