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«Il a été constaté que la localité de Tchou-ho était au centre même du Léang-chan (Montagnes froides) occupé par les barbares. Si l'on passe à Test, le Fleuve Bleu (Kin-kiang), on atteint les territoires de Yong-chan bien et de K'iao-Kia-t'ing, au Yun-nan, après un trajet plus ou moins long de 4 ou 5 jours, ou de 5 ou 6 jours. Vers le nord, on atteint les territoires de Lei-Po, Ma-pien, Ngo-pien (0*pien) et PMng-chan-bien; dont les points rapprochés sont aussi à 4 ou 5 jours de distance et les points éloignés à 6 ou 7 jours. A TOueBt, on atteint les territoires de Tsing-yuan-ying, de Siao-siang-llng et de Yue-soueit'ing, dont les points rapprochés exigent un trajet de 2 ou 3 joura et les points éloignés un voyage de 3 ou 4 jours. Au sud, on atteint les différents postes militaires de la ville murée de Kien-tch*ang-fou dont la distance n'est que de trois étapes.
«Les barbares et sauvages ( Yï, Man) des localités de K'iao-kio et de Tchouho se rassemblent à des époques indéterminées et viennent sur nos territoires limitrophes incendier, tuer, capturer et piller, tantôt une ou deux fois par an, tantôt deux ou trois fois. Si une forte garnison était établie à Tchou-ho et Kiao-k'io, des mesures de défense seraient prises aussitôt que serait connue la
nouvelle d'une de leurs incui*sions. Une attaque serait combinée à la fois au dedans et au dehors, si bien que les barbares sentiraient l'ennemi de face et en arrière, ce qui rendrait facile de les exterminer. D'ailleurs, les barbares, ayant le souci d'avoir à exercer une surveillance au milieu d'eux, n'oseraient plus venir au loin, hors de chez eux, pour y commettre leurs méfaits. « Ce serait le moyen d'en tarir la source » ^).
A Touest du plateau, une double chaîne de pics habites par les barbares sépare cette région de Siang-lin fan, Teng siang ying, Yong bien chan, etc., à Touest desquels se trouve Nîng youen; le sud est occupé aussi par les barbares.
Outre la carte du Ta Leang chan, M. de Yaulserre a fait le 20 juillet 1898 à Houang Lang, Tacquisition d'une carte des districts chinois de Ma-pien, P'ing-chan et Lei-Po T*ing.
Une note relative à cette carte qui n'a pas encore été publiée, ni*a été remise par M. de Yaulserre; la voici;
«Cette carte a pour titre (Carte des trois frontières de Ma-pien-t*ing, de Lei-po t'ing et de Fing-chan bien, où tient garnison toute Tarmée du signe
Elle a été établie par le général chinois Léou dont la famille habite Houang- Lang-tseu, petite ville murée de Lei-po-t'ing, garnison de deux compagnies chinoises.
Houang-Lang-tseu, située à 12 kilomètres environ du Fleuve Bleu, sur le plateau, fait face à une longue arête couverte de brousse et de forêts s'allongeant dans une direction N. S., qui est le premier relief élevé, derrière [lequel] s'abritent les Lolos hostiles aux Chinois. Cette montagne s'appelle Lao-Kiung chan (Montagne du vieux Roi).
Non loin de cette ville, vers le Sud, s'étend un très joli lac bleu d'une vingtaine de kilomètres qui baigne les contreforts de la montagne du vieux Roi.
Cette carte explique la manière dont les Chinois occupent les districts qui avoisinent le Ta Leang chan vers le nord-est en indiquant les mesures militaires ainsi que les cantonnements des troupes de Tarmée du signe Ta,
Son auteur, ayant fait ses études à Chang-Hai, a eu connaissance de la topographie. C'est ce qui lui a permis de dresser ce document sous une forme qui se rapproche de Timage du terrain.
1) TrAdnetioo de M. A. Yissière.
20 HBNBI CO&DIBR. 614
Cette carte complète la carte chinoise de Ta Leang-chan que j'ai rapportée du même voyage en ce qu'elle indique les voies de pénétration du Ta-Leangchan par le N. E. (direction Soui-fou), au travers des populations lolotes restées très agressives dans les massife montagneux qu'elle représente.
