LA MORT
Seigneur, fais pour mon sein que la mort soit sans bond !
Au fleuve de ton sang j'avais lavé mon front,
Mais je me suis sali depuis comme un reptile
Q.ui se vautre à cœur joie en une fange vile.
Faut-il encor ton sang pour me purifier?
Je tremble à ce penser! ce doute fait ployer,
Sous son noir ouragan, ma délirante tête,
Q,ui ne peut plus tenir au choc de la tempête.
Seigneur, sur mon forfait fais pleuvoir ton pardon ! C'est à l'homme en haillons que chacun jette un don !
J'ai beau m'épouvanter en contemplant mon crime, Q,ue toujours de sa voix l'espérance m'anime. L'espérance ! " allumant, comme Campbell l'écrit, Sa lampe au grand bûcher du Monde, qui périt ! " (*) Vierge qui nous soutient quand l'Univers s'écroule ! Vaste océan sans fond, que notre tombe foule 1
•) Tliou. iiiKlisiuayM, sliult ircr (lie ruins sinilo, Aii.i ïi;ilii tliy lôrcli at Natuic'ri fuueral pile !
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Q,uc ne puis-je arracher le masque de mon sort !
Q,ue ne puis-je plonger aux secrets de la mort !
La mort! seul vrai Protée ! assumant une face
Ou d'ange ou de démon quand nous lui crions : Grâce î
Pour l'ame grand miroir qui lui montre ses traits;
La laideur qui l'entoure, ou ses divins attraits!
La mort tout ! la mort rien ! fugitive et perfide !
Q^ui fait, quand je la tiens, que ma main lient le vide !
Menteuse qu'Arago n'ose point attaquer^
Lui qui force le ciel à lui tout expliquer !
Seigneur, pour moi, qu'au front la Mort porte une étoile! due je batte des mains quand tombera son voile!