IV PREFACE
Autre a été notre effort. Guidé par de premières indications, souvent très vagues, un nom, par exemple, un simple nom à tournure italienne; attiré et encouragé par les premières trouvailles, nous avons recherché, à travers les documents les plus variés, les plus différents d'origine et de caractère, dans des documents français ou étrangers — italiens et anglais souvent — la trace des Lombards installés en France. Les retrouver, les découvrir sous le masque des noms défigurés ou des pseudonymes; établir leur origine, leurs relations mutuelles d'affaires ou de parenté, leurs rapports avec les Français et avec leurs compatriotes; les suivre dans leurs pérégrinations fréquentes; reconstituer pièce à pièce, en un mot, ce que nous appellerons le « dossier » de ces personnages si importants, mais si peu connus : telle a été notre tâche.
Un exemple fera comprendre la méthode que nous avons suivie. Nous prendrons le fameux Mouche qui joua un si grand rôle de 1280 à 1308. Croit-on que sa trace n'apparaisse qu'en France ? Loin de là : nous le trouvons tantôt à Paris, tantôt à Florence, tantôt en Allemagne, tantôt en Flandre et encore ailleurs, et partout il a fallu le suivre, perdant et retrouvant sa piste.
Après avoir consulté les ouvrages français dans lesquels nous supposions trouver des renseignements sur les Lombards, nous nous aperçûmes que loin de se fixer parmi nous, comme on le croit généralement, ces marchands nomades conservaient toujours des relations avec les maisons-mères, c'est-à-dire avec les chefs des compagnies, restés à Florence, à Pise, à Sienne, à Gènes, etc. C'est par exception seulement qu'on trouve les