‹ Les Lolos. Histoire. Religion. Mœurs. Langue. ÉcritureChapitre 27 sur 32 · OBSERVATIONS · texte numérisé non relu

OBSERVATIONS

Dans la transcription je n'ai marqué aucun ton, mon but n'étant pas d'enseigner à parler cette langue; mais il faut bien faire attention aux accents qui doivent être prononcés comme en français.

De plus j'ai indiqué les aspirations qui, nécessairement, font partie du mot.

J'ai renoncé à faire entendre certaines prononciations représentées par les lettres g, h, k. Ces trois lettres doivent tantôt être prononcées comme en français (le g est dur), et tantôt d'une tout autre manière, mais que je ne puis exprimer.

Il suffit d'être averti.

Bien que ces caractères ne semblent pas pouvoir se rapporter à certaines racines principales (je n'ose encore pourtant ni le nier ni l'afïîrmer), cependant on peut les réunir sous certains traits qui leur sont communs, afin d'en faciliter l'étude.

J'ai ainsi choisi 195 traits sous lesquels j'ai pu ranger tous les caractères, à peu d'exceptions près.

Voici un exemple de mon dictionnaire :

^^'è, rat.

H^zta, fils.

1^ chBL, deman der

MtTjou, grandir

^4^ tlou, vieil- •^ lard.

^t^jou, person ne

nà^gè, grand,

Iffflna, inter roger.

tVlieu, entièrement etc.

l-f^Sfô> numéraie.

^^Tlfi* diviser.

Quand bien même on connaîtrait sa langue, on n*aurait pas encore vaincu toutes les difficultés que présente la traduction des livres lolos ; il en existe d'autres que je vais expliquer en quelques mots.

1®. La première est de savoir où commence, où finit une phrase. L'habitude invétérée qu'ont les lettrés lolos de lire leurs livres par coupes de cinq caractères les a obligés à ajuster plus ou moin^ le sens à cette mesure.

Ici, vous avez un mot de moins qui aurait précisé l'idée, là, un mot de trop qu'il ne faut pas traduire;, et, comme la langue

l'écriture des lolos. 67

fourmille de mots composés, vous serez parfois obligé de découvrir sous un seul caractère le sens résultant de trois mots réunis.

2®. Beaucoup de locutions ont vieilli, d'autres ne sont employées que dans certains pays, d'autres enfin se sont perdues ou se sont éteintes. ^

Les livres, eux, ne changent pas; ils sont copiés tels quels, sans aucune intelligence du texte et sans souci de comprendre, mais comme beaucoup de ces livres se répètent, il n'y a plus qu'une étude comparée qui puisse vous permettre de saisir le sens de beaucoup de phrases.

3®. Comme tous ces livres sont manuscrits, des caractères ont dû être changés, d'autres omis, parfois des lignes entières oubliées. Il serait bon de recourir aux manuscrits les plus anciens; mais comhie les dates sont nulles ou très vagues, force est bien d§ s'en tenir aux conjectures.

4®. Enfin une dernière difficulté, ce sont les- caractères euxmêmes; ils ne sont ni absolument idéographiques, ni absolument phonétiques; aussi on est embarrassé de savoir sous quel aspect il faut les prendre. Le mieux serait de se faire lire le livre, si Ton pouvait trouver un lecteur assez intelligent pour couper les phrases selon le sens et non selon la mesure. *

Mais c'est impossible, mille fois plus impossible que de lire des vers français sans s'occuper de la rime.

J'espère toujours découvrir tôt ou tard un livre dont la traduction puisse m'ouvrit quelque porte sur l'histoire du peuple lolo, mais j'ignore où et quand; et probablement ce ne sera pas dans les montagnes que j'habite actuellement.

Au fond les Lolos ne connaissent que la vie de famille, de village tout au plus; et tous les livres que je connais sont écrits pour cette vie : naissance, mariage, maladies, actes religieux, mort, telles sont les circonstances autour desquelles s'effeuillent les œuvres littéraires de ces minuscules républiques.

Par accident on découvre, éparses, quelques narrations plus élevées; mais encore sont-elles là pour expliquer la source ou les péripéties de cette vie intime d'un peuple patriarcal.

Sans doute, on trouve, dans une narration précédente, le nom de quelques rois; mais je crois que cette partie du texte est relativement récente et, peut-être, imitée de quelque conte chinois.

Les lettrés lolos n'écrivent pltfs, ils ne font que transcrire; il leur arrive cependant d'ajouter ce qu'ils croient être des explications, et le texte dont je parle eR est une.

Je ne l'ai pas écarté, par esprit d'impartialité; peut-être que d'autres ne penseront pas comme moi.

APPENDICE

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