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L'IIDRLOGE DE FLORE, D'APRÈS LINNÉ

Liseron tricolore et Salsifis des prés.

Crépide des toits et Chicorée sauvage.

Laiteron et Hémérocalle.

Pissenlit et Epervière.

Nénuphar blanc et Souci,

Huit heures.

Neuf heures.

Dix heures.

Onze heures.

Midi.

Une heure.

Deux heures.

Mouron rouge.

Souci des champs, Ficoïde à fleurs vertes, Ornithugale à ombelle.

Ficoïde glaciale.

OEillet prolifère.

Epervière piloselle.

Me, Ur

L'ÉTÉ. 159 monieinexplheable qui existeentre le mouvementd’'une pêtite fleur et le mouvement des astres qui mesure le passage du temps. C’est ainsi que les paysans du Languedoc et de l'Auvergne attachent à la porte de leur chaumière les tiges d’une espèce de carline dont la fleur leur annonce par son sommeil l'approche d'un orage, et par son réveil Le retour du beau temps.

L'une de ces dormeuses nous offre des phénomènes très intéressants et faciles à observer, car il s’agit du pissenht, cette plante si commune, si dédaignée, et pourtant si remarquable par son disque d’or et par la légèreté, l'élégance de son aigrette. Le pissenlit appartient à la famille des Composées, ainsi nommées parce que ce qui représente la fleur, n’est pas une fleur unique, mais une agglomération de petites fleurs ou fleurons renfermés dans un calice, comme un bouquet dans son enveloppe.

Avant la floraison, le calice, sous ses folioles presque imbriquées et très serrées, tient les fleurs à l'abri des variations de l’atmosphère, mais dès que le moment de l'épanouissement est arrivé et que le temps est favorable, ses folioles s'ouvrent, s’écartent, et laissent aux corolles la liberté d'exposer au soleil leurs pétales rayonnants. A l’approche de la nuit, tout se ferme et le calice reprend sa première position. La fécondation s'opère, les corolles se flétrissent et tombent, mais le calice reste, il a protégé les fleurs, il protégera encore les graines jusqu’à leur parfaite maturité. Celles-ci ne sont que médiocrement atta-

chées au réceptacle, elles tomberaient à la moindre secousse si elles n'avaient point d'abri. Le calice se ferme donc de nouveau et ne s'ouvre plus; il reste dans cette position aussi bien le jour que la nuit et, quel que soit l’état de l'atmosphère, jusqu'à ce que les graines soient parfaitement mûres, alors il les quitte, il s'ouvre, et pour ne pas gèner leur dissémination, il rabat toutes ses folioles sur le pédoncule : le réceptacle saillant en dehors se montre chargé de semences ornées d'une fine aigrette et disposées en une jolie tête globuleuse et d’une telle légèreté, qu'au moindre souffle ces semences voltigent au milieu des airs. C’est un jouet bien connu des enfants.

Ainsi, tant que la plante est en fleur, les folioles du calice semblent céder par leur changement de situation aux impressions de lhumidité ou de la sécheresse, de la lumière ou de l’obscurité, mais par quelle cause ce même calice cesse-t-il d’en éprouver l'influence après la fécondation? Pourquoi reste-t-il constamment fermé sur les graines, quel que soit l’état de l'atmosphère, le jour et la nuit? Quelle force lui fait ensuite rabattre toutes ses folioles après la maturité des semences ?..... Que sais-je!

La nuit n’est cependant pas pour tous les êtres le moment du repos; beaucoup fuient la lumière du jour et n’entrent en activité que la nuit. Les uns, poussés par leurs instincts carnassiers, profitent des ténèbres pour surprendre leurs victimes sans défense; tels sont le loup, le renard, la fouine, le chat; d’autres,

au contraire, dominés par la crainte, ne vont chercher leur nourriture que la nuit. Ainsi le lièvre, rassuré, quitte son gîte et se promène dans les guérets, le loir sort de son trou et va marauder dans le verger ; les mulots et les rats envahissent nos demeures et nos cultures où les poursuivent la chouette et le hibou. La chauve-souris vient prendre dans l'air les fonctions de l’hirondelle et chasse les insectes nocturnes, et sous le sol la taupe infatigable creuse ses galeries. Quelques cris rares et lointains se produisent encore; le hibou sur ses ruines, la grenouille dans son marais, mais, en général, les oiseaux nocturnes portent dans leur voix la tristesse, et dans leur livrée le deuil.

Le réveil. — Le roitelet.

