FABLES DE M. LE BARON DE STASSART ET DE M. GOSSE
Comme l'article auquel celui-ci fait suite peut avoir élé perdu de vue par le lecteur , car il faut moins de quinze jours pour oublier un article de journal, le lecteur nous perraettra-t-il de lécapiluler ce que nous avons essayé de démontrer antérieurement?
Nous avons prouvé du mieux qu'il nous a élé possible, qu'il n'était pas plus dans l'in-
terêt delà littérature , de détourner les poètes du goût qui les porte à, composer des fables après La Fontaine , que de composer des tragédies après Corneille, et des comédies après Molière.
Nous avons prouvé aussi, du mieux que iaous avons pu, que j s'il était un moyen d'obtenir quelque succès dans le genre où. La Fontaine s'est montré si original , c'était en n'imitant pas la manière qu'il s'est faite , et suivant le parti qu'il a pris, celui de n'imi^ ter personne.
Nous croyons avoir prouvé aussi que les fabulistes avaient un grand intérêt à inventer le fond comme les formes de leurs sujets.
Nous croyons avoir prouvé, enfin, que les plus grands intérêts de la société pouvaient être traités sous la forme de Tapologue , et que les fabulistes qui l'emploient aujourd'hui st la démonstration de vérités politiques, nonseulement l'appliquent à la matière qui peut lui donner le plus d'utilité , mais à celle aussi à laquelle il a été primitivement consacré.
Les deux fabulistes des recueils desquels nous allons nous occuper, ont reconnu ces principes. Tous deux sont inventeurs et pour