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CHAPITRE XXXII

L'étude de la vie est inséparable de celle de Torigine des espèces, on ne saurait comprendre la vie si Ton avait la prétention de limiter son observation à un instant; la vie n'est jamais, pour nous observateurs, un phénomène qui commence, c'est un phénomène qui continue; de plus, c'est un phénomène lenty tellement lent que les êtres vivants ne nous paraissent jamais se modifier pendant que nous les regardons; les formes nous semblent figées dans une immutabilité éternelle et c'est pour cela que nous leur attribuons une importance capitale.

L'observateur étant lui-même un être vivant, la mesure du temps se fait pour lui avec une unité du même ordre de grandeur que pour les sujets de son observation; ce qui est pour lui un intervalle relativement court est également un intervalle court pour la fleur ou le champignon qu'il étudie.

L'évolution individuelle d'un plant de froment dure plusieurs mois ; le grain germe lentement, la tige pousse lentement, l'épi se forme lentement et mûrit lentement, de telle manière que, si nous l'observons à un moment donné, nous sommes bien plus frappés de sa forme actuelle

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