Bientôt à la nuif succède le jour. Dès l'aube, le coq sur son fumier chante le réveil et l’alouette dans les champs égrène son chapelet au haut des airs. Un point lumineux, semblable à une longue trainée de feu, se montre à l’orient pour illuminer la terre. Le brouillard cache encore la base des collines, une fumée vaporeuse s'élève au-dessus de la rivière, les plantes sont chargées d’une rosée bienfaisante qui leur donne toutes les grâces d’un coloris nouveau. Au lever du soleil, chaque goutte d’eau reçoit une parcelle de ses rayons et reflète les couleurs de l’arc-

en-ciel, puis rapidement s’évapore. Les prairies, plus

mouillées, semblent couvertes de ces pierres étincelantes que la terre recèle et garde dans son sein, c'est la parure d’un moment, et les plantes en se redressant rendent à l’atmosphère ses vapeurs attiédies. Peu à peu les vapeurs qui voilaient l’horizon se dissolvent dans un océan de lumière, de riants paysages se déroulent de tous côtés et tout retentit des clameurs du matin; les bœufs sortent en mugissant pour gagner le pâturage, et l’on entend de toutes parts le bêlement des troupeaux que rassemblent les bergers. Partout la vie, suspendue par une nuit de courte durée, reprend son essor sous la puissante impulsion des rayons solaires. L'oiseau, rendu à son existence éthérée, chante son bonheur et sa hberté, et appelle sa compagne sous le corymbe neigeux du sorbier, ou sous les feuilles plissées du charme ou de l’ormeau. Les habitants des bois, ceux de la plaine jouissent en paix des dons que leur a faits le ciel et profitent de la trêve que leur accordent les lois sur la chasse et la pêche. Aussi que de concerts sous la feuillée, que de voix chantant l’hyménée ! Pendant que la mère, les ailes à demi étendues, couve ses œufs ou protège ses petits, le père la distrait par son chant ou va chercher la nourriture pour elle et ses enfants. Et ces concerts se feront entendre aussi longtemps que dureront les noces et la nourricerie, c'est-à-dire pendant tout le mois pour le plus grand nombre, et jusqu'à la mi-juillet pour quelques autres. Dans ce concert des bois, il semble que chaque

L'ÉTÉ. 163 arbre, chaque buisson rend un son différent; le merle siffle en volant et traverse la clairière, la linotte ra-

Le roitelet.

mage sous l’aubépine fleurie, la fauvette lui répond du sein d’un buisson, et la grive se fait entendre dans le bosquet voisin; chacun paye son tribut à

l'harmonie, et leurs compagnes silencieuses, tout aux soins de l'éducation des petits, écoutent sans les répéter leurs gais refrains.

Parmi ces hôtes empiumés qui m'éveillent avec leurs chansons, il en est un qui a bâti son nid dans un petit acacia en boule qui croît dans mon jardin. C’est un tout petit oiseau à plumage brun en dessus, la gorge et le ventre blanchâtres, la queue courte et relevée. Son ramage est très agréable, sa voix est proportionnée à sa taille, c’est-à-dire qu’elle n’est pas forte; mais elle est claire et harmonieuse comme une clochette d'argent. Toujours en mouvement, toujours sautillant et voletant, il passe et repasse vingt fois à travers le feuillage avec une rapidité surprenante ; il se cramponne aux branches la tête en bas, perché. à l'envers, visitant les fissures de l’écorce, le dessous des feuilles, s’arrêtant à peine pour croquer l’insecte qu'il vient de prendre. Je l’ai vu dessinant un ovale, engluer avec sa salive de petits paquets de mousse rangés symétriquement sur une branche qui lui servait de point d'appui. Après les avoir disposés en forme de bourse, plus étroite au sommet qu’au fond, il entortillait le tout de petites racines chevelues, de brins de graminées. Chaque fois qu’il avait posé un des matériaux de sa légère construction, il se perchait fièrement sur une branche voisine, penchait la tête comme pour mieux juger de son œuvre et, satisfait sans doute, il lançait à plein gosier une fanfare triomphale se terminant par un trille aigu. Ce petit

1 M do hè

L'ÉTÉ. 165 oiseau est le roitelet ou troglodyte, que les enfants au village appellent, je ne sais pourquoi, un roi Bertaud.

Il y a en ce moment dans le nid cinq petits affamés, auxquels le père et la mère apportent sans relâche la pâture; ils enflent leurs plumes naissantes et agitent leurs moignons d'ailes pour se maintenir debout. Dès que le père et la mère, fendant l'air, paraissent en vue, chantant et répétant leur /see, tsec, qui redouble en approchant de la couvée, alors toutes les plumes frémissent, tous les gosiers murmurent, tous les becs s'ouvrent, c’est un gazouillement universel.

La pêche au mois de juin. — La pisciculture; le saumon; la truite; la carpe; la brème; la perche.

