‹ Les lorrains, vaudeville en un acteChapitre 6 sur 18 · ROUSSELET, FUTÉ · texte numérisé non relu

ROUSSELET, FUTÉ

FUTÉ. Il entre en chantant.

Ai il : connu.

Nous nous Verrons demain Sur le champ de bataille , INous nous verrons demain.

Les armes a la main , etc.

hes Lorrains, a

ROUSSELET

Arrive donc , Fulé ! arrive donc , j'peux pas t'nîr en place , uioi ; il fauï convenir de nos faits.

FUTÉ , aoec colère.

Me v'Jà , me v'ià ; c'est tout convenu.

HOUSSELET.

Je sais bien, mais tu m'as embarqué dans une vilaine affcire, et j'craignons. . .

FUTÉ

Quoi que tu crains. ^^ j'allons parler à monsieur le cadas- Ireux pour qu'y nielle la moitié du morceau de terre sous ton nom, et Taulie sous le mien, et ukc fois que le Maire et le Préfet y auront passé , ça nous vaudra un bon acte.

ROUSSELET

Si jamais monsieur Germon venait à savoir. . . ah! mon dieu. . tiens , si lu veux rendre ta part, je serais bien disposé à rendre la mienne.

Est-ce que tu perds la tête ? j'aurai bien fumé , bien labouré c'ie terre pour un autre que moi ; allons donc , tu veux m'éprouver.

ROUSSELET

Nous n'avions qu'à la laisser à son véritable maître.

FUTÉ

Que l'es donc obstiné ! . . Ecoute , partons d'un principe : au commencement du monde , il y a déjà queuqu' temps, les terres n'appartenaient à personne ; quand on venait on en prenait ce qu'on voulait. . . toi t'en aurais pris une vingtaine d'arpens, mol une centaine, et je n'aurions pas fait crier pour ça.

ROUSSELET

Oui, mais aujourd'hui que tout est pris , qui n^'y a p!u« rien à prendre ...

FUTÉ

Oh ! c'est à savoir ; pourquoi y en a~t-il qui en ont plus que les autres ?

ROUSSELET

Cest pas une raison ça, parce que lu en as plus que mol , j'peux donc t'en prendre ?

FUTÉ

Oh! c^est bien différent, je sais la terre que j'ai, moi, parce que jç la cultive moi-même. .

y ROUSSELET.

^ SI je suis coupable c'est bien ta faule , lu me disais lo^is les jours : tiens, Rousselet, vois donc comme je gagne ie mon côté , gagne donc aussi du tien.

Air : du Tra la la.

Je gagnais.

Tu gagnais , Nous gagnions sans aucun frais ,

Et j'allions si bon train , Qu j'avons mangé tout V terrain.

FUTÉ

Queuqu' fois parlant d' probité ,

De vertu , d* fidélité ,

Je voulions en rester la , Mais tout en nous disant ça . • .

ENSEMBLE

Je gagnais , etc.

ROUSSELET

J' te disais c' n'est pas notr' bien , Tu conv'nais que c* n'était pas bien.

Mais en t' voyant t'agrandir , Moi , j' tâchais de m'arrondir, . .

ENSEMBLE

Je gagnais, etc.

FUTÉ

Si j'pouvîons seulement arranger ça avec notre cadastreux , le diable n'y verrait rien ; mais si nous ne nous soutenons pas tous les deux. . .

ROUSSELET

Monsieur Germon n'a qu'à apprendre la chose, il est dans son droit, et j'aurons beau nous soutenir.

Imbécille , nous nous retournerons, j'y enverrai ma mère et mon oncle Rigaut , avec leurs cheveux blancs^ ils pleureront , ils l'attendriront , et puis ça sera fini.

ROUSSELET

Est-tu ben sûr de ça ?

FUTÉ

Si j'en suis sûr. . . heini laisse -toi donc conduire.

Air : du Bouffe.

Dans c' monde où 1' gain tourne la tcte , Toujours se montrer probe , honnête , S'rait un plaisir sans contredit.

S'il y avait scurment queuqu profit.

Mais vois-tu, bien' la conscience Est comme un' maison de plaisance , Ca coûte beatlCoup d'entretien Et ça n^ rapporte jamais rien, {bis.)

Mais tais-toi , v'ià du inonde î

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