H PREFACE
écrivain n'avait pris jusqu'ici la peine d'étudier spécialement le rôle capital joué par eux, en France, et particulièrement à Paris. Leurs noms se trouvent mentionnés dans toutes les histoires, dans toutes les chroniques, dans tous les mémoires, mais ces importants personnages y sont mal appréciés, méconnus ou, qui pis est, calomniés. Le jugement porté sur eux, presque toujours défavorable, est le plus souvent très injuste. Les uns les confondent sans distinction avec les Juifs dans les mêmes malédictions et les mêmes invectives; les autres prétendent que les Lombards se souciaient peu, en France, des anathèmes de l'Église, parce qu'ils étaient étrangers, comme s'ils n'avaient pas été bons catholiques, aussi respectueux que les Français du pouvoir de l'Église et des Papes; d'autres, enfin, les accusent de tous les crimes, de toutes les rapines, de toutes les malversations dans les finances publiques et de maints autres méfaits encore : assurément c'est aller trop loin, et nous croyons en donner des preuves irréfutables.
Un des auteurs qui se sont le plus occupés deux est Bourquelot : l'auteur de YÉtude sur les foires de Champagne ne pouvait passer sous silence les principaux clients de ces foires célèbres dans le monde entier; mais ce qu'en dit Bourquelot malgré ses consciencieuses recherches est loin d'être complet.
Nous n'avons pas la prétention d'avoir épuisé la matière sur ces marchands-financiers, ni sur le rôle qu'ils ont joué dans notre histoire ; nous sommes persuadé qu'après nous il y aura plus et mieux à taire qu'à glaner : des documents qui nous sont restés inconnus jetteront de nouvelles lumières sur la ques-