La pêche ouvre le 15 juin, et les disciples de saint Pierre se précipitent en foule sur les bords plus ou moins fleuris des cours d’eau. A cette époque, tous les poissons ont frayé, mais quelques-uns récemment, surtout si la saison a été froide ; affaiblis par le frai ou énervés par la chaleur, la plupart sont nonchalants et ne mordent guère ; aussi le pêcheur à la ligne a beau prodiguer les amorces les plus séduisantes, il ne remplira pas son panier. Le meilleur moment pour tendre Fhameçon est le matin ou le soir, et les endroits les plus favorables sont les eaux vives, derrière les barrages, les moulins, au-dessous des chu-

tes, partout enfin où le courant est rapide; c’est là que pendant les grandes chaleurs le poisson vient chercher un peu de fraicheur. Les vers etles insectes sont les meilleurs appâts pendant ce mois. La pêche la plus sûre en juin est celle des truites dans les ruisseaux froids et les courants rapides. A cette époque de l’année, ce beau poisson plein de vigueur et de vivacité prend bien la mouche naturelle ou artificielle.

Le poisson a, de tout temps, servi dans une large proportion à la nourriture de l'homme. Proie facile, aliment agréable et substantiel, n’exigeant que peu d’apprêt, il offre d'immenses avantages, surtout dans des pays où, comme en France, des millions d'habitants sont privés de viande de boucherie.

De nos jours encore, les produits de la pèche sont en beaucoup de lieux la principale base de l’alimentation; en Suède, en Norwège, en Hollande, en Angleterre, le poisson y entre pour une large part. Il en était de même autrefois en France, où le poisson, et surtout le saumon, formait la nourriture principale du menu peuple et était commun à ce point que, dans beaucoup de provinces, les domestiques stipulaient, dans leur contrat d'engagement, qu'on ne pourrait leur faire manger du poisson rouge (saumon) plus de deux fois par semaine. Je trouve dans un acte de 1774, qu’à Strasbourg, le saumon se vendait encore 25 et 30 centimes la livre; il coûte aujourd’hui 3 et 4 francs.

À cette époque, nos rivières et nos laes regorgeaient

L'ÉTÉ. 167 de poisson, et les pêcheurs en prenaient d’un seul coup de filet plusieurs quintaux. Une telle pêche serait considérée aujourd’hui comme miraculeuse. Nos pêcheries ont de jour en jour perdu de leur importance, et la diminution du poisson a continué à suivre une marche progressive.

I y a lieu de s'étonner de la rareté et de la cherté du poisson en France, où il existe un si riche réseau de rivières et de réservoirs d’eau de toutes sortes ; surtout si l’on considère l’étonnante fécondité de ces animaux. Le saumon et la truite produisent plus de 30000 œufs, la perche, 50000; le brochet, 100 000 ; la carpe pond 300 000 œufs, la tanche, 380 000. Nous ne parlons pas des poissons de mer, dont quelquesuns les sèment par millions.

‘En présence de semblables chiffres, il semblerait que le poisson dût être une source en quelque sorte inépuisable d'alimentation et encombrer nos marchés ; mais 1ln’en est rien ; aujourd’hui la consommation du poisson est insignifiante en France ; tellement insignifiante qu'un nombre considérable d'individus n'en mangent jamais.

Trop souvent la nature suscite des obstacles aux entreprises de l’homme; mais ici c’est l’homme qui, par son incurie, gaspille les biens que lui offre la nature. C'est à lui seul, en effet, qu'il faut imputer cette rareté du poisson sur nos marchés; c’est son imprévoyance et son avidité qui tendent de jour en jour à dépeupler nos cours d’eau.

Dans son ouvrage sur les pêches, Duhamel signalait déjà, au commencement du siècle, les déprédations des pêcheurs, qui tendent leurs filets à toutes les époques de l’année, malgré les règlements, et laissent journellement périr sur le rivage une multitude de poissons trop petits pour être vendus. Il s’indignait avec raison de voir les habitants des côtes remplir des tonnes de frai pour en fumer leurs terres ou pour nourrir leurs pourceaux.

Devant une commission ayant pour but la revision de la législation des pêches, Dupin disait : «Le poisson est excellent au Morvan, parce que les eaux y sont vives, pures et courantes sur un fond de sable qui en maintient la netteté; il y est abondant, parce qu'il y a un grand nombre de cours d’eau, d'étangs et de petits réservoirs. Mais le pays n’en retire pas, à beaucoup près, l'utilité qu’il y trouverait, si cette ressource était ménagée et si elle n’était pas chaque jour compromise par la manière dont on en abuse. Les Morvandiaux ne s’amusent pas à pêcher au filet, à la nasse ou à la ligne; mais, quand ils veulent du poisson, ils prennent un muid de chaux vive, la secouent dans un sac ou dans des paniers et la détrempent dans le ruisseau ; ils corrompent ainsi l’eau et la rendent inhabitable au poisson, qui ne tarde pas à venir expirer à la surface ou sur les bords, et, comme le mal se propage avec le cours de l’eau, ils font ainsi périr tout ce qu’elle renferme de poissons gros et petits sur l’espace d’une lieue. C’est ce qu’on appelle

