PREFACE. XIII
des Pazzi qui plante, le premier, son drapeau sur le sommet de la muraille, lors de la prise de Jérusalem? Cette même famille des Pazzi, sous la forme cette fois d'une compagnie de marchands, se retrouvera plus tard, faisant des spéculations en France et à Paris, où Corso Donati sera leur associé.
Les relations d'amitié et d'affaires établies ainsi en Palestine ou en Egypte encouragèrent les Italiens; l'argent même, ainsi gagné avec l'assentiment du suzerain et des rois, servit à acheter en Orient des marchandises que ces industrieux Italiens vinrent plus tard vendre en Europe à ces mêmes Croisés dont ils avaient fait la connaissance sous les murs de Jaffa, d'Acre ou de Damiette. C'est dans ces relations qu'il faut, à notre avis, chercher l'origine du développement extraordinaire que prit le commerce des Lombards en France, en Angleterre, en Flandre, pays riches, pays privilégiés de l'époque pour toutes les branches de la production agricole et industrielle.
Le Lombard a encore sur le Juif, qu'on lui compare à tort, l'avantage de posséder un état civil; il est citoyen d'une république italienne, c'est-à-dire d'une de ces cités indépendantes ou communes, faisant « un commerce d'Etat qui était la condition même de leur vie, l'origine et le but de toutes leurs institutions. » Il est, de plus, patriote, puisqu'il est solidaire et de sa compagnie et de toutes celles de sa ville d'origine; bien plus, de toutes celles des Italiens ou Ultramontains en général. L'esprit d'association a développé chez lui le sentiment et l'idée de patriotisme : il a une patrie qu'il aime et qui le soutient.
Placé sous la sauvegarde des deux consuls de sa nation et du