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Les amateurs de papillons, qui, pour les obtenir plus frais, élèvent les chenilles ou recherchent les chrysalides, sont habitués à cette déception, de voir sortir une mouche à quatre ailes au lieu du papillon qu'ils attendaient, et ce fait est très fréquent. La famille des ichneumons est excessivement nombreuse ; quelques espèces sont assez grandes et atiaquent les grosses larves ou les chenilles ; mais d’autres sont d’une petitesse extrême et déposent leurs œufs dans le corps de très petits insectes, tels que les pucerons, les cochenilles, ou même dans les œufs des autres insectes.
L'ichneumon à l'instinct de découvrir la larve propre à nourrir sa progéniture; il sait trouver les larves les mieux cachées en apparence; à l’aide de sa tarière, il perce les écorces, le bois, la terre, ete., pour déposer ses œufs dans le corps de la victime qu'il a choisie. Les trois longs filets que l'ichneumon porte à l'extrémité de l'abdomen ne sont, en effet, que l’oviducte transformé en tarière, c’est-à-dire un long tube creux dont l’insecte plonge la pointe acérée dans la peau de sa victime et par lequel il fait descendre l'œuf dans la plaie; les deux filets latéraux ne sont que des étuis protecteurs destinés à renforcer la tarière. |
Ces insectes, très répandus dans nos campagnes, rendent à l'agriculture et au jardinage des services immenses en détruisant des quantités considérables de chenilles et de larves nuisibles, et c’est principale-
ment à leur influence que le cultivateur doit souvent de voir cesser tout à coup les ravages de certaines 4 espèces dévastatrices. ë È Mais, de tous les animaux qui servent d’auxiliaires 2 à l’homme en défendant ses jardins et ses champs contre l'invasion des insectes dévorants, ce sont les oiseaux qui nous rendent les plus grands services. Leur organisation les rend, en effet, plus que tous autres, propres à cette fonction; leur grande mobilité et leur vitesse, leur vue perçante leur permettent d'exercer leur police sans cesse et partout où elle est nécessaire ; leur appétit insatiable et leur puissance extraordinaire de digestion leur fontconsommer jour- 4 nellement une quantité d'insectes au moins égale au poids de leur corps, et plusieurs espèces recherchent avec avidité les œufs d'insectes et en absorbent des myriades. | À l’automne de l’an passé, visitant mes arbres frui- , üers, je les vis avec effroi couverts de paquets d'œufs de ce bombyx dispar si commun dans les jardins et si nuisible. Ces œufs, enveloppés par leur mère prévoyante d’une bourre grisâtre qui se confond avec la couleur de l'écorce et les met en même temps à l'abri des intempéries de l'hiver, couvraient le tronc et les branches. Je commençai à nettoyer les arbres de cette vermine; mais bientôt, découragé en reconnaissant mon impuissance, j'y renonçai. J'augurais fort mal de mes pauvres arbres et de la récolte qu'ils me donneraient, lorsqu'au printemps arrivèrent quel-
L'ÉTÉ. 221 ques couples de mésanges et de roitelets qui, en peu d'heures, nettoyèrent si bien mes arbres qu'il ne resta pas trace d'œufs.
J'ai vu un rouge-gorge débarrasser en quelques instants deux grands rosiers couverts de pucerons. Les fauvettes, les pouillots, les rossignols, les bergeronnettes, les bruants, les pinsons, les alouettes, les grimpereaux, les hirondelles, les martinets, les pics, les étourneaux et cent autres, nous rendent des services analogues.
Quand done le paysan, qui détruit ou laisse détruire avec indifférence ces charmants oiseaux, comprendra-t-il qu’il est de son intérêt, je dirai même de son devoir, non seulement de s'abstenir de détruire ces êtres utiles, mais encore de les protéger et d’en favoriser la multiplication par tous les moyens possibles. La chasse aux petits oiseaux est un abus ; elle ne rapporte aucun profit réel et cause un tort immense à l’agriculture.
