‹ Les loisirs d'un banniChapitre 47 sur 65 · LE GOUVERNEMENT DES ANIMAUX · texte numérisé non relu

LE GOUVERNEMENT DES ANIMAUX

Un soir que je sortais du Grand-Théâtre de Bordeaux , où l'on venait de représenter les Frères à l'épreuve et la Réconcilia lion des deux Frères i je faisais mille réflexions sur le caractère des divers personnages de ces deux pièces, lorsqu'en traversant la rue du Chapeau- Rouge, pour me rendre à mon hôtel, j'entendis ladétouatiou d'une arme à feu. Ce bruit m'arrêta. Aussitôt, je m'arrêtai devant la boutique d'où parlait ce coup. Tout à coup j'en vis sortir un vieillard qui, d'un air égaré, appelait du secours. La position de cet homme me toucha, et, joint à ce que je possède un peu le défaut de la curiosité , je me hâtai de le suivre. J'entrai donc dans une salle qui se trouvait derrière la boutique j là, je vis un malheureux jeune homme qui venait de se brûler la cervelle , et qui était étendu sur le carreau. Je cherchai, ainsi que plusieurs personnes entrées comme moi dans la boutique, je cherchai, dis- je , à prodiguer des secours à cet infortuné,

mais ils étaicijt superflus, car il avaii ccsàc d'exister.

ce 0 malheureux jeune lionime ! s'écriait de 33 temps en temps le vieillard à cheveux blancs, i) qu'as-lu fait? 55 En disant ces mots, il versait des larmes en abondance. Rien n'était plus déchiiant pour un cœur comme le mien , q^ue d'hêtre témoin d'une scène semblable. Yoyant que tous secours étaient inutiles à l'infortuné qui s'était détruit, je m'approchais du vieillard,, et lui demandais s'il était le père de cette intéressante victime, ce Hélas ! oui, me répondit- il, jj et c'est au moment où Je viens de le perdre , » que je sens combien je suis coupable, « Ces paroles lui arrachèrent un profond soupir, et iî leva les yeux au ciel , en joignant les mains.

A peine avait-il prononcé ces paroles , qu'on lui vint apporter une lettre trouvée dans, une des poches de ce jeune homme , et qui paraissait être écrite depuis peu d'instans. Je laisse à juger avec quelle précipitation la lettre fut ouverte j mais à peine l'était-elle, et à peine aussi M*** (1) l'cût-il lu, qu'il tomba, évanoui dans mes bras.

(1) J'ose espérer cpxe la famille me saura gré de ne-

( 3o9 ) On lui prodigna des secours ; pendant ce temps , je pris le billet et lus ce qu'il contenait. Je ne pus ni'cmpecher de frémir , après l'avoir lu j il était ainsi conçu : ce Je recom- » mande mon âme à Dieu, je donne mon î5 cœur à ma maîtresse, et je lègue mon cada- » vre à mon père. »

Lorsque M*** eut repris ses sens , je le fis conduire dans sa chambre , afin qu'il n'eût plus un si triste spectacle devant les yeux. « O M mon fils! s'écria-t-il, de temps en temps, 3> je t'ai donc perdu pour toujours. Des mé- :>r> chans m'avaient aveuglé, et je ne vois que 3î trop maintenant , combien ils m'avaient 5> trompé. M Plus les assistans cherchaient à lui donner des consolations, et plus il paraissait inconsolable.

L'heure avancée , il était , je crois , une heure du malin , força presque tout le monde

point le nommer; et si cet ouvrage vient à tomber dans les mains du père du jeune homme , il verra que j'ai raconté cet événement avec la plus grande circpnspeclion, que j'ai gazé de certains faits, et que j'en ai supprimé qui mais du silence !

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à se relirerj mais moi, je ne vouius point quitter, ce père inconsolable. Comme ce lablean avait ému mon àme, il avait chassé le sonimeil ; aussi je ne m'en sentis point accablé.