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L'ÉTÉ. 169 brûler la rivière. Cela ressemble à la manière de jouir de ces sauvages de l'Amérique dont parle Montesquieu, qui coupent l'arbre par le pied pour en avoir le fruit. »

Le mal s’est encore accru par les envahissements de l’industrie manufacturière, ainsi que par les travaux de toute sorte qu'ils ont nécessités. Les usines se débarrassent dans les cours d’eau de leurs acides et de leurs sels devenus inutiles ; les blanchisseurs y jettent leurs chlorures. Les bateaux à vapeur, par les brusques mouvements qu'ils déterminent dans l’eau, soulèvent et portent sur les berges le frai ou les jeunes poissons, qui s'y trouvent arrêtés et y périssent.

Les saumons, ces poissons voyageurs qui, tous les ans, quittent la mer pour se reproduire dans les fleuves et leurs affluents, entraient autrefois dans nos cours d’eau en troupes considérables. Fidèles au lieu de leur naissance, ils y reviennent comme l’hirondelle au nid qui l’a vue naître. Il y a moins d’un siècle, on les y pêchait par milliers, de décembre à avril. Aujourd'hui, les barrages et les constructions hydrauliques placés en travers des cours d’eau en ont complètement exelu ces poissons.

Nous avons cité plus haut quelques exemples de la surprenante fécondité des poissons. Si seulemeni le dixième des germes contenus dans le corps de chaque femelle parvenait au terme de son développement, il n'y aurait que peu de craintes à concevoir sur le dépeuplement de nos cours d'eau ; mais de nombreuses

causes naturelles de destruction tendent à réduire considérablement cette multiplication si richement préparée. On sait que les poissons femelles déposent

leurs œufs sur le sable ou parmi les herbes, et que les,

mâles viennent à leur suite les arroser de leur laite pour les féconder. Mais beaucoup d’œufs échappent au contact de la laite, et ces œufs s’altèrent et bientôt se décomposent. La portion fécondée est à son tour exposée à une foule d’ennemis et d’influences pernicieuses ; la plupart des poissons eux-mêmes en sont très avides ; les insectes d’eau, les crustacés s’y attaquent également, et tous les oiseaux aquatiques en sont très friands. Si, à toutes ces chances naturelles de destruction on ajoute celles qui proviennent du fait de l’homme, on comprendra qu'un bien petit nombre de ces germes puisse arriver à se développer.

Frappés des conséquences funestes que devait entraîner, au point de vue de l’alimentation et du bienêtre des populations, cet appauvrissement progressif de nos eaux douces, des esprits éminents ont pensé que, si l'on pouvait féconder ces œufs et les mettre à l'abri des nombreuses causes de destruction qui les menacent, on arriverait promptement à repeupler nos cours d’eau et à produire du poisson de manière à augmenter dans une proportion notable la quantité de nourriture animale dont l’homme a besoin. Des expériences et des efforts de ces penseurs est née une science nouvelle, la pisciculture, qui est l’art de multiplier le poisson, comme l’agriculture est l’art de multi-

L'ÉTÉ. 171 plier les fruits de la terre. Les procédés mis en œuvre ont déjà donné des résultats importants, et ont prouvé que, par leur application intelligente, la moitié au moins des œufs fécondés donnent des produits qui deviennent aptes à se reproduire à leur tour.

On connait le soin qu’apportaient les Romains à entretenir de magnifiques viviers : le principal luxe de leurs festins était le poisson. Ce goût devint même une véritable passion, et, pour la satisfaire, les sénateurs et les patriciens de l’ancienne Rome, enrichis des dépouilles de l’Asie et de l’Afrique, se livrèrent aux plus folles dépenses. Les noms de Licinius Murena, de Quintus Hortensius, de Lucullus sont passés à la postérité, pour le luxe qu'ils déployèrent en ce genre, et Pline nous apprend que ce dernier fit percer une montagne pour introduire l’eau de la mer dans ses viviers. Les Romains ont poussé très loin l’art d'élever les poissons; mais ils n’ont rien fait pour en augmenter la production et en répandre l'usage.

Nous voyons, au moyen âge, les communautés religieuses entretenir de grands viviers où s’engraissait le poisson, en vue de satisfaire aux nécessités du régime maigre auquei les astreignaient les exigences de leur règle ; mais tout se bornait là.

