‹ Les lunettes des princesChapitre 9 sur 11 · Z LES LUNETTES · texte numérisé non relu

Z LES LUNETTES

Regnyant Dieu aucunesfois; Double contraire aulcun ne fois Que n^ailles à damnation, Se tu es d'Adam nation.

Pour le chemin des cieulx eslire.

Par escript povons veoir et lyre Quelle pugnition desservent Qui de telz cas au monde servent.

Se le prince avoitfaict edict Par lequel fust conclud et dict Que homme de jurer tant hardy Est sur peine de la hart, dy.

Ne fen sçauroys tu bien garder, Pour ta vie et santé garder?

Et vrayementje croy bien qu'ouy; Contre ce ne seroys ouy.

Car chascun craint