‹ Les lois naturellesChapitre 78 sur 98 · Leibniz. (JEiivreSy édit. Gerhardt, t. IV, p. 4P · texte numérisé non relu

Leibniz. (JEiivreSy édit. Gerhardt, t. IV, p. 4P

pas néanmoins confondre les notions du lieu, de respace ou de l'étendue toute pure avec la notion de substance qui, outre retendue, renferme la résistance, c'est-à-dire l'action et la passion.

« J'avais pénétré bien avant dans le pays des Scolastiques, écrit-il ailleurs \ lorsque les mathématiques et les auteurs modernes m'en firent sortir encore bien jeune. Leurs belles manières d'expliquer la Nature mécaniquement me charmèrent, et je méprisais avec raison la méthode de ceux qui n'emploient que des formes et des facultés dont on n'apprend rien. Mais depuis, ayant tâché d'approfondir les principes mêmes de la mécanique, pour rendre raison des lois de la Nature que Texpérience faisait connaître, je m'aperçus que la seule considération d'une masse étendue ne suffisait pas et qu'il fallait encore employer la notion de la force, qui est très intelligible, quoiqu'elle soit du ressort de la métaphysique.

« Et par la force ou puissance, je n'entends^ pas le pouvoir ou la simple faculté qui n'est qu'une possibilité prochaine pour agir et qui, restant comme morte môme, ne produit jamais aucune action sans être excitée par le dehors; mais j'entends un milieu entre le pouvoir et l'action qui enveloppe un effort, un acte, une enléléchie, car la force passe d'elle-même à l'action en tant que rien ne l'empêche.

« Ce passage, dit P. Duhem, et maint autre qu'il serait trop long de citer, nous prouvent que les idées de Leibniz reprennent un étroit contact avec l'antique physique péripatéticienne. « Je sçay, dit-il ^ que j'avance un grand paradoxe en prétendant de réhabiliter en quelque façon l'ancienne philosophie et de rappeler post liminio les formes substantielles presque bannies ; mais peut-estre

i. Leibniz. Loc. cit., p. 478.

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