VI PREFACE
Lorsque notre premier travail sera complété par une seconde partie : Les Lombards che\ eux, dans laquelle nous nous occuperons de leur vie privée, de leurs habitations, de leurs opérations commerciales, de leur comptabilité, des moyens employés pour la tenir, de leur manière de calculer, de leurs marques et de leurs jetons, alors nous nous promettons de présenter, avec plus de développements et plus de preuves à l'appui, le rôle joué chez nous par ces étrangers.
Cette étude plus approfondie permettra entre autres, d'apprécier davantage, un règne capital dans notre histoire, celui de Philippe le Bel, ce personnage mal connu, ambigu et mystérieux encore aujourd'hui.
«Qu'il est difficile.» s'écrie Burckhardt, «en présence de l'insuffisance des sources historiques, de reconstituer, même à peu près, l'image d'un Frédéric II ou d'un Philippe le Bel!» Le savant historien de Bâle a raison; on sent, en effet, tout ce qui nous manque encore pour apprécier à sa juste valeur le règne de ce prince, quand on lit les études même les plus consciencieuses sur ce souverain et sur son époque. Au point de vue spécial qui nous préoccupe, nous tenons cependant à citer le nom de Boutade. C'est lui qui, dans La France sous Philippe le Bel, prend, le premier, la défense de deux de ces Lombards dont les noms se retrouvent inscrits a chaque page de l'histoire de ce roi : nous voulons dire Biche et Mouche. (iïiccio et Museititto.)
Depuis, des érudits de grand mérite ont dépouillé des fonds inexplorés et mis en lumière certains coins de l'histoire générale