‹ Les Lombards en France et à Paris (volume 2)Chapitre 11 sur 52 · PREFACE. XI · texte numérisé non relu

PREFACE. XI

qui ont été étudiés dans les savants ouvrages de MM. Mossmann : Les Juifs de Col ma r et d'Alsace, etc., 1886, in- 8°; Bardinnet : Les Juifs d'Avignon; Saige : Les Juifs du Languedoc; Malvezin : Les Juifs à Bordeaux, 1875, in-8°; Depping : Les Juifs au moyen-âge, 1825, in- 8°; Th. Reinach : Histoire des Israélites depuis leur dispersion, 1885, in-120, et dans la Revue des Études Juives. Dans cette dernière publication, disons-le en passant, un article de M. Is. Loéb sur les Livres de comptes des Juifs de Vesoul, nous fournit un détail d'une grande importance; il nous montre les Juifs de Vesoul empruntant de l'argent aux Lombards et réduit ainsi à leur juste valeur plus d'une théorie hasardée sur les luttes sourdes et les rivalités entre Juifs et Ultramontains.

Le Juif n'a pas eu à cette époque le rôle qu'on lui attribue : il a pu fournir jadis aux rois de France et d'Angleterre des agents capables de leur procurer certaines marchandises rares et précieuses, certains produits, certains bijoux; mais jamais nous ne le voyons se produire comme le Lombard et s'élever aux plus hautes situations du royaume.

Le Juif est serf, mainmortable, vendable, échangeable, sans patrie, sans droit de posséder des biens fonds, ni même de cultiver la terre pour lui; c'est un être méprisé et ridicule, quoique craint, qu'on reconnaît à son bonnet et à la roue obligée cousue sur sa poitrine.

La loi commune n'est pas laite pour le Juif, soumis à des lois d'exception, souvent au bon plaisir du seigneur ou de l'abbave dont il dépend. Il est exclu de toute charge publique et privée et ne peut prendre en gages ni terres, ni maisons.

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