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L'ÉTÉ. 227 propres et bien aérés, étaient au contraire maigres et presque complètement dépourvues d’animalcules.
‘Ainsi, là où la corruption existe, les germes animés qui peuvent déterminer des maladies pullulent, et de même les mouches qui leur font la chasse ; là où la’ propreté règne, il n’existe presque pas d’animalcules et les mouches y sont rares et affamées.
Les mouches sont donc des destructeurs de microbes, et cette découverte met au jour un nouvel anneau de la chaîne nécessaire de destruction qui existe dans la nature. Ces animalcules microscopiques servant de nourriture à la mouche, celle-ci à l’araignée, l’araignée à l'oiseau, et ce dernier aux quadrupèdes ou à l’homme.
Une autre mouche, tout aussi désagréable, quoique moins commune-dans nos maisons, est la grosse mouche bleue, velue, dont le fort bourdonnement est si agaçant. Elle vole en quête de quelque morceau de viande pour y déposer ses œufs, car c’est de chair que doivent se nourrir ses larves. Elle fait le désespoir des bouchers ; car ces œufs, qui éclosent en quelques heures, font promptement gâter la viande. Les vers ne sont pas plutôt nés qu'ils cherchent à manger ; ils se traînent d’abord sur la viande, qu’ils sillounent à l’aide des crochets dont leur bouche est pourvue, puis ils s’enfoncent dedans. Les entomologistes ont donné à cette grosse mouche le nom de vomitoria, parce qu’elle dégorge, quand on la saisit, une liqueur
noirâtre infecte; le vulgaire la nomme simplement mouche de la viande.
La mouche dorée, d’un beau vert-émeraude, nous rend moins souvent visite, bien qu’elle soit très commune; mais elle demeure en plein air, recherchant les cadavres d'animaux sur lesquels elle dépose ses œufs, Les vers qui en sortent sont les véritables asticots dont se servent les pêcheurs pour amorcer leur ligne. Ces insectes subissent toutes leurs transformations en quelques jours, et, presque aussitôt sortie de sa coque, la mouche se reproduit et dépose ses œufs sur quelque corps mort.
Ces myriades de mouches, répandues sur toutes les parties du globe, tourbillonnent autour de tous les végétaux, de tous les êtres animés et particulièrement de tout ce qui a cessé de vivre : la profusion avec laquelle elles sont jetées partout, leur fait remplir deux destinations importantes dans l’économie générale : elles servent de subsistance à un grand nombre d'animaux supérieurs ; l’hirondelle les happe en rasant l’eau ; le rossignol les saisit de son bec effilé pour les porter à ses nourrissons; elles sont pour tous une manne sans cesse renaissante. D'autre part, elles travaillent puissamment à consommer et à faire disparaître tous les débris de la vie, toutes les substances en décomposition, tout ce qui corrompt la pureté de l'air; elles semblent chargées de la salubrité publique. Telle est leur activité, leur fécondité et la succession rapide de leurs générations, que Linné a pu
a hs mms,
L'ÉTÉ. 229 dire, sans trop d’hyperbole, que trois mouches consomment le cadavre d'un cheval aussi vite que le fait un lion.
Les poètes et les prédicateurs ont souvent parlé des vers qui dévorent nos cadavres après la mort. Mais cette image du néant de l’homme, présentée avec tantde pompe par les Bossuet et des Fléchier, cette image horrible pour ceux qui ont livré à la terre des personnes chères, est tout à fait fausse. Les vers du tombeau n'existent que dans l'imagination des poètes. Tout au plus ce sort serait-il réservé à ces puissants de la terre dont Malherbe a dit :
Et dans ces grands fombeaux où leurs âmes hautaines Font encore les vaines, Ils sont rongés des vers.
En effet, déposés dans de somptueux tombeaux ou dans des caveaux, ils peuvent recevoir la visite de certains insectes nécrophages, qui, pénétrant par les soupiraux des voûtes sépulcrales et par les fentes que le ferment de la pütréfaction peut avoir produites dans le cercueil même du bois le plus précieux, y déposent leurs œufs. Mais le pauvre, dont la dépouille mortelle gît dans une fosse de 1 mètre et plus de profondeur, est à l’abri des vers et des insectes sous son épaisse couverture de terre. Il est simplement réduit en poussière et ses restes se mêlent à sa terre maternelle sans qu'aucun animal vienne troubler son repos.
Mais si beaucoup de mouches nous rendent de véritables services, soit comme agents de la salubrité, soit en déposant leurs œufs dans le corps des chenilles, dont les petites larves parasites font périr de grandes quantités; il en est d’autres qui nous sont fort nuisibles, les unes en détruisant nos cultures, comme le chlorops et la cécidomye, qui attaquent les
céréales, les autres en nous incom-
“ / . modant par leur piqüre, comme le
$ Ne stomoxe des bois, si semblable à la
€ > mouche commune; mais qui, à l’au- | 7 tomne, nous fait sentir vivement
4 ] | \ l'effet de son suçoir ; ce qui fait dire
t \ à queiques personnes que les #2ou-
La cécydomie. €Ches piquent. Telle est encore la
mouche aux yeux d’or qui, dans les
bois, les parcs et les prairies, au moment des grandes
chaleurs, se jette sur les mains ou le visage et en-
fonce. avec la rapidité de l'éclair, son dard dans la peau.
L'homme n’est pas seul exposé à la voracité de ces buveurs de sang : les animaux domestiques en sont souvent fort tourmentés. Dans les temps chauds et orageux, Ces diptères féroces leur mettent le corps en sang et les rendent furieux. Toutes les personnes qui habitent la campagne connaissent bien le taon, qui attaque les bœufs, les chevaux et même l'homme.
Encore nos régions tempérées sont-elles favorisées, car bien plus terribles sont certains diptères des pays
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