M*** me voyant seul auprès de lui, et voyant aussi l'inlérêtque je prenais à sa situalion , me dit : « Monsieur , malgré que je 35 n'aie point l'honneur de vous connaître, l'iu- 35 térét que vous paraissez prendre à ma triste 53 position, me prouve que vous avez un bon 35 cœur, et m'encourage à vous raconter en 33 peu de mots l'histoire de mon malheureux 33 fîls. 53 Je le remerciai de la confiance qu'd voulait bien m'accorder, et lui dis que j'étais prêt à l'écouter. Hélas ! il ue savait pas combien il allait me déchirer le cœur^ et combien aussi il allait rouvrir des blessures que le temps n'a pas encore cicatrisées j car, dans ce qu'il me raconta, je reconnus une grande partie de ma propre histoire j il commença ainsi :

ce J'avais deux fils. Monsieur, mais tous les 35 deux d'humeurs différentes. Léopold , qui 35 était l'ahié 35 Je l'interrompis pour savoir si c'était celui qui avait mis un terme à son existence, et après en avoir acquis la con-

(5ii ) viclion , je le priai de continuer , ce qu'il fit en ces termes : « Léopold , qui était l'aîné , avait » l'esprit vif^ la répartie prompte et morn dante; tandis que son frère Jules, n'était >» que bourru , et ne possédait pas même un » bon cœur ; vous devez penser que ces deux » caractères ne pouvaient jamais sympathise'' i) ensemble. Jules se fâchait sans cesse deîr y) sarcasmes de Léopold } aussi, sur les der- » niers temps, chaque mot que ce dernier » prononçait n'était plus interprété par son M frère , que comme une satire ou une épi- » gramme. Tel est l'esprit des sots qui ne » voyent jamais que des méchancetés dans » le plus simple badinage , parce que souvent y> ils ne sont pas capables de le juger!...

» Lorsque je perdis mon épouse , il y a en- » viron dix ans, mes deux enfans étaient à » l'armée ; je me vis donc livré à moi-même , M à la tête d'une maison considérable , et je 55 semis aussitôt que je ne pouvais rester seul. 35 Je pris donc la résolution , d'avoir chei moi

» une dame de compagnie qui Je m a-

» perçois , que j'allais ici unir l'histoire 3i de cette dame el d'une autre personne , » qui la touche de bien près, à celle de » Léopold 5 mais comme j'ai engagé mon bon-

?y neiir de ne jamais révéler les secrets impor-» « tans qu'elle m'a confiés , je passerai donc

» sous silence ce qui peut la concerner

5> Celte dame entra chez moi. Léopold revint ?> de l'armée. Ils étaient jeunes tous deux , je w conçus de la jalousie , oui , Monsieur , je ne 3» rougis pas de le dire , j'en conçus beaucoup ; y? car j'aimais cette jeune personne. Je pris le a> parti d'éloigner mon fils , et [je le mariai ; 3> mais hélas ! il ne fut point heureux en ma- » riage. La fortune lui tourna le dos, et rien 33 ne lui réussit. Vous devez penser que je saisis 33 promptement cette circonstance, pour lui 33 défendre ma porte, en l'accablant de ma 33 malédiction. Son frère Jules, pendant ces 33 circonstances, revint de l'armée, et se 33 maria à une jeune personne , qui lui rap- 33 porta une dot de dix fois la valeur de ce- 33 qu'il pouvait avoir 5 et, par une légère com-' 33 binaison de notre part, j'assurai à Jules 33 une fortune considérable. Tandis que Ju- 33 les , son épouse , ses en fans et moi , vivions 33 ensemble dans l'aisance, que je possédais 33 chez moi cette dame de compagnie, et que 33 j'élevais même i'a^cei^r, j'avais abandonne 33 mon propre fils, que quelques erreius de jeu- « nessc ot le mallieur accablaient de cliagrin,;

>î je lui refusai tout, même l'entrée de chez » moi. Lorsqu'il y reparaissait, je sentais renaî- >9 tre en moi cette jalousie qui m'avait tant do- » miné, et je ne pouvais être heureux quand il » était auprès de moi.... Puisque j'ai commencé 53 à vous raconter mes torts, je ne vous cacherai » rien , et vous me jugerez, ensuite. Malheur D5 au père qui , aveuglé par une lâche passion , » abandonne ses enfans ! Malheur à celui qui 33 n'écoute que d'imprudens amis qui flattent » ses passions, qui alimentent sa haine, et qui

53 érigent ses vices eu vertus !