Enfin, un manuscrit, daté de 1420, nous apprend qu'un moine de l’abbaye de Réome, près de Montbard, nommé dom Pinchon, imagina de féconder artificiellement des œufs de truite en faisant écouler tour à tour par la pression les œufs de la fe-

melle et la laite du mâle de cette espèce dans une eau qu'il agitait ensuite avec le doigt. Après cette opération, il plaçait les œufs dans une caisse en bois dont le fond était garni de sable fin et qui était fermée par des grillages d’osier en dessus et à ses deux extrémités. L'appareil restait plongé dans une eau faiblement courante, jusqu’au moment de l’éclosion. Dom Pinchon, un Français, serait donc le premier inventeur des fécondations artificielles; mais ses essais, qu'il ne rendit pas publics, n’eurent nécessairement aucune influence sur les progrès de la pisciculture, et l’on ne voit pas qu'il ait eu des imitateurs.

Ce n’est que vers le milieu du siècle dernier, qu'un conseiller suédois, Friedrich Lund, remarqua que les trois espèces de poissons les plus estimées parmi celles qui habitent les lacs de cette contrée : la brème, la perche et le gardon, attachent leurs œufs près du rivage, soit aux rochers, soit plutôt aux herbes et aux ramilles de sapin. Ces œufs sont ainsi détruits par les pêcheurs ou dévorés par les insectes, les oiseaux et surtout les poissons de proie ; si bien, dit-il, que c’est à peine si sur dix un seul vient à échapper. Il comprit que l'interdiction de la pêche à l’époque du frai n'empêchait que très imparfaitement cette énorme destruction, et, pour protéger la multiplication des poissons, il imagina un autre moyen. Il fit faire de grandes caisses en bois sans couvercle, percées de petits trous et munies de roulettes pour permettre de les descendre aisément dans l’eau. Il garnit l’intérieur de

L'ÉTÉ. 173 rameaux de sapin et y introduisit une certaine quantité de mâles et de femelles pris au moment du frai, en ayant soin de les séparer par espèces. Après les y avoir laissés deux ou trois jours, c’est-à-dire le temps nécessaire à l’accomplissement de la ponte, il retira tous les poissons à l’aide d’une trouble, abandonnant les œufs à eux-mêmes. Ceux-ci arrivèrent à maturité au bout de deux semaines ou un peu plus, selon le degré de chaleur, et une multitude de jeunes poissons en sortit. Ce procédé, très simple, réunissait toutes les conditions nécessaires au succès, pour la propagation des espèces dont les œufs sont adhérents. Lund put jeter ainsi dans le lac de Rœxen plus de 10 millions de jeunes poissons. « Si l’on avait procédé en grand de la même manière sur tous les lacs de la Suède, dit-il, il en serait résulté une véritable bénédiction pour le pays. »

Vers le même ‘temps, un officier de Westphalie, J.-L. Jacobi, imaginait de féconder artificiellement les œufs de poisson et essayait d'appliquer ce procédé au repeuplement des rivières et des étangs. Il adressa même à ce sujet, à notre illustre Buffon, des notes manuscrites que Lacépède a mentionnées dans le premier volume de son Histoire naturelle des poissons.

Les essais de Jacobi portaient sur deux des espèces

- de poissons les plus estimées : la truite et le saumon.

Il obtint des produits ; mais il ne dit pas s'il arriva à un résultat final satisfaisant au point de vue pratique, et l’on est en droit d'en douter, puisque ces résultats

ne sont constatés nulle part, ce que l'on n'eût pas manqué de faire.

Enfin, en 1842, s’ouvrit en France une ère nouvelle pour la pisciculture, et ce grand progrès est dû à un pauvre pêcheur des Vosges, Rémy, qui habitait le village de La Bresse. Il remarquait avec chagrin que, depuis plusieurs années, la truite désertait progressivement divers cours d’eau du bassin de Remiremont; c'était son gagne-pain qui fuyait, et il résolut de le ramener dans les eaux de son voisinage. Dès lors il n’eut plus qu’une idée fixe : découvrir comment les poissons se reproduisent. Couché le long des bords pendant de longues heures du jour et de la nuit; par des temps souvent rigoureux, le cou tendu, observant J'immobilité la plus parfaite, 1l regardait.

Il vitalors les truites femelles, prêtes à frayer, écarter le gravier avec leur queue et se frotter pour faciliter la ponte ; puis il vit les mâles venir arroser ces œufs de leur laite. Il ne s’écria pas ewréka! car il ne savait pas le grec; mais ayant pris plusieurs femelles en cet état, il s’aperçut qu'en les serrant un peu dans la main, ilen faisait sortir les œufs mürs, et que la même chose arrivait pour la laitance des mâles. Alors il suspendit une femelle au-dessus d’un vase plein d’eau et, au moyen d’une légère pression exercée de

haut en bas, il fit tomber les œufs, sur lesquels il ré- +

pandit ensuite de la même manière la laite du mâle jusqu'à ce que l’eau fût blanchie. Il mit ensuite ses œufs dans une boîte en fer-blanc percée de mille trous

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L'ÉTÉ. 175 et garnie d’une couche de sable à gros grains, il plaça la boîte dans le lit d'un ruisseau ; au bout d’un certain temps il vit les petits éclore.

