MŒURS ET COUTUMES DES LOLOS
Je circonscris mes investigations dans le domaine d*une tribu, celle au milieu de laquelle je vis, la tribu de Gnipa. Il sera ensuite facile de noter les coutumes communes à tous les Lolos, qui doivent être généralisées, et celles qui sont propres à la tribu dont je parle.
Le mot «Lolo» (1) que j'ai employé jusqu'ici est un terme chinois dont je n'ai pu encore découvrir l'origine; rien chez les indigènes, ni dans leur langue, ni dans leurs mœurs, n'a pu donner matière à cette appellation. Les caractères chinois dont on se sert pour écrire ce mot n'ont aucun sens, et diffèrent d'un lieu à un autre.
Mais je suis obligé de m'en servir parce que. les Lolos euxmêmes n'ont aucun terme pour se désigner d'une façon générale. Il n'existe chez eux que des noms de tribus. Ces noms de tribus ont dû être anciennement des noms de familles donnés dans des circonstances maintenant oubliées.
Quant aux noms chinois Hee^y, Sami, Kan-y "H" ^, Tse-kin, Eul-y-tsej O^gni, Ta-reou-iao {:^ M ^^) ®*c., ils n'ont aucune portée scientifique, puisque tantôt ils s'appliquent à deux tribus différentes, tantôt une même tribu est rangée sous deux noms différents.
Si, dans l'étude des diverses races qui ont peuplé la Chine, on veut arriver à quelque résultat, il faut résolument fermer tout livre chinois (2) et travailler sur son propre fond. Voici comment Marco Polo dit son mot sur cette race :
«Tholoman est une province vers le Levant. Les gens sont idolâtres et ont langage par eus et sont au grant Kaan. Ils sont moult belles gens, mais ne sont pas bien blanches, mais brunes gens. Ils sont bons gens d'armes. Ils ont citez assez et chasteaus a g;rant habondance, et grans montaignes et en fors lieus. Et quand ils muèrent, ils font ardoir les corps, et prennent les
(1) Le mot «Lolo» est mal reçu; quand on B^adresse à un indigène en chinois, il faut rappeler ctLao-pen-kia».
(2) Je me suis fait traduire plusieurs ouvrages chinois ayant la prétention de traiter la question lolo ; je n'y ai trouvé que des enfantillages.