33 Léopoldse trouva dans la dernière misère, 33 sans ressource , sans amis : il est vrai que les 33 malheureux n'en ont point ; ne sachant 33 comment se procurer les moyensdepourvoir 33 à sa subsistance, parcourant toute la France, 33 mendiant son pain, demandant l'hospitalité, 33 et ne rougissant pas de faire les plusrebutans 33 métiers pour soutenir sa triste existence. 33 J'appris tout cela ; je feignis de ne point y 33 croire , son frère parut partager ma croyan- 33 ce , et nous eûmes la barbarie de ne point >3 lui tendre la main ; tandis que j'élevais un

33 enfant étranger , je refusais au mien

33 un morceau de pain , qui pouvait lui ra-

>•> cheter la vie. Dernièrement encore , j'appris 5> qu'il était malade , et que sa dernière res- " source était d'entrer dans un hôpital j eh 5' bien ! je fus insensible^ et ne lui envoyai 5> aucuns secours. Ah ! Monsieur, si Léopold « a eu des torts envers moi , combien il les a î5 expiés par les souffrances qu'il a éprouvées. 3ï Malgré cependant que j'étais assez inhu* ■>■> main, pour refuser le plus léger secours à 35 Léopold^ je feignis, pour détourner l'atlen- » lion d'un public toujours clairvoyant , de 33 m'occuper de sa conduite, qui soi-disant était 33 blâmable j et, comme son père , joint à mon 33 âge, et à mes cheveux blancs , j'informai ce 33 même public, que mon ÇAs refusaitcequej»; 33 voulais lui donner...., c'est-à-dire , de bons 33 conseils 5 alors le blâme retombait ssir ce 33 malheureux jeune homme, et l'on plaignait 33 un pauvre père tel que moi.....

» C'est pourtant ainsi qu'on vit dans ce 33 monde î Tristes effets de l'aveuglement du 33 genre humain ! Léopold , dénué de toutes >3 ressources, vint donc me trouver plusieurs 33 fois pour me demander quelques secours ; 33 mais se voyant toujours rebuté , étant 33 d'un caractère fier et orgueilleux , il ne 33 voulut point s'humilier jusqu'aux su pplica-

( 3i5 ) 3i lions. Hior au soir, il vint et me dit , les w larmes aux yeux: ccOmon père, que l'a » fait Léopold, pour le repousser ainsi de ton » sein ? il l'aime, il te clie'rit ; d'autres ne î5 t'aime <^ue parce que l'inlérèt les guident : M ouvre les yeux , mon père , et vois d'un M côté ton fds, qui ne réclame de loi que ton 5> amitié j tandis que , de l'autre , tu ne vois 33 que des gens qui, sous un dehors d'amitié et » de tendresse, attendent après le moment où 33 ils pourront ]ouir de les richesses et des

33 dépouilles de tes enfans O mon père!

.■» Dieu , qui nous jugera un jour, connaît le

33 fond de mon cœur Ces paroles, qui

33 attaquaient ce que j'avais de plus cher, m'u'- 33 rilèrent tellement , que je lui ordonnai de 33 sortir de chez moi, et de n'y plus rentrer... 33 Oui, me dit-il, les yeux presque éteints par 33 les larmes , oui , je sortirai , mais pour 33 n'y plus rentrer.... En disant ces mots, 33 il tira un pistolet et se brûla la cervelle.

