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les iris, les tulipes ouvrent leurs magnifiques corolles ÿ aux chaudes caresses du soleil. La tulipe est certai- 210 GR 3
nement une des plus belles fleurs qui existent: il en EZ est peu où le pinceau de la nature se soit plu à ras- # sembler des couleurs plus vives et plus variées ; malheureusement, elle n’a pas de parfum. Plantées en à pare, c'est-à-dire réunies en grand nombre, les tu- 34 D
lipes se font réciproquement valoir par l'opposition ou par l'harmonie de leurs couleurs et produisent un effet ravissant. ,
On admet généralement que la tulipe cultivée nous. a été apportée d'Orient vers le milieu du seizième siècle. Cependant on rencontre quelquefois en avril dans nos bois la tulipe sauvage. Elle ressemble à une grosse Campanule jaune à divisions lancéolées et pointues. Cette tulipe nous vient-elle du Midi, où elle est assez commune, ou n'est-elle qu’une dégénérescence de la tulipe orientale? Cette question a été sérieusement discutée, mais elle ne paraît pas facile à 4 résoudre. Ce qu'il y a de certain, c'est que les bota- l : nistes antérieurs au seizième siècle n’en parlent pas, à
et que son nom, emprunté à l'italien #w/pano, vien- 6 * %
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drait du mot turc éuhiband, qui veut dire bonnet, d'où l’on aurait fait fwrban, coiffure caractéristique des Orientaux. Quoi qu'il en soit, l'espèce cultivée, qui porte le nom de Gesner, célèbre naturaliste suisse,
mort en 1564, qui, le premier, la fit connaître, est la. ? ;]
souche de ces innombrables variétés que les horticulteurs ont créées par leurs soins, et dont on connaît aujourd’hui près de deux mille.
L'histoire de la tulipe est assez singulière : cette fleur devint, vers le milieu du dix-septième siècle, l'objet d’un agiotage dont la Bourse de nos jours offre à peine un exemple. Ce fut en Hollande que régna cette monomanie. Les riches patriciens d'Amsterdam, de Harlem, d'Utrecht, et d’autres villes, faisaient veunir à grands frais des oignons directement de Constantinople, et s’efforçaient d'en obtenir par la culture des variétés nouvelles, qui, tant qu’elles étaient rares, se vendaient à des prix fabuleux. Il en advint de la
tulipomanie comme de toutes les manies de collec-
tionneurs, ce qui n’était d’abord que simple fantaisie, devint passion frénétique, et l’on vit des gens se ruiner pour la possession d’une variété rare. Un oignon de la variété dite vice-ror se vendait 3000 florins (plus de 6 000 franes), un amateur paya Jusqu'à 5500 florins la variété semper auqustus, un autre céda une belle ‘brasserie, qui porta longtemps le nom de Brasserie de la Tulipe, pour un seul oignon qui coûte aujourd’hui 60 centimes. Bientôt la spéculation s'en mêla, et des sommes considérables s’échangèrent pour