Sûr de lui dorénavant, il s’associa un autre pêcheur, Géhin, et tous deux travaillèrent dès lors à perfectionner l’œuvre. Ce n’était pas tout d’avoir soustrait les œufs aux chances de destruction qui les menacent lorsqu'ils sont abandonnés à eux-mêmes, il fallait encore assurer le développement des jeunes et leur trouver une nourriture en rapport avec les besoins de leur âge : c’est ce que nos deux pècheurs surent faire. Lorsqu'il vient au monde, le petit poisson porte avec lui son garde-manger : la vésicule ombilicale, qui sert à l'alimentation de l’embryon pendant son jeune âge, comme le jaune de son œufnourrit le jeune poulet avant son complet développement. Cette vési-

‘ctle ombilicale est très développée chez les jeunes

truitons qui trouvént une nourriture suffisante pendant plus d’un mois.

Rémy ouvrit done les boîtes qui contenaient le fretin au bout de trois semaines et le laissa courir librement dans une pièce d’eau disposée pour le recevoir. Il avait eu soin d'y élever à l’avance un grand rombre de grenouilles dont le frai est très recherché par les jeunes truitons. Puis il recourut plus tard à un procédé tout à fait conforme à ce qui se passe dans la nature. Pour nourrir les jeunes truites, 1l sema à côté d’elles d’autres espèces de poissons plus petites et herbivores. Celles-ci s'élèvent et s’entretiennent elles-mêmes aux

dépens des végétaux aquatiques; à leur tour, elles servent d’aliment aux truites qui se nourrissent de chair.

Quelques années après, Rémy et Géhin possédaient une pièce d’eau renfermant 5000 à 6000 truites depuis l’âge d’un an jusqu’à trois, toutes élevées par ce procédé, et, par la suite, ils empoissonnaient deux étangs situés près de leur village, plusieurs cours d’eau de leur canton et finissaient par jeter environ 50000 jeunes truites dans la Moselotte,un des affluents de la Moselle.

N'est-ce pas un juste sujet d'admiration que la sagacité et la persévérance de ce pêcheur qui, complètement :llettré et étranger aux progrès des sciences naturelles, a trouvé en lui-même la puissance de remédier au dépérissement de son industrie et de lui donner un nouvel essor? Bien que l'invention remonte à Jacobi ou même à dom Pinchon, elle lui appartient bien en propre. Ce n’est pas dans leurs livres qu'il est allé la chercher, lui qui n’a jamais su lire ; mais c'est à force d'observations et de patience, après avoir fait les expériences de Jacobi et de dom Pinchon et les avoir de beaucoup dépassés dans la voie de la pratique.

Les résultats obtenus par Rémy étaient trop éclatants pour ne pas attirer l'attention publique, et même celle du gouvernement. Celui-ci chargea une commission de s'assurer de l’exactitude des faits annoncés et d'en apprécier la valeur. Le rapport fut très

L'ÉTÉ. 177 favorable et reconnut aux deux pêcheurs de La Bresse le mérite d’avoir créé en France une industrie nouvelle.

Bientôt fut établi, au Collège de France, un laboratoire de pisciculture, sous la direction du savant professeur d’embryogénie M. Coste, pour y étudier et y perfectionner les procédés des inventeurs. Puis, par ses soins, fut créé à Huningue un établissement modèle, qui ne tarda pas à devenir une école où, de tous les points de l’Europe, on vint chercher des instructions et des alevins. Depuis ont été fondés, sur des principes analogues, dans plusieurs contrées, des établissements similaires, aujourd’hui en pleine prospérité; tandis que nous, hélas ! la guerre de 1870 avec l’Allemagne nous a enlevé Huningue et a longtemps paralysé les efforts particuliers qui commençaient à porter leurs fruits. Cependantquelques esprits judicieux ont tenté de nouveaux essais; ils ontcompris qu'au lieu de vouloir répandre des saumons et des truites partout, il valait mieux multiplier en chaque lieu les espèces qui s’y trouvaient déjà. C'est ce qu'a fait l'intelligent propriétaire du domaine de G...; ses étangs ne contiennent que des carpes, des tanches, des brèmes et des perches.

M. de G..., homme instruit et ayant le goût des sciences, à fait de ce beau domaine un véritable laboratoire d'expériences. Il y étudie tous les nouveaux procédés agricoles et s'y livre surtout avec ardeur à une science relativement nouvelle, la pisciculture.

Un clair ruisseau coule au fond de la vallée et alimente un vaste réservoir d'eau de plus d’une lieue de tour, que l’on pourrait décorer du nom de lac, s’il n'était divisé par d'étroites chaussées empierrées en quatre étangs communiquant les uns avec les autres par un chenal étroit.