Ces districts sont administrés par les chefs héréditaires Lolos. Obligés de se soumettre, ces princes Lolos ont juré fidélité à l'empereur et ont reçu de lui le titre de Tou-Sé *) (maîtres de la terre), moyennant un tribut annuel et leur concours pour le maintien de la tranquillité dans le pays. C'est ainsi qu'ils ont conservé sur les indigènes les droits de justice et d'impôts et qu'ils exercent encore une certaine souveraineté.
Plusieurs d'entre eux sont titulaires de marques distinctives très élevées. Ainsi le T'ou-Sé qui réside en face de K'iao-Kia-t'ing dans le sud du Ta Leang chan est admis à la cour impériale.
Celui de Lei-po est descendant d'une famille qui règne sur le pays depuis plusieurs siècles. Il porte le globule bleu ainsi que ses proches parents.
Cette carte donne aussi les limites exactes du Ta Leang chan de ce côté et y facilite la pénétration, en donnant les noms des fe^milles limitrophes des districts chinois dans le Ta Leang chan. La plupart des chefs de ces familles sont représentés par un parent proche retenu en otage par les Mandarins dans les Yamens des trois districts. Cette mesure est une des plus efficaces que les Chinois aient prises pour maintenir la tranquillité.
On peut considérer qu'au sud de Lei-po t'ing, le Ta Leang chan s'avance jusqu'au fleuve. Quatre princes Lolos se partagent les rives du fleuve depuis P'ing-chan-hien jusqu'à K'iao-Kia-t'ing 1° celui de Lei-po; 2° celui qui réside à 20 kilomètres de Houang-P'ing sur le fleuve Bleu qui s'appelle Nié-Seu-t'îng et qui habite à Teu-Seu-ho (ruisseau de mauvaise eau); 3° celui de Cha-ma, qui habite à Kiao-kio; 4® celui qui demeure en face de R'iao-kia-t'ing ; à l'ouest de ce dernier sur la route de K'iao-kia-t'ing à Kien-tch'ang-fou, on rencontra celui de Si-lo.
Les T'ou-Sé de Lei-po et de K'iao-kia-t'ing sont complètement soumis, bien qu'ils exercent leurs droits de souveraineté; leurs territoires sont occupés par des garnisons chinoises. Ceux qui se trouvent entre les deux précédents, celui de Houang-Ping et celui de Cha-ma, ne sont surveillés que par les postes situés en dehors de leurs principautés sur la rive droite du fleuve Bleu à Taou-ki, Mi-tié-fau, Tai-pin-Tchang et Kiao-kiarien dans le Yun-nan. Personne
1) «Les Chinois, en s'emptrant plos tard de ce pays, n'ont fait que mettre des mandarins où habitaient les seignears ; et dans les parties conquises, mais non sonmises, ils ont donné le titre de mandarin anx seigneors indigènes ; c'est ce qu'on appelle des t^au-M'iotian
J: ^ ^ ». (Vial, p. 2.)
615 LS8 LOLOS. 21
ne s'aventure à franchir le fleuve sans une autorisation expresse des T'ou-Sé. On risquerait d'être retenu en captivité.
Le T'ou-Sé de Houang-P'ing n'est pas indiqué sur la carte du Ta Leang chan, probablement parce qu'il est peu important et inférieur à celui deR'iaokio qui est très redouté pai* les Chinois.
D'après ce qui m'a été dit par le lettré du T'ou-Sé de Hyang-Ping, qui est chrétien et aujourd'hui chef de village à Tei-Pin 'Tchang (il est né au Kien-tch'ang et a été baptisé par Monseigneur Mou), dix-huit princes Lolos se partageraient le Ta Leang chan: c'est un renseignement que je transmets sans en affirmer l'exactitude.
Tous ces chefs sont très fiers de leurs origines et de l'ancienneté de leur race. Us ne vont chercher des épouses que. parmi les filles princières, en sorte qu'ils sont tous parents. Us n*ont entre eux aucun lien féderatif, pourtant ils auraient une grande vénération pour quelques princes qui résident au centre du pays indépendant aux environs de Tchou-ho. En généi*al, ils sont peu fortunés et malgré cela, très jaloux de leurs droits, de sorte qu'ils ont souvent entre eux des sujets de discorde dont les Chinois profitent en offrant leur arbitrage.
La plus importante de ces principautés, mais non la plus indépendante, serait située dans le nord de li-Tcheou-Hien-Tchou.