33 Vous connaissez main tenant toute l'élen- 33 due de mes maux, hélas ! j'apprends aussi à 33 les connaître; mais il est trop lard : j'ai 33 perdu mon fils ! 33

Que de réflexions ne fis-je point en entendant ce récit ! Eh ! quoi, me dis-je, un père

( 3i6 ) peut-il être assez barbare pour se conduire de la sorte?. .... Comment l'inimilié peut- elle s'enraciner ainsi dans son cœur.... Non, je ne puis le croire , un père est toujours un père ?.... Infortuné Léopold , si la fortune t'avait favorisé d'un tour de sa roue , personne ne t'aurait abandonné, et lu vivrais encore.... O honte î

Il était déjà grand jour, que nous ne nous en étions point encore aperçus j je demandai alors à M*** la permission de me retirer , lui promettant de revenir rendre les derniers devoirs à son fds , et je sortis. Chemin faisant, je réfléchissais à tout ce que j'avais entendu, lorsqu 'in volontairement , et me croyant seul, je fis tout haut les réflexions suivantes :

Qu'est-ce donc qu'un père, me disais-je? N'est-ce point unétre qui nous a donné l'existence, et qui, semblable à un ormeau qui soutient et ombrage le jeune lierre, doit aussi soutenir son enfant, et le guider dans la voie du salut?.... Qu'est-ce donc qu'un frère? me dlsais-je de même en soupirant. Legouvé ne nous le dit-il pas :

Uji IVi'ic est un ami (Iomih' par la iKidirc.

(3i7) Que doit-on donc avoir de plus cher an monde , si ce n'est son père et son frère ?

Comme je terminais ces mots, j'entendis, derrière moi des éclats de rire; je tournai'* aussitôt la tête et vis un vieillard qui , souriant, me dit: «Oh! jeune homme, que >j vous connaissez peu le genre humain!.... 35 Un père est un homme , un frère est un 3> homme ; de tout temps l'intérêt a guidé 3ï les hommes , et l'intérêt n'a jamais connu » ni rang , ni naissance.... Apprenez à les 35 connaître, étudiez-les, ou sans cela vous 3> serez toujours leur dupe. 3> En terminant ces mots, il disparut. J'aurais voulu pouvoir demander quelques conseils à mon Mentor ; mais il était déjà loin. Absorhé par ces réflexions , je rentrai dans mcHi hôtel, et me jetai sur mon lit : bientôt Morphée répandit ses pavots sur moi ; je m'endormis.

Dans mon sommeil , je me crus transporté sur une terre sèche et aride j c^était une plaine immense. Tout à coup s'éleva devant moi une grande quantité de maisons ; je pensai bien que c'était une ville : mais quel pouvaitêtre son nom ? Les habitations étaient construites toutes à peu près dans le même genre ,

el , par leurs formes si bizarres , je ne pouvai» concevoir comment un peuple policé logeait dans de pareilles cal^anes j mais , me disais- Je, chaque pays, chaque mœurs! J'entrai^ donc dans la ville : aussitôt , voyant une,, quantité prodigieuse d'animaux de toutes espèces , je me crus perdu j les uns entraient et les autres sortaient j vous eussiez dit Paris à huit heures du matin : une sueur froide me parcourut de la tète aux pieds, en pensant que j'allais être dévoré par ces bêtes féroces. Je fus agréablemerft trompé , car bientôt je les vis passer à mes côtés ; ils me regardèrent d'un air de curiosité , et ne me firent aucun mal ; plusieurs même me saluèrent.

» Ne voyant venir aucune créature humaine , il me vint aussitôt à l'idée que j'étais dans un pays habité par des animaux. « Quoi! me y> disais-je , serai'je obligé de vivre avec \\\\ yi .pareil peuple !.... Pourquoi, non ? serais- ■>•> je le premier homme qui aurait vécu avec 3î des bêtes ?33 Cette réflexion me consola.

