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LOUISIANAISE ONZIEME

Rédacteur du Courrier des Etats-Unis.

Sur le mutisme obstiné de sa lyre.

Eh quoi! Pygraalion rougit de Galalhée!

Tu la voiles aux yeux de New-York hébétée! L'Américain, dis-tu, rirait de tes transports. Amij tu faux: d'Irving il est encor des frères; Il est encor du sang qui bat dans les artères, Parmi les tombeaux et les morts!

Oui, plus d'une ame haute à longs flots boit l'absinthe Quand le barde se tait, lorsque la lyre sainte Le cède lâchement à Rothschild ou Carrel; Q,uandla halle ou la banque à sonparvis t'invite; Q,uand Mercure, ton dieu, du ciel te deshérite, Q.uand tu n'es plus un immortel !

Oh! transforme Carthage (1) en Athènes ou Rome! Redeviens ce que fut Frédéric! plus qu'un homme!

(I) New- York.

due le chat-huant fuie à l'aspect du condor! Q,u'une colonne, au moins, soit au barde fidèle Dans ce brillant feuillet, sublime sentinelle De la France! et non d'un sac d'or.

Mais, qu'ai-je dit? mon vers, dans sa fièvre, s'égare; Non, tu n'as point proscrit la gloire et la cithare! Non, tu^n'es point ce bras (l)qui Chénier détrôna! Si tn ne parles plus comme Hugo, Lamartine, (2) La vaste amphore d'or de ta langue divine . Verse aussi l'Hy mette ou l'Etna! (3)

Chateaubriand, pour plus d'une sublime lyre. N'est-il pas Alexandre aux portes d'un empire? Tu n'as donc point trahi ton noble apostolat! L'auréole toujours scintille sur ta tempe! Ta prose, qui d'éclairs entretient cette lampe, *" De cent rimeurs pâlit l'éclat! (4)

(1) Robespierre.

(2) Allusion à une Rplendide pièce de vers composée par M. F. Gaillardet, pour l'album d'une dame louisianaise aussi notoire par ses vertus et ses talents que par sa beauté.

(3) Le miel ou la lave. Note pour les rococos.

(4) Qui n'a pas applaudi jusqu'à rouges mains les poétiques portraits de MM. Preston, Soulé, &c.

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