LA LOUISIANE EN
L'Europe se disait : — L'indoctp Louisiane, Uu îrali<\ (]o la paille est seulf fourtisanc
20 LES LOUISIAIN AISES.
Ce peuple, en son orgueil^ s'il est dieu, c'est Apis, — Aujourd'hui, sans mentir, de stupeur qui raccuseï Les âmes de nos fils ont laissé pour Vauclusc, Leurs fétides étangs croupis.
Je plantai le premier l'arbre dont le feuillage Au milieu du désert raviva le Sauvage.
Uuc oasis, dcptiis, en étendit le front : Des flots de poésie ont grossi notre fleuve; Comme Memnon, de voix Orléans n'est plus veuve, Du Sort elle a lavé l'affront.
Mon pays, gloire à toi! Sur la plage divine ( 1 ) Hugo, Barthélémy, Beranger, Lamartine Sont les seuls dont un astre entoure le cerveau. D'hommes dos millions, et quinze cents années N'ont produit, de nos jours, que quatre lyres nées Pour pleurer au dernier tombeau!
Parmi cent autres cœurs, mendiants de la gloire, Q,ui m'en peut citer un dont le sistre noton-e Combattrait en champ-clos le cri de nos aiglons? Plongez dans leur génie, et voyez si l'aurore, Quand l'ouragan l'étreint, n'est pas moins incolore Q,ue ces blafards porte-haillons. (2)
(1) La Franco.
(2) Personne, jo pense, ne sera assez Crétin pour confondre avec ces rimeur.s, Delavigne, Sainte-Beuve, Barbier, De Musset et De Vigny; poètes du second ordifc, pt que nous... mais la Louisiane est encore au berceau; quand clic comptera quinzis siècles!...
LOLISIANAISE SEPTIEjIE.
À l'auteiu d'im; pièce de vers intitulée: doute, foi, extase.
O toi, chantre divin, à la lyre perlée, Mon ame avec la tienne au ciel s'est envolée! Comme toi, j'ai donc vu le radieux séjour Où règne avec Dieu seul l'inaltérable amour! J'étais dans la tempête, et j'ai trouvé le liavreî Je ne veux plus aimer une femme-cadavre, Et souffrir un rival dans un sombre cercueil, Clui, pour me l'enlever, viendra forcer mon seuil: Désormais, je veux boire à l'éternelle joie, au'aux seuls cœurs épurés un Être pur envoie. Arrière donc, charnel et passager plaisir, Q^u'à toute heure, la mon épira pour saisir!
Mais, tu dis qu'on remarque en tous lieux ton allure.
Et qu'on pense : '' Il est fou! " quand surgit ta figure!
Va, tant mieux, c'est qu'ami, tu ne ressembles pas
A ceux que lu surprends par ton œil et ton pas.
Être fou, dans ce cas, c'est dépasser la foule
Par son haut jugement qui, ce qu'elle aime, foule!
C'est être vraiment grand! c'est avoir la raison
Q.ui de l'ame et du cœur recule l'horizon;
C'est voir, quand, pour les nains règne une ombre profonde;
TN'st pc'ipler de flambeaux la nuit d'un nouveau monde!
Et les vrais fous, alors, sont ces fils de l'égoùt, (iui Doniment fou celui qui méprise leur goût.
Va, poursuis ton essor, noble fils du génie! Verse, verse toujours ta sublime harmonie! Je suis fier qu'un Créole ait un luth dont la voix Rappelle et Lamartine et saint Jean à la fois! Ton triompe est complet, car ma charnelle muse, Pour plonger avec toi dans ton divin VArcLUSE, Vient de jeter aux vents ses sales ornements, Sa robe de luxure et ses vils diamants.
Mais, si le doute aff'reux off*rait encor Tenirave A notre ame, autrefois sa proie et son esclave'?... Comme Philopœmen au milieu des combats, Nous briserions le dard qui cloftrail notre pas!