Avant do se risquer dans le Ta Leang chan, il faut s'assurer de la protection d'un des princes du pays. Jusqu'ici cette protection a toujours été refusée aux missionnaires, de sorte qu'ils ont échoué dans leurs tentatives de pénétration. Les Chinois eux-mêmes semblent redouter l'intervention des étrangers dans ce pays qui leur résiste ouvertement.
Les routes qui pénètrent dans l'intérieur par le nord-est et le sud-est sont celles de Lei po et de Ma pien qui convergent sur P'ing chan bien et celle de K'iao-kia-t'ing qui se dirige vers R'iao-kio.'
Mais ces deux voies d'accès sont gardées par des postes chinois, qui avertis de la tentative, s'opposeraient au passage d'un étranger. Il me parait qu'il serait plus habile de tenter l'expérience en traversant le fleuve Bleu à Houang- P*ing ou à Tai-pin-tchang; on éviterait ainsi les postes chinois et on se trouverait de suite dans les territoires du fameux T'ou-Sé de Cha-ma dont auparavant il &udrait gagner la protection. De ces deux villages partent deux pistes par lesquelles on peut atteindre Eien-tch'ang-fou en six ou sept jours.
Parmi les Lolos on distingue les Lolos Os noirs et les Lolos Os blancs. Ces derniers sont toujours soumis aux premiers. Plusieurs versions expliquent ce &it bizarre.
Les uns disent que les Os blancs comme les Os noirs sont de la même race, mais qu'à la suite d'une guerre intestine, les Lolos Os blancs ont été vaincus par leurs frères et réduits à l'esclavage. D'autres prétendent que les Os blancs tirent leur origine de captifis chinois qui auraient formé souche en épousant des filles Lolotes. Les Os blancs seraient donc de race métisee.
22 HENRI GORDIBB. 616
Il est certain que les Lolos Os noirs, qui se disent toujours du Leang-chan, ont un type tout spécial. Hommes et femmes sont grands, robustes, les épaules carrées, la tète caractérisée par un front haut» le nez droit et saillant, les yeux nullement bridés et les traits réguliers; mais leur intelligence est inférieure à l'esprit cultivé des Chinois. C*est une très belle race. Les Lolos Os blancs, au contraire, ne diffèrent pas sensiblement de l'aspect chinois dont ils ont les yeux bridés, le nez aplati à la base et souvent le front fuyant.
Ce peuple Lolo autrefois maître du Yun-nan et d'une partie du Se-tch'ouan a été vaincu et a dû se soumettre peu à peu aux Chinois. U n'y a plus qu'au Ta Leang chan qu'il résiste de nos jours à l'envahissement des Célestes, mais il y vit dans un état presque constant de guerre ; le Ta Leang chan est en somme le réduit de sa défense. C'est un massif montagneux extrêmement élevé, protégé à l'Est par la grande vallée du Fleuve Bleu, et qui, largement échancré dans toutes les directions par des gorges profondes d'où s'échappent des rivières, offre des issues de toutes parts. C'est par elles que les Lolos se précipitent plusieurs fois par an et vont en grand nombre attaquer les villages chinois, répandre la terreur dans les campagnes, saisir les hommes et les femmes valides pour les ramener chez eux et en faire leurs esclaves. Il est rare que les troupes chinoises s'opposent à ces incursions; elles n'osent se mesurer avec les Lolos que lors qu'elles sont en nombre écrasant, ou lors qu'elles ont préparé un guet-apens.
J'ai eu plusieurs fois l'occasion d'interroger d'andens captifs restés plusieurs années prisonniers dans le Ta Leang chan. Ils m'ont affirmé qu'ils n'avaient pas été maltraités et qu'ils étaient employés aux travaux de culture.
La population du Ta Leang chan est beaucoup trop dense pour se livrer à l'oisiveté dans les forêts comme le disent les Chinois; c'est l'irritation que ces derniers ressentent qui les pousse à dénigrer ces populations qui osent leur résister en face.