Quand on lit les gracieuses descriptions des auteurs anciens, on voit qu’autrefois la plus humble chaumière avait un aspect riant; des fleurs cultivées ornaient toujours quelque coin du jardin, et dans les arbres de joyeux oiseaux faisaient entendre leurs douces chansons. Quel est aujourd’hui l'aspect des demeures de nos paysans? Elles sont pour la plupart environnées de mares infectes, de tas de fumier, dont
les principes les plus fécondants entraînés par les
pluies vont alimenter la mare ou le ruisseau, et pour
tout oiseau on ne voit que des poules et des canards. Plus de fleurs d'agrément, qui réjouissent l'œil de leurs brillantes couleurs, qui embaument l'air de doux parfums, plus d'oiseaux improductifs, mais si utiles par leurs chasses incessantes, si agréables par leur chant. Tout se compte, tout se pèse aujourd’hui, et ce qui ne peut rapporter d'argent est détruit ou chassé impitoyablement. Mais en raisonnant ainsi, le paysan compte mal.
« Les oiseaux, dit-il, mangent mes fruits et pillent mes grains, » et, sans plus s’enquérir s’il est trompé par les apparences, il leur fait une guerre incessante et trouve même bon que ses enfants aillent ravager les nids. Qu'arrive-t-11? C'est que, délivré de ces prétendus ennemis, dont quelques-uns, peut-être bien, prélevaient un bouquet de cerises pour prix de leurs services, il se trouve en présence de pillards mille fois plus redoutables, sans moyens de prévenir leurs dégâts. Si quelques fruits devenaient la pâture des oiïseaux, du moins les autres pouvaient acquérir toute leur grosseur; car on sait que les arbres privés de feuilles ne donnent que de mauvais petits fruits. Or, les chenilles dont la reproduction n’est plus entravée par les oiseaux, dévorent les feuilles, tout en ne ménageant pas plus les fleurs et les fruits. Qu’aura-t-il gagné à la destruction des oiseaux ? Rien; ses arbres au contraire seront faibles et maladifs, ils produiront peu et de mauvais fruits.
Plus sage que nous, l'autorité, en Allemagne, dé-
de, he, à
# L'ÉTÉ. 223 fend la chasse aux petits oiseaux. En Saxe, il est mème interdit, sous peine d’une forte amende, de prendre un rossignol ou une fauvette, et il faut payer
% un impôt de vingt franes pour pouvoir en garder un. | Que ne puis-je introduire les oiseaux en liberté dans mon domicile ; ils me délivreraient peut-être de cet odieux insecte diptère qui tourbillonne par milliers dans ma maison, et ne me laisse pas un instant de repos.
Les mouches; leur utilité. - Les vers. — Le tsetsé. â Le cousin.
Non, je ne connais rien au monde de plus agaçant que les mouches. Voilà bien un quart d'heure que je m'efforce d'en chasser une de dessus mon nez, et + plus je m'obstine à défendre mon organe olfactif » contre ses attouchements inconvenants, plus elle s'entête à se poser dessus. C’est intolérable.
Pendant les chaudes journées de juin et de juillet, cet insecte est un véritable fléau et envahit la maison en dépit du papier chimique et des pièges à mouches. En haut, en bas, dans le salon, dans la salle à manger et jusque dans ma chambre à coucher circule ce diptère désagréable qui, pour son sans-gène et son impertinente familiarité, n’a pas d’égal.
Si vous le chassez de votre assiette où il vous dispute avec opiniâtreté les morceaux, il se jette sur votre verre, où non seulement il sirote le vin comme
pour en apprécier la qualité, mais, par un raffinement d’épicurisme, il s’y lave les pattes. Chassez-le avec votre serviette, au risque de renverser votre verre, il va se poser sur un fruit et vous regarde de ses yeux d'Argus comme pour se moquer de vous. Ft ce n'est pas tout, il fait le désespoir de la ménagère en salissant tout de ses ordures.
