‹ Les Lombards en France et à Paris (volume 2)Chapitre 12 sur 52 · XII PREFACE · texte numérisé non relu

XII PREFACE

S'il revient toujours après avoir été persécuté, martyrisé, chassé, c'est qu'il se trouve encore mieux en France, pays riche à cette époque et fertile en bonnes affaires, que dans les contrées'voisines où il meurt de faim.

Quand les malheurs s'abattront sur nous, pendant la guerre de Cent Ans, il s'en ira: il se souviendra alors de ces nations voisines où l'on ne vit pas aussi bien qu'en France, mais où du moins l'Anglais et le paysan désespéré ne sont pas là pour vous faire un mauvais parti. Il cherchera un refuge au-delà de nos frontières ou dans les pays encore, détachés du royaume tels que la Provence, la Franche-Comté, l'Alsace, la Lorraine, la Flandre, la Gascogne, qu'il sera forcé d'habiter à la suite de l'arrêt de proscription de Charles VI du 17 septembre 1394. Il n'en reviendra que sous Henri II (1552) pour n'avoir sa complète émancipation qu'en 1789.

Si maintenant nous regardons le Lombard, quelle différence ! Le Lombard a, lui aussi, prêté aux Français de grosses sommes, mais il faut savoir à quel moment, et dans quelles circonstances; il faut savoir à quelle catégorie de Français il a fait ces avances. C'est en Terre-Sainte, lors des croisades de Philippe-Auguste et de Louis IX, que les Français, les chevaliers français, se trouvent pour la première fois en contact avec le prêteur italien venu à la suite de ses compatriotes. Qu'on ne croie pas que ces prêteurs, ces financiers fussent les premiers venus; ils portent au contraire les noms des plus célèbres familles de Gènes et de Pise; ils ont des parents dans l'armée des Croisés : n'est-ce pas comme nous le rappelons dans notre premier chapitre, un Pazzi

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