Les Lolos possèdent de fort belles cultures, mais dans ce pays-là, les exploitations agricoles sont basées sur des principes différents de celles de leurs adversaires. Ils font l'élevage pour leur consommation, possèdent de grandes prairies, de grands troupeaux de vaches laitières et de moutons. Us cultivent le blé, le sarrasin, l'orge, les raves, le maïs, l'avoine, la pomme de terre, les carottes, le chanvre et font fort peu de riz. Le climat de leurs hautes montagnes leur permet à peu près les mêmes récoltes que celles de l'Europe centrale. De loin, le pays a un aspect sylvestre, mais il n'y a que les cràtes et les pentes des montagnes qui soient couvertes de hautes forêts de brousse; les Chinois les appellent Lao-Ling (vieilles forêts). Tout le reste du pays est rendu productif par des travaux agricoles, comme dans les pays Lolos conques. J'ai, en effet, constaté dans ces pays-là que la population indigène n'avait rien changé à sa culture spéciale. Les Lolos mangeant de la viande de bœuf, ils sont obligés de faire l'élevage.
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Outre le Leang chan, la race lolote occupe tout le pays connu sous le nom de Kien-tch'ang et s'étend sur le Tang-Pé-ting et au sud du fleuve dans le Yun-nan; mais elle s*y trouve mélangée à d'autres races d'origines thibétaines comme les Lissons. Dans le Siao Leang chan, au sud du Ta Leang chan, toute la population est lolote et soumise, elle dépend en grande partie du T'ou-Sé de K'iao-kia-t'ing et de celui de Kou-tao, qui habite au sud-est de Uouei-li-tcfaeou, à Kou-tso, chef-lieu du Kou-tso-t'ing.
Depuis P'ing chan hien jusqu'à l'embouchure de la grande rivière qui vient du nord et qui sépare le Yong-pé-ting du territoire de Houei-li-tcheou dans le Kien-tch'ang, je n'ai rencontré que huit tenitoires de T'ou-Sé sur les rives du Fleuve Bleu, les quatre premiers sont ceux dont j'ai parlé et qui touchent au Ta Leang chan; les autres sont: le 5*~ celui de Kou-tso appelé Lou; le 6*^ celui de To-gné-tu, le 7*^ celui de Tsé-tsé appelé Gha (sable); le 8*~* celui de Hum-pou-so appelé Tao.
Tous ces T'ou-Sé ont des liens de parenté et sont très fiers de leurs dignités héréditaires. C'est ainsi que pendant que j'attendais l'ouverture des port-es du Yamen du Tou-Sé de To-gné-Sé, je pus lire cette devise: «Ma puissance est au Sud et mon nom répandu dans toute la Chine». C'était une femme veuve qui remplissait les fonctions de T'ou-Sé à To-gné-tse; on me dit qu'elle était grande tante du T'ou-Sé de Kou-tso et issue d'une famille du Leang Chan.
A trois étapes de là, j'ai été Thôte du T'ou-Sé de Tsé-tsé; l'inscription qui ornait la porte de son Yamen le déclarait fidèle sujet de l'Empereur.
U est le descendant d'un mandarin chinois récompensé par l'investiture héréditaire de l'administration du territoire de Tsé-tsé. H portait la plume de paon moins les yeux.
Le Kien-tch'ang est donc plus ou moins Lolo, et les princes du Leang chan y jouissent d'une grande influence par le fait de leurs alliances avec les chefs de la région. Ceci est d'autant plus intéressant à constater que ce pays Lolo par sa situation se trouve en travers de la direction générale Bhamo, Tali-fou, Soui-fou et Tch'ong-K'ing».
Cette carte des trois .districts porte dans un coin à gauche une légende en caractères cursifs dont voici la traduction:
HBHKI OORDIBS.
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■ n eat à remarquer que le pays des t'iog (préfecture secondaire) de Ha pieu et de Lei po et du hien (sous-préfecture) de P'ing-chan touche aux terrains incultes occupés par les sauvages (Uan). Il présente l'apparence des pieds d'un trépied (Note: c'est-à-dire que la défense repose sur trois bases principales). Sa superficie, très étendue, et ses routes, très sinueuses, sont difficiles à détailler, dans leurs formes multiples. Pour porter sur la carte les sinuosités des contours de frontières, nous avons toujours iàit usage de la boussole, à l'aide de laquelle ont été déterminées les directions des lieux (par rapport les uns aux autres)
619 LBS LOLOS. 25
après quoi, nous avons imité la méthode de représentation graphique par carrés comptant chacun un certain nombre de It, qui nous a permis de préciser la configuration.
