‹ Les louisianaisesChapitre 18 sur 25 · LA MORT · texte numérisé non relu

LA MORT

Seigneur, fais pour mon sein que la mort soit sans bond !

Au fleuve de ton sang j'avais lavé mon front,

Mais je me suis sali depuis comme un reptile

Q.ui se vautre à cœur joie en une fange vile.

Faut-il encor ton sang pour me purifier?

Je tremble à ce penser! ce doute fait ployer,

Sous son noir ouragan, ma délirante tête,

Q,ui ne peut plus tenir au choc de la tempête.

Seigneur, sur mon forfait fais pleuvoir ton pardon ! C'est à l'homme en haillons que chacun jette un don !

J'ai beau m'épouvanter en contemplant mon crime, Q,ue toujours de sa voix l'espérance m'anime. L'espérance ! " allumant, comme Campbell l'écrit, Sa lampe au grand bûcher du Monde, qui périt ! " (*) Vierge qui nous soutient quand l'Univers s'écroule ! Vaste océan sans fond, que notre tombe foule 1

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Q,uc ne puis-je arracher le masque de mon sort !

Q,ue ne puis-je plonger aux secrets de la mort !

La mort! seul vrai Protée ! assumant une face

Ou d'ange ou de démon quand nous lui crions : Grâce î

Pour l'ame grand miroir qui lui montre ses traits;

La laideur qui l'entoure, ou ses divins attraits!

La mort tout ! la mort rien ! fugitive et perfide !

Q^ui fait, quand je la tiens, que ma main lient le vide !

Menteuse qu'Arago n'ose point attaquer^

Lui qui force le ciel à lui tout expliquer !

Seigneur, pour moi, qu'au front la Mort porte une étoile! due je batte des mains quand tombera son voile!

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