BERTIN, GERMON, BOBINO
BOBINO, entrant le premier et parlant ti Germon, Par ici , monsieur , nous y v'ià.
BERTIN
Quoi , c'est vous , monsieur.
GERMON, Las à Berlin.
Silence , mon cher Berlin , je ne veux pas êlre connu. . . je SUIS à vous dans un instant.
BOBINO, à Berlin, Pardon, excuse, monsieur le cadasireux, mais c'monsieur est l'homme d ^affaires, envoyé parle nouveau propriétaire^ et j 'lui donne des renseignemens.
Ah! monsieur est Thomme d'affaires.
( Germon lui f ail signe de se taire, ) BOBINO, il Germon, Voilà la ferme de Maihurine , une brave femme qui a une jolie fille. . . là-bas dans le fond, c'est V moulin du vieux Futé, un richard; et sur la hauteur, c'est la maison de Rousselet , un ]mme malin qui n'est pas riche , mais qui f ra son chemin.
GERMON
Je le remercie , mon garçon ... et toi tu es de ce villagef
BOBlNO.
J'avions dans V tems un peu d' bien de |feu not' père , mais not' mère a pris un second mari qui lui a tout mangé , si bien que j' sommes obligé de travailler pour les uns et pour les autres , tantôt par ici , tantôt par là ; je n' tenons à rien ni à personne.
A personne'
GERMON
BOBlNO.
Ah! si. . . si. . . faut que j' vous Ta voue, car vous m'avez Tair d'un brave jeune homme. . . iî gn y a encore dans V pays quelqu'un à qui que je tiens -, mais ce quelqu'un-là ne s'en doute pas. . . et il n' s'en dout'ra p'têtre jamais. . . ( à r oreille de Germon,) C'est la p'tit' Fanchett' , la fille de Mathurine.
GERMON
Tu l'aimes?
BOBlNO.
Oh! d'une fière force.
Air ; Vn homme pour faire un tableau.
Je l'aim' comin tout , elF n'en sait rien , M'aim*-t-eir ? j*en sais pas davantage.
GERMON
Il faut parler.
BOBINO
Je lésais bien.
Mais jamais j' n'en aurai F courage.
GERMON
Il est un moyen plus heureux»
Pour savoir si son cœur soupire * Tâche de lire dans ses yeux.
BOBINO
Oui, mais c/est que je n' sais pas lire. GERMON , riant.
Mon garçon , il ne faut désespérer de rien. ( lui donnant de r argent^ Tiens, voilà pour boire.
BOBINO , montrant une pièce de cent sous^ Cent sous !.. oh ! j' boirai pas tout.
GERMON
Ne t'éloîgne pas , j'aurai peut-être besoin de toi . . .
Ça suffit... je travaille là à côté, dans le p'tit pré. . . Si vous avez besoin encore de quelques renseignemens , ne vous gênez pas... je m' sens porté d'inclination pour vous obliger . . . parce que vous avez des manières ... et des pièces cent sous.. , enfin voilà... vous pouvez compter sur moi. {ilsortj)