M'étant enfoncé dans la ville et n'apercevant toujours que des animaux , je commençais à concevoir quelque inquiétude, lorsque un gros singe vint à moi , et , me parlant

(3i9 ) en très-bon français , me demanda ce que je venais faire dans celle contrée. Je fus surpiis de l'entendre î mais réflécliissant de suite que dans la France j'avais entendu parler plus d'uh singe, je revins de ma surprise, et liai eon versa lion avec lui.

— ce Vous êtes étonne' , me dit- il , de m'en- » téhdre exprimer de la sorte 5 mais vous ne » serez pas moins surpris , lorsque je vous >> aurai dit qu'étant resté fort long temps chez " un académicien de votre nation, en qua- » lité d'ami, tous les jours j'étudiais un livre » qu'on appelait, dans un certain temps, 3î la Grammaire de Lhomond, que des "ens » très-instruits, à ce qu'ils disent, ont revue, :» relue, corrigée, augmentée et débaptisée : » je m'attachai principalement à celle qu'oa » nomme maintenant Grammaire de ,Le- » Cellier. \ous ne devez donc plus être étonné » de ma facilité à m'exprimer , puisque j'ai » suivi la méthode simple et facile de ce » grand génie , pour apprendre à parler » votre langue : sa recette est imman- » quable. Demandez plutôt à toutes les blan- » chisseuses du Pont-aux-Choux. «

Nous nous donnâmes la main pour fraler-

uiscr ; il m'offrit d'èire mon guide, afinilenac montrer les curiosités de la cité : ce que j,'aQceptais avec empressement. Ma première ç]V>eslion fut de lui demander comment se nommait cette ville , et quelle était,, la ,relii^ion de ses habiians ? — Vous êtes , me dit- il , chez un peuple libre , et qui ne connaît point le faste ; la simplicit,é fait sa base , et comme ils savent se coii naître et s'apprécier, chose fort rare chez vos peuples de l'Europe^ il a prit simplement le nom de Pays des Animaux» Tous les habitans sont bons , sensibles, généreux, et très-hospitaliers j mais malheur à qui viendrait leur déclarer la guerre ! Il s marcheraient tous enmasse contre l'ennemi, et préféreraient plutôt la mort que de se rendre. Ils sont^ par exemple, très-orgueilleux de leurs titres et de leurs forces. Quant à notre religion, nous adorons un Dieu. Ces mots mè surprirent, et j'allais lui répliquer quand il me dit: — ;« Nous adorons un Dieu , mais ne touchez » jamais ce chapitre - ci j car> si quelques 55 prêtres vous entendaient, vous seriez perdu ; 55 ils croiraient que vous vouiez dessiller les 55 yeux de ce peuple animal qu'ils saveillt si 55 bien endoctriner, et ce serait fait de vous : 5^ vous ne pourriez jamais échapper à la veu-

» geance de cette secte, w Hélas ! dis-je tout bas en soupirant , c'est donc ici comme en Europe.

Nous primes un chemin qui se présenta devant nous, et nous le suivîmes. Ce chemin était rabotteux ; des précipices se trouvaient de chaque côté de la route ; et le voyageur était forcé de bien faire attention à sa marche : sans cela il courait les risques d'y tomber. Cependant j'aperçus plusieurs liabitans marcher hardiment sur ce chemin; rien ne les effrayait ', je vis par-là que la roule leur était connue. Enfin, j'aperçus un bâtiment presque en ruine , et demandai à mon Mentor ce qu'il pouvait être ? — « C'est, me répondit- il, le 35 Palais de justice. — Mais, luidis-je, quelles 53 sont les espèces d'animaux qui siègent au » palais ? — Donnez- vous la peine d'entrer , » me dit- il , vous allez voir une grande partie 3> de la cour de justice, car elle est assemblée 3> pour juger un perroquet accusé de propos M séditieux! — De propos séditieux! m'écriai- » je. — Sans doute : qu'y a-t-il d'étonnant? 35 N'a-l-il pas osé dire que notre régent avait » de vilains yeux? — Le crime est affreux, 33 répondis-je en souriant; et nous entrâmes.»

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