‹ Les lorrains, vaudeville en un acteChapitre 3 sur 18 · BERTIN, GERMON, BOBINO · texte numérisé non relu

BERTIN, GERMON, BOBINO

BOBINO, entrant le premier et parlant ti Germon, Par ici , monsieur , nous y v'ià.

BERTIN

Quoi , c'est vous , monsieur.

GERMON, Las à Berlin.

Silence , mon cher Berlin , je ne veux pas êlre connu. . . je SUIS à vous dans un instant.

BOBINO, à Berlin, Pardon, excuse, monsieur le cadasireux, mais c'monsieur est l'homme d ^affaires, envoyé parle nouveau propriétaire^ et j 'lui donne des renseignemens.

Ah! monsieur est Thomme d'affaires.

( Germon lui f ail signe de se taire, ) BOBINO, il Germon, Voilà la ferme de Maihurine , une brave femme qui a une jolie fille. . . là-bas dans le fond, c'est V moulin du vieux Futé, un richard; et sur la hauteur, c'est la maison de Rousselet , un ]mme malin qui n'est pas riche , mais qui f ra son chemin.

GERMON

Je le remercie , mon garçon ... et toi tu es de ce villagef

BOBlNO.

J'avions dans V tems un peu d' bien de |feu not' père , mais not' mère a pris un second mari qui lui a tout mangé , si bien que j' sommes obligé de travailler pour les uns et pour les autres , tantôt par ici , tantôt par là ; je n' tenons à rien ni à personne.

A personne'

GERMON

BOBlNO.

Ah! si. . . si. . . faut que j' vous Ta voue, car vous m'avez Tair d'un brave jeune homme. . . iî gn y a encore dans V pays quelqu'un à qui que je tiens -, mais ce quelqu'un-là ne s'en doute pas. . . et il n' s'en dout'ra p'têtre jamais. . . ( à r oreille de Germon,) C'est la p'tit' Fanchett' , la fille de Mathurine.

GERMON

Tu l'aimes?

BOBlNO.

Oh! d'une fière force.

Air ; Vn homme pour faire un tableau.

Je l'aim' comin tout , elF n'en sait rien , M'aim*-t-eir ? j*en sais pas davantage.

GERMON

Il faut parler.

BOBINO

Je lésais bien.

Mais jamais j' n'en aurai F courage.

GERMON

Il est un moyen plus heureux»

Pour savoir si son cœur soupire * Tâche de lire dans ses yeux.

BOBINO

Oui, mais c/est que je n' sais pas lire. GERMON , riant.

Mon garçon , il ne faut désespérer de rien. ( lui donnant de r argent^ Tiens, voilà pour boire.

BOBINO , montrant une pièce de cent sous^ Cent sous !.. oh ! j' boirai pas tout.

GERMON

Ne t'éloîgne pas , j'aurai peut-être besoin de toi . . .

Ça suffit... je travaille là à côté, dans le p'tit pré. . . Si vous avez besoin encore de quelques renseignemens , ne vous gênez pas... je m' sens porté d'inclination pour vous obliger . . . parce que vous avez des manières ... et des pièces cent sous.. , enfin voilà... vous pouvez compter sur moi. {ilsortj)

Page 1