C'est une circonstance très favorable lorsque l'étang est alimenté par un ruisseau; l’eau de ces petits courants étant ordinairement très limpide, la vase n’y pénètre pas. Le poisson se plaît beaucoup dans ces sortes d'étangs et y est excellent.

Le plus ordinairement, les étangs reçoivent leurs eaux de l'égout des terres ou des montagnes voisines, qui y entraine toujours une grande quantité de limon. Ici les eaux remplissent tout le fond de la vallée ; les collines chargées de bois s'élèvent à partir des deux rivages en laissant un sentier suffisant le long de l’eau, et les arbres baignent parmi les roseaux leurs racines et leurs branches pendantes. L'exploitation industrielle ne nuit en rien au pittoresque.

C'est là que j'ai vu semer du poisson comme on sème du blé ou de lavoine.

Ces poissons ont l'habitude de pondre leurs œufs collants sur les plantes aquatiques placées près des rives et exposées au soleil. Afin d'éviter leur dissémination, et de pouvoir les recueillir de manière à les garantir contre les nombreuses causes de destruction quiles menacent, on fauche les joncs et les autres

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plantes qui bordent la pièce d’eau, et on dispose de distance en distance des frayères artificielles faites de mottes de gazon et de petites fascines de joncs sur lesquelles les poissons ne manqueront pas de venir frayer.

Dans le premier étang destiné au frai et à l’alevinage on met, au commencement d'avril, cinq ou six couples de carpes, autant de tanches et de brèmes. Celles-ci déposent leurs œufs les premières, au commencement de mai; vers le 15, ou un peu plus tard, selon l’état de la saison, ce sont les carpes; puis un mois après les tanches couvrent les plantes aquatiques de leur frai, que, bientôt après, les mâles vont féconder de leur laite.

La ponte étant terminée, ce que l’on reconnait à la couleur perlée des frayères, on place celles-ci dans des corbeilles en o$ier recouvertes du même bois et maintenues à la surface de l’eau par des flotteurs de liège. Dans ces corbeilles, les œufs sont à l’abri de la voracité des oiseaux aquatiques, des rats d’eau et des poissons, qui en sont friands. On retire d’ailleurs ceux-ci, dès que leurs fonctions sont remplies; car, malgré leur régime herbivore, la gourmandise les pousse à avaler non seulement le frai, mais encore les jeunes a'evins.

Les œufs éclosent en peu de jours, et il en sort plus d'un million de petits poissons qui s’échappent à travers les mailles de leur prison momentanée et se dispersent dans les eaux environnantes.

Lorsqu'il vient au monde, nous l'avons dit, le petit poisson porte avec lui son garde-manger, la vésicule ombilicale. Cette vésicule ombilicale persiste pendant deux ou trois semaines chez les petits alevins, et ce n’est que lorsque les sues nutritifs qu’elle contient ont été absorbés, que la faim s’éveille chez eux. Ils se nourrissent alors des innombrables animalcules que recèlent les eaux qu'ils habitent; mais ces petites proies ne leur suffiraient pas et l’on y ajoute des matières animales cuites et réduites en pâtée, et particulièrement du sang cuit desséché et réduit en poudre impalpable.

Au bout de quelques mois, ils sont devenus assez forts pour rechercher les petits vers, les larves d’insectes et les œufs des mollusques qu'ils ajoutent à leur alimentation végétale.

On laisse les jeunes poissons pendant un an dans le bassin d’alevinage ; puis on les fait passer, en ouvrant les vannes, dans le second étang, qui est plus profond et abondamment pourvu de végétation. Là ils se développent sans obstacle, et on les y laisse pendant deux ans.

Au bout de ce temps, on leur ouvre le troisième étang et on les engraisse en ajoutant à la nourriture végétale, qu'ils y trouvent abondamment, de la fiente de vache, des débris de cuisine, des pommes de terre avariées ; tout leur est bon, surtout aux carpes. Avec ce régime, une carpe peut atteindre en quatre ou cinq ans un poids de 2 à 3 kilogrammes, et se vend avan-

L'ÉTÉ. 183 tageusement ; à l’âge de six ans, elle pèse 4 et 5 kilogrammes.