Oui, Castor et Poliux de la lyre immortelle, Nous combattrons tous deux poui la gloire étenelleî D'une main, nous tiendrons ce prestigi*:ax bois, Fer vainqueur, par lequel le Christ coiïquit nos droits! De l'autre, le seul luth qui donne l'auréole Dont jamais ne mourra le glorieux symbole!
LES LOUISIANAIÎSE3. 23'
LOUISIANAISE IIIITIEME.
IC'iOR HlGu.
Apres u/i<- vingH'^ine léctufé .Jeg uîuvrerf poéciques île cd auteur.
Prestige du génie' Personne ne se souvient des fliscDurs qiir nous tenions autour de la tabli: du prince de Meltemich : aucun voyageur n'fntendra jamais chanter l'alouette <lans les charniis de Vpy«ne, sans st- rappeler J^lirikspeare. (^^HATSAi-aaiANu,
C'ongrende Vérone.
Je viens de lire Hugoî... Poètes, tous, arrière; Emportez avec vous vus menteurs ornements. Je ne veux désormais promener ma paupière
Q.ue sur l'or et les diamants.
Au lieu de mots pompeux, de l'ame à moi la pompe!
Il me faut la muse qui pompe
Non du vin, mais le nectar pur Que lui verse le ciel, et non pas Ganimède. Pour le divin Hui^o c'est Dieu même qui plaide.
Du haut de son trône d'azur!
Gigantesque penseur, Bossuet de la rime, Q,ui jamais t'atteindra dans ton vol glorieux! Milton même, Milton est moins noble et sublime Qu'un seul de tes chants radieux.
La nuit, lorsque tout dort, tu tiens debout mon ame!
Le sommeil fuit devant la flamme
Q,u'y fait étinceler ton vers.
Comme un nuage noir s'éclipse de la nue Pour laisser le soleil, dans sa lumière nue.
Inonder de feu l'Univers!
Tel que le fier géant que décrivit ta plume,
Il faudra, pour tombeau, qu'on te donne un grand mont;
Emblème du génie, oh le tonnerre fume!
Digne de receler ton front!
Sur ton cercueil viendra briller le salamandre.
Pour se réchauffer à ta cendre.
Comme sur celle de Rousseau!
due Byron nous peignit palpitante et brûlante. Des plus grands potentats la gloire est pâlissante
Près de ton magique bandeau!
Tout poète est à toi ce qu'était à cet homme
A la féerique épée, un trône étincelant:
Il brille! tu parais! il n'est plus qu'un fantôme;
Il meurt sous ton luth accablant!
S'il veut renaître, il faut que fuyant la sirène.
Domptant le charme qui l'entraîne
Vers le grand concert et l'écueil, Il se complaise en lui; qu'il ne tende l'oreille Q,u'aux vulgaires accords que sa lyre réveille,
dui flattent pourtant son orgueil!
Q,uand tu naquis, un ange était près de ta mère, Il t'ouvrit ses deux bras, et te mit au berceau. Dans tes yeux clos encor, sa divine paupière
Versa l'éclair de son flambeau.
Si l'ouragan mugit sur les flots de mon ame,
Tu domptes le vent et la lame,
Comme Neptune, avec sa voix.
Immortel Igaïe, aux accens de ta lyre, L'on voit frémir le vice et la vertu sourire,
Pour courber le Monde à ses loisl
Il te manque pourtant la plus belle couronne!
La seule qui jamais ne se doit dédorer :
Celle que la vieillesse au front d'Athènes donne :
Q,uatre mille ans, pour te sacrer! Le lichen que tu mis sur cette arche immortelle,
Où de la victoire dort l'aile !
Beau fût, '^[ui, pour être plus beau, Doit planer, tu l'as dit, sur Babylone en poudre; Sur Paris, dont l'oreille est fermée à la foudre,
Couché dans son vaste tombeau! (1)
Oh! les divins accords, la sublime Iliade due les vers dont ton luth dota ce monument! Q,uele Français soit fier! voici la Henriade
Digne de son enivrement.
Oui, pour la profondeur et la haute pensée.
Arouet, Niobé froissée,
<)) Quand nos fosses auront fait place à des sillons, Si, verslo suir, unhunimc assis sur la colline...