Il y a lieu de constater que Ma pien et Lei po constituent la porte donnant accès à P*ing-chan. Ces deux t'ing, au Nord-ouest, confinent aux repaires des barbares. Quant à P*ing-chan, il envoie une branche dans Touest qui occupe l'intervalle existant entre ces deux territoires. Au dehors, la campagne, dans toutes les directions, contigûe soit à la sous-préfecture de Lo-chan soit au territoire de Ma pien, se compose en majorité de forêts et de fourrés, où les brigands barbares font leurs incuraons. Aussi a-t*on choisi les lieux les plus importants pour y installer séparément des garnisons. Sur la carte, nous avons indiqué ces lieux à l'aide de drapeaux, afin que ceux qui la consulteront les aperçoivent aussi facilement qui si on les leur montrait du doigt dans la paume de la main. Nous n'avons pu, toutefois, à cause des dimensions restreintes de la feuille, noter avec détail la longueur, plus ou moins grande, des chemins.
Le commandant en chef (t'ong-ling) réside à P'ing-chan, qui est la position la plus centrale. Les routes terrestres communiquent entre elles et la circulation des ordres est assurée. H n'y a aucunement à craindre que vous perdiez un point en veillant sur -un autre.
S'agit-il des défenses établies dans les localités situées sur la frontière? Nous dirons alors que la frontière des deux territoires de Ma pien et de Lei po se déroule sur une longueur qui atteint presque mille H. Ce n'est pas là, non plus, le rempart formé par une motte de terre mouillée».
On aura remarqué qne la carte dn Ta Leang chan rapportée par M. de Vaulserre n'indique qne les cinq principautés Lolos qui
touchent au Yun nan; notre voyageur fait observer dans une note que si l'auteur a n^ligé de figurer les principautés de l'intérieur, celles de l'ouest et celles du nord, c'est qu'étant chef militaire de E'iao kia t'ing dans le Yun nan, il ne s'est occupé que des princes Lolos dont les territoires confinent sa province.
Au sud du Ta Leang chan dont il est séparé par la route militaire de E'iao kia t'ing à Houei-li tcheou s'élève le Siao (Petit) Leang chan. «H est limité à l'est et au sud par le Eju Eiang et le Ko ho, son premier affluent rive gauche en amont du coude sud.
HB^RI OORDIEB.
J'ai donc longé, dit M. de Yaulserre Ot sur deux de ses faces le Siao Leang chan. Il n*a jamais été exploré, même par les missionnaires».
M. de Yaulserre a rapporté en outre une liste de vingt et un chefs de famille lolos du Siao Leang chan, correspondant au territoire de Lei Po H" ^ retenus en otages au yameu de cette ville.
Nous pouvons considérer Houei-li tcheou '^ ^ j^ comme la limite sud du Ta Leang chan; le P. de Guébriant en disait en 1898:
«Cette ville importante est actuellement la plus prospère du Kien-tch'ang. Son commerce avec Soui-fou d*un côté et Ta-li de l'autre est des plus actifs. Les cotons de Birmanie et les filés de Bombay y trouvent un débouché considérable, et ce trafic tend à s'accroître d'année en année. Bien qu'aucune famille chrétienne n'y habite, la population ne nous a jamais semblé antipathique à la religion. L'activité du commerce suffisant à occuper tout le monde, les désœuvrés sont là plus rares qu'ailleurs».')
Le P. S. Ohsvalier, de la mission des Jésuites du Eiang nan, en faisant le levé d'I-tch*ang à P'ing-chan de novembre 1897 à mars 1898, pour dresser son grand Atlas du Haut Yang tseu est arrivé à P*ing-chan bien d*où il a repris le chemin de Soui-fou «sans pousser jusqu'au rapide infranchissable qu'on nous dit exister au-delà de P'ing chan bien. C'est une faute que je regrettai ensuite, mais trop tard» ').
Tl ajoute:
«P'ing-chan est une petite sous-préfecture, bâtie au pied d'un groupe de montagnes, sur un plateau bas dont elle ne couvre qu'une partie. Son enceinte sans être vaste, l'est encore trop pour le nombre de ses habitants. Presque pas de faubourgs, même aux portes de la ville; pas un seul bateau au port. Aussi
1) La OéograpMe, 16 jaillet 1007, p. 78.
2) Miuiont eaihoUques, 1899, p. 188.
8) U Haut Tang-tte,,, Voyage et DetcriptioM, 2« faso, 1899, p. 87.