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cas, la chasse n’est pas longue; bientôt il est aux abois. Sentant ses forces épuisées, n’espérant plus sauver sa vie par la fuite, il s'arrête, rassemble ce qui lui reste d'énergie et se retourne contre les chiens pour leur faire payer le plus chèrement possible leur victoire. Acculé contre un arbre, il baisse la tête et de ses terribles andouillers il en éventre parfois deux ou trois, si les chasseurs lui en laissent le temps. Mais, généralement, dès qu'il s’arrête, on l’abat d’un coup de carabine. On célèbre la mort de l’animal en sonnant l’Aallali.
On procède ensuite à la curée, qui consiste à dépouiller le cerf, en réservant le corps et les membres, eten livrant aux chiens les viscères et la panse. Quand cette opération se fait sur place, immédiatement après la mort, on dit que l’on fait curée chaude. On fait la curée froide lorsqu'elle a lieu plus tard, en dehors du lieu où a sonné l’hallali. Tout le monde a entendu parler des curées aux flambeaux qui sont faites, le soir de la chasse, dans la cour d'honneur des châteaux princiers.
J'ai pu jouir de ce spectacle étrange, au château de
Compiègne.
Des valets de pied en grande livrée, les cheveux poudrés, formaient la haie, ménageant une large allée. Chacun d’eux tenait une longue pique au bout de laquelle flambaient des étoupes dans des gobelets remplis d’esprit-de-vin. Ces hautes flammes bleues dansaient dans l'air, se reflétant sur la double rangée
de gilets écarlates, et éclairant d’une lumière blafarde les visages des curieux qui se pressaient en foule en dehors des grilles. |
Au milieu, devant le perron, les débris du cerf en tas sur le pavé étaient recouverts de la peau de l'animal étalée la tête en avant; tandis que, à l’autre bout, contre la grille, la meute attendait, entourée des piqueurs. Le signal donné, les piqueurs sonnèrent du cor, un valet éleva la tête du cerf pour la montrer aux chiens qui, le cou tendu et dressés à demi sur leurs pattes de derrière, prêts à s’élancer, faisaient un effroyable vacarme.
Le maître d'équipage, placé sur le perron, et qui tenait son fouet levé, l’abaissa. Alors la meute se rua sur ces débris sanglants avec des grognements sourds de satisfaction, se disputant les morceaux et les déchirant à belles dents. Puis les valets de chiens firent résonner leurs fouets, rassemblèrent leurs meutes pour les ramener au chenil, et tout rentra dans l’ordre.