‹ Les louisianaisesChapitre 4 sur 25 · L'IMPARTIAL A SES ABONNÉS · texte numérisé non relu

L'IMPARTIAL A SES ABONNÉS

L'homme, pourqui toujours le présent est sans charme.

Appelle l'aven r! son cœur, de nouveau,, s'arme

De l'espoir irisé! L'avenir, se dit-il,

Pourra seul compenser mon présent puéril;

L'avenir verse'a son miel dans le calice

Où le présent me fait aspirer son supplice.

— Ainsi, pour nous, l'année est ce triste circuit

Oià Satan, voyageant, ne trouvé que la nuit;

Et lorsQu'enfin le jour, de ses flots de lumière,

Inonde tout-à-coup .?on avide paupière,

Il e'écrie : O soleil, ô «scintillant géant,

Je me croyais ton maître, et tu me fais néant!

Ainsi donc,^ô Seigneur, de calculs mensongers, Sur les flots-de la vie, insensés passagers, Nousjaous berçons sans cesse, et méprisons la brise Dont l'aile, à notre avis, tiop légèrement frise La blanchis?an.le voile, au beau sein arrondi. Cest l'autan que-voudrait notre cœur attiédi ! — C'est l'orage qu'il faut, la fougueuse tempête, Q,ui, seule, vite, au port ferasurgir-ma lête!

— fée ditThorame.— :En avant! toi, mugis, océan.

Bondis, puissant coursier, alors que l'ouragan,

Ton hardi maquignon, te fouette et te harasse;

Fais voler, tel qu'un char^ le vaisseau vers la place

Où tendent mes désirs. Comme Achille, je sais

Q,uc les ans ne sont rien pour qui vit sans hauts-faits!

Viennent donc dos pensers qui fatiguent mon ame!

Pour être heureux, je veux que mes jours soient de flamme!

Et, Cyrus ou Cromwell, il me faut mépriser

Tout objet obtenu, qui finit par blaser'.

— Enfin, la voilà donc, cette nouvelle année! Pour le bonheur, au moins, que s^a fleur soit glanée! N'allons plus, comme avant, à nos pensers de fi^l. La flétrir, quand V abeille y peut trouver du mieU Enrayôi\s, s'Use peut, cette ardeur insensée. Mercure au pied .ailé, par le désir poussée Vers descieux dont jamais ne luit pour nous Péclat, Et que nos jours présents cessent d'être un combat.

Moraliste assumant, quelle erreur est la tienne! Laisselê genre humain suivre sa marche ancienne! Tu voudrais, au compas de ta faible raison, Limiter le bonheur, Técrouer en prison?

Des sentiers rocailleux de la philo<!Ophie,

Le " soc dé la pensée " à la fin se défie;

Plongeons le dams un champ' plus vaste et plus moelleux:

Dirigeons notre nef sur l'abymeécumeux;

Laissons la, comme un cygne, effleurer le rivage. Ou bondir, loin déterre, au milieu de l'orage.

Pour définir la vie, ignorants ou savants

En vain s'évertùraient : tels qu'un lys dans les vents ,

Tourmentés, fatigués, à l'amertame en butte,

Ils penchent vers la tombe, où finit toute lutte.

duand la sagesse, hélas! ne fait que sommeiller,

due chacun reste donc son propre conseiller;

due chacun pèse donc aux plateaux de son ame.

La plus juste balance, et l'or et l'amalgame;

d'i'il marche où le conduit sa boiteuse raison;

d'^i'il habite sa tonne, ou sa vaste maison:

d'i'ilsoit ou Diogène, ou le grand Alexandre.

Son bonheur, quoi qu'il fasse, est toujours de la cendre!

Le vautour va chercher ces horribles festins Où des lambeaux pourris gorgent ses intestins; La mouette, en criant, se tient près du rivage; Plus loin, sur les grands flots, l'hirondelle sauvage Accompagne la nef dans son rapide essor; Il faut au rossignol le printemps, un ciel d'oi; A l'aigle, tout l'éther! et la fange à la taupe, Où dort incessamment sa paupière myope.

La baleine, elle, boit largement le long flot, Puis le rejette au ciel! en retombant bientôt Comme Niagara, cette onde poussiéreuse Couronne d'arcs-en-ciel l'atmosphère brumeuse! Ainsi le grand poète, absorbani terie et cieux, En fait jaillir vivants cent tableaux radieux.

Un journal varié comme l'humaine espèce, L'agenda du commerce et de l'i noble ivresse Des enfants de la lyre, est étayé par vous. Tfel que le messacer que, malgé son couroux, Dieu mit ai. grand vaisseau qui repeupla la terre, Colombe saluant notre ciel littéraire,

L'Impartial offrit et la palme et le prix

A tous les jeunes cœurs qu'inspirent les péris.

aussitôt cent beaux jets naissent des fronts créoles,

Pallas de la pensée! appelant ces symboles

aui couronnent toujours le tal mtvlorieux!

Aussi comme il est fier, ^omme il est radieux.

Cet écrin, que coquette, avec le typographe.

L'écrivain distingué qui prit pour épigraphe :

Respect, raison, conseils au rival blavc ganté,

Mépris, pitié, silence au preux décolleté!

LOIISIANAISE TROISIEME.

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