‹ Les Lombards en France et à Paris (volume 2)Chapitre 14 sur 52 · IV PREFACE · texte numérisé non relu

IV PREFACE

capitaine des Ultramontains, il est, en outre, protégé par le Souverain Pontife, à qui il sert d'agent : n'est-il pas banquier de l'Église et changeur du Pape ?

Avant de s'établir dans un pays, il pose ses conditions, il exige des privilèges, et bien loin d'être l'objet du mépris ou de la risée, il est au contraire un objet d'envie pour sa richesse et ses immunités : exemption de la taille, du guet, du service militaire et d'une foule d'autres charges plus ou moins désagréables et plus ou moins onéreuses. Il peut même acheter le droit de bourgeoisie et se trouve alors soumis, comme les autres habitants, au droit commun. Il peut se marier dans la ville ou dans le pays qu'il habite avec une femme de la localité, il peut s'y établir; il est chrétien, bon catholique, fréquente les églises et fait des fondations. Il a même le droit d'être enterré dans les églises, puisque c'est grâce à ce droit que nous avons pu reproduire les pierres tombales de plusieurs Lombards. Il crée un collège à Paris; enfin c'est lui qui, par son activité, par ses associations, par ses fréquents voyages, est vraiment, en France, un des plus actifs promoteurs du développement commercial et par suite du crédit.

Le nombre et le montant des faillites supportées par les Lombards, les Bardi, les Peruzzi, les Frescobaldi, les Scali, les Buonsignori et autres, bref par toutes les plus fortes compagnies lombardes, sont la preuve la plus convaincante, sinon la plus flatteuse, du crédit qu'on accordait à ces marchands.

Les façons de procéder des Juifs étaient tout autres.

lit d'abord il leur était presque impossible de subir des t.iil-

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