A ce moment de son existence, la carpe est un beau poisson ; elle a de 35 à 40 centimètres de longueur ; ses formes sont arrondies, son dos voûüté, sa corpulence un peu massive; mais elle est robuste et jouit d’une grande puissance musculaire. Faite, non pour vivre de proie, mais pour servir elle-même de proie aux poissons carnassiers : brochets, perches, truites,

La carpe.

elle est dépourvue d'armes offensives ou défensives ; elle n’a point d’épines, sa bouche est peu fendue et ses mâchoires faibles sont privées de dents pointues. Ses dents à elle sont pharyngiennes, c’est-à-dire qu’elles pavent son gosier ; c’est tout ce qu'il lui fallait pour consommer les herbes, les graines et les vers dont elle fait sa nourriture habituelle. Ses lèvres charnues et protractiles, munies de quatre barbillons, lui suffisent pour chercher dans la vase ou parmi les petits cailloux les vers et les mollusques qui s’y cachent. Elle est en dessus d’un bleu verdâtre ; ses

flancs sont jaunâtres avec une ligne latérale de petits points noirs, et son ventre est blanchâtre ; ses écailles sont grandes et striées ; sa queue fourchue.

La carpe parvient à une extrême vieillesse. Buffon parle de carpes de cent cinquante ans vivant dans les fossés de Pontchartrain, et tout le monde connaît celles qui habitent les bassins de Fontainebleau. Quelques-uns de ces vétérans aquatiques datent, non pas du règne de François I‘, comme l'ont avancé quelques amis du merveilleux, mais de 1816. Outre leur taille énorme — quelques-unes mesurant 1 mètre — elles portent sur elles le cachet de la caducité : des écailles blanches, des yeux ternes et vitreux, des mouvements d’une lenteur mesurée.

Mais, lorsqu'on élève les carpes pour la vente, on n'attend pas si longtemps ; on les pêche ordinairement à quatre ou cinq ans, au mois de mars ou d’avril, avant qu'elles aient frayé. C’est également à cet âge qu'il faut les prendre pour la reproduction et qu’elles fournissent le plus d’alevins.

Je ne sais pourquoi l’on dit : bête comme une carpe ! la carpe n’est point bête ; c’est au contraire un animal très fin et très défiant, qui acquiert de l'expérience ; donc il raisonne. J’en ai bien des fois acquis la preuve dans la pêche des étangs. Lorsqu'on veut faire la récolte du poisson, on donne un premier coup de senne ou traîne, et l’on en ramène un assez grand nombre. Naturellement on rejette à l’eau tous ceux qui n’ont pas encore atteint le poids voulu. Le lendemain, on

L'ÉTÉ. 185 redonne un coup de senne, et l’on en prend moitié moins que la première fois et moins gros. Si l’on jette la traîne une troisième fois, on ne prend plus une seule carpe. Instruites par l'expérience, lorsqu'elles sentent l'approche du filet, elles plongent la tête dans la vase, laissent glisser le filet sur la queue, qui ploie à volonté, et restent ainsi tranquilles jusqu’à ce qu’elles n’entendent plus de mouvement. Il y a là quelques grosses carpes de dix à douze ans, si bien sur leurs gardes, qu’on n’en peut prendre une seule. L'instinct de la conservation rend le poisson défiant, et plus il est poursuivi, plus il est difficile à prendre. Tous les . pêcheurs savent que les poissons de la Seine et de la Marne se prennent moins facilement que ceux des rivières isolées de nos départements. Pourquoi? parce que du matin au soir ils sont harcelés et pêchés. Que les vieux qui ont échappé à l'épervier et à l’hameçon aient acquis de l'expérience, je le comprends ; mais que les jeunes se méfient également, qui a pu les mettre en garde? Faut-il donc admettre qu’ils s'entendent entre eux ? Pourquoi pas, après tout. Les bêtes ne sont pas si bêtes que l’homme veut bien le dire.

La tanche, comme la carpe, fait partie de la famille des Cyprins. Elle offre à peu près les mêmes formes ; son corps large, d'un brun à reflets verdâtres, est couvert d'écailles très petites et enduites d’une mucosité épaisse qui la rend presque aussi glissante que l'anguille. Ses nageoires sont d’un violet foncé, et ses yeux brillent d’un beau rouge de laque. Elle n’a que

deux barbillons à la mâchoire inférieure, et sa queue .

n’est pas fourchue, mais coupée carrément.

Plus sédentaire que la carpe, avec laquelle elle fait bon ménage, la tanche est d’une taille inférieure à celle de sa compagne, et ne vit pas aussi longtemps ; elle dépasse rarement, au bout de trois ans, le poids de 1 livre, et grandit jusqu'à sept ou huit ans, époque à laquelle elle pèse environ 2 kilogrammes ; mais elle meurt bientôt après.

La tanche.

La tanche est un poisson de fond, qui remue sans cesse la vase pour y trouver les vers dont elle est avide. Les eaux qu'elle habite ont une très grande influence, non seulement sur sa couleur et sa taille, mais aussi sur la bonté de sa chair, ce qui explique le dissentiment des auteurs à son égard : les uns trouvant sa chair exquise, tandis que d’autres, et parmi ces derniers le poète Ausone, la traitent de poisson vil et de nourriture des pauvres (pauperiorum cibus). Il est certain que les tanches que l’on pêche dans les

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