‹ Les Lombards en France et à Paris [microform]Chapitre 16 sur 71 · fP. Anselme · texte numérisé non relu

fP. Anselme

Pour donner une idée approximative de l'importance de ce Lombard nous citerons les noms de quelques personnages avec qui 1 ait en relation d'affaires : Pierre, comte d'Alençon; Robert comte d'Artois; Gui de Dampierre , comte de Flandre; Je ni de Nesle, comte de Ponthieu, et Jean son fils, sire d Falvy^ de la Hérelle; Jean II le Bon, comte de Dreux; Guy V, comte d Saint-Pol Adam IV, vicomte de Melun ; Robert de Dreux; Eustache de Beaumarchais, sénéchal de Toulousain et Albigeois; Qlet de MiUy; Adam de Spies; Jean de Ville-Evrard; Jean et G aumrd'Y;rres, fils de Hervé ^'^e-s ; Jean d'Ambhmvd e ; les de Saint-Yon (bouchers de la grande Boucherie) Philippe, ptrr Jean et Philippe; Jean et Etienne Nevelon, Martm de Mantes Denis de Péroné, Jean le Sellier, Roger et Ronanimo San Richard de Bussy, le batteur d'archal J Brice, Robert de Bougival, l'orfèvre Nicolas Sanson, et enfin les noms plus connus de Jean de Pacy, de Jean Arrode, Etienne Haudry et Pierre Marcel, le grand-père du fameux prévôt, qui était drapier. Gandouffle prêtait encore des sommes d'argent aux villes de Dreux, Rouen, Poissy,Pontoise et à ses compatriotes, membres des Compagnies des Gagne-biens, et Guy Cavassole.

Dès 1288, dans un débat au sujet du poids du roi on lit les noms de Guil. Bourdon, le Jeune, gendre de Jehan Augier,

LOMBARDS CELEBRES

lOI

et ((Andream, valletum Gandtdphi ^^ (Olim). S'agit-il ici de notre Gandouffle?

On retrouve son nom mentionné à propos d'un procès avec Philippe de Sannois (?), le 2 février 1290. (Cart. de N. D.)

De plus, les comptes de la Chandeleur de février 1288 n. s. portent :

— Gandulphus deArcellis, pro debito comitis Alençonis 500 liv. (Pierre, comte d'Alençon, était mort le 6 avril 1284.) (L. De- LisLE, Mémoires sur les opér. fin. des Templiers. Mém. de VAc. des I. et B. L, t. XXXIII, 2' partie, 1889.)

— Mutua reddita pluribus personis de diversis bailliviis Gandulfo de Arcellis 800 1. (B. N. V. fr. 20683, p. 5. r°.) — (Hist. des Gaules, t. XX.)

Dans les comptes de Robert Mignon, à la date de 1297 -

Compoti bonorum Gendulphy de Arcelli, Lombardi.

Gandouffle possédait des propriétés à Ville-Évrard (A, N. JJ. 41 et 42.) et à Neuilly-sur-Marne, où il avait six maisons, dix arpents et demi de vignes, dix arpents de terre arable et un quartier et demi de pâturage.

A sa mort, Philippe le Bel fit acheter ces biens pour en doter le monastère des Dominicaines de Poissy; mais comme ils ne furent pas trouvés à la convenance de cette maison, nouvellement fondée par saint Louis, le Roi donna mandement, en 1309, à frère Renaud d'Aubigny, qui en était le prieur, de revendre les moins profitables.

Les acquéreurs furent Mathieu de Thotée et sa femme, qui paièrent 350 1. p. — Poissy, mars 1309. (A. N. JJ. 42,

Gandouffle mourut vers 1308. Nous avons découvert son tes-> tament, que nous pubHons en entier. Nous avons, en outre, des lettres de Philippe le Bel à ses gens de finances concernant sa succession : nous les donnons également. (JJ. 48, f. 7 v°. — Communiqué par M. F. Funck-Brentano.)

LES LOMBARDS A PARIS

Biche et Mouche.

Une des plus grandes calomnies de l'histoire est certainement celle qui a, sur quelques vers de Dante, ce gallophobe, infligé à Philippe le Bel le surnom de faux-monnayeur <'>.

« On connaissait si peu l'histoire de nos monnoyes avant le règne de ce prince, dit Leblanc (dans son Traité historique des Monnaies, Paris, 1690, in-4), que de fort habiles gens ont cru qu'avant lui elles avaient toujours été d'argent fin, et que Philippe le Bel fut le premier qui les altéra en mettant deux tiers de cuivre avec un tiers d'argent. Cette opinion est contraire à la vérité. »

S' Bicii Gvidonis de Figlino. (A. "N. J. 474, n" 31. Un grand nombre de jetons portent un écu analogue à celui-ci.

Sceau de Biche.

M. de Saulcy, dont personne ne récusera la compétence en semblable matière, a prouvé la fausseté de l'accusation. (De Saulcy, Philippe le Bel a-t-il mérité le nom de fanx-monnayeur. Bibl. de rÉcole des Chartes, t. XXXVII, 1876, p. 145.)

Sur sa demande, M. E. Peligot, directeur du laboratoire de la Monnaie de Paris, a démontré par l'analyse que l'aUiage des « gros tournois », monnaie d'argent, variait de 927 à 955,5. Ils renferment même un millième d'or dû à l'imperfection du traitement de l'époque.

(i) . Oh! quel deuil répand aux bords de la Seine le taux-monnayeur qui mourra frappé par un sanglier. » {Purg., ch. XX.) Le Roi fut en effet jeté à terre aux bords de TOise par un sanglier.

LOMBARDS CÉLÈBRES

M. de Saulcy conclut ainsi : « Philippe le Bel est loin d'avoir mérité le titre ignominieux de roi taux-monnayeur. »

« Ce prince eut recours à toutes sortes d'expédients financiers: emprunts forcés, obtenus par la menace ; taxes sur les Juifs, et ce qui est plus grave, altération des monnaies. Ce n'est pas que le Roi se soit fait iaux-monnayeur, car il n'a jamais trompé sur la composition de sa monnaie. Il lui donnait, par une déclaration publique, une valeur nominale, difi'érente de sa valeur réelle, l'abaissant ou la haussant à son gré

A plusieurs reprises, il émit des pièces dont la valeur intrinsèque était inférieure des deux tiers à la valeur d'émission. » (V. DuRUY, Hîst. de Fruftce. Paris, 1885, p. 42.)

[S'] MVSC[HIATTO GVIjDI DE FfIGLINO].

Même provenance que le précédent.

Sceau de Mouche.

Ces réflexions nous sont suggérées par les attaques dirigées, sans motif plausible, contre les financiers qui lui prêtèrent leur concours et en particulier contre les deux Lombards dont nous nous occupons. t

« On a eu tort, dit M. Renan, de présenter uniquement ces personnages comme des agents de fraudes et de rapines. .» M. Renan a raison et on peut, sans crainte de se tromper, affirmer que les financiers de cette époque valaient, comme moralité dans les transactions, ceux de la nôrre. Mouchet, nous le verrons plus loin, s'était opposé à l'altération des monnaies. (Histoire littéraire de la France, t. XXVII, p. 243. Guillaume

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