Malgré tous ses méfaits, suivez la mouche du regard, et si son insolente importunité ne vous à pas fait perdre le sang-froid, observez comme elle s'élève dans l'air hardiment et sans préparation. Tout animal qui saute prend son élan; l'oiseau même, bien qu'il ait des ailes, s'élève de terre; mais la mouche ouvre simplement ses ailes et la voilà partie. N’est-il pas encore plus surprenant de la voir marcher verticalement sur une surface polie, comme une glace ou une vitre, ou se promener au plafond le dos en bas? Cela déroute complètement nos idées sur les lois de la pesanteur.
La mouche domestique pond ses œufs dans le fumier, où vivent ses larves. Éloignez avec soin les amas de fumier des maisons de campagne, si vous voulez diminuer en été leur innombrable multitude. Ces larves sont allongées, molles, sans pattes, d’un blanc sale, rampant sans cesse en contournant leurs anneaux, et bien connues sous le nom de vers ou d'asticots.
Lorsque cette larve va se transformer en nymphe — état transitoire entre la larve et l’insecte parfait —
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L'ÉTÉ. 225 elle ne se file‘ pas une coque, comme tant d’autres : mais sa peau s’épaissit ; se durcit d'elle-même et lui forme une enveloppe tellement coriace, qu’elle résiste à la pression des doigts. Lorsque la mouche est for-
| mée et prête à sortir, cette enveloppe se fend pour lui livrer passage.
Cependant, cet insecte taquin, dont l'existence ne sembiait avoir d'autre but que d'exercer notre patience, a son rôle à remplir ici-bas. Tant il est vrai que notre ignorance nous porte trop souvent à considérer comme inutiles ou même nuisibles des choses qui sont parfaitement nécessaires à l'harmonie de l'univers.
Outre les services que nous rendent leurs larves, en dévorant une quantité considérable de matières en décomposition, les mouches elles-mêmes seraient d’une grande utilité hygiénique, si l’on en croit les observations d’un savant naturaliste anglais.
Regardez attentivement une mouche qui vient se reposer après avoir volé pendant quelque temps; | vous lui verrez exécuter une série de mouvements : comparables à ceux du chat qui fait sa loilette, ou de l'oiseau qui lustre ses plumes. Ce sont d'abord les pattes de derrière qui sont frottées l’une contre l’autre ; puis chacune de celles-ci passe sur une aile; ensuite c’est au tour des jambes de devant de se frictionner ; enfin, vous verrez la trompe passer sur les jambes et sur toutes les parties du corps qu'elle
pourra atteindre.
Ce manège est-il fait dans un but dé propreté seulement ?
On l'avait cru jusqu'ici. Mais le docteur Emerson a récemment démontré qu'il en était tout autrement. Ayant placé sous le microscope une mouche qu’il venait de prendre, il vit qu'elle était couverte d’animalcules d’une incroyable petitesse. Ii renouvela son expérience sur d’autres mouches, et constata qu'il en était de même pour toutes. Il remarqua ensuite que ces insectes passaient leur trompe sur leur corps où il y avait des animalcules, et que les divers mouvements de leurs pattes avaient pour but de rassembler en un même point le plus possible de ceux-ci, pour n’en faire qu'une bouchée.
I] plaça alors un morceau de papier blanc dans un endroit fréquenté par les mouches; mais en ayant soin qu'aucune d'elles n’en approchât; puis, au bout d’un certain temps, il mit le papier sous le microscope et vit avec étonnement qu'il était couvert de ces mêmes animalcules. Il en conclut que ceux-ci flottaient dans l'air et faisaient partie de ces germes aériens découverts par M. Pasteur, et qu’ils s’accrochaient aux ailes et au corps des mouches qui faisaient curée de cette provision vivante.
Il renouvela son expérience dans un grand nombre d'endroits, et constata que, dans les lieux sales où l'air est vicié, les myriades de mouches qu'y s’y pressaient étaient littéralement couvertes d’animalcules ; tandis que d’autres mouches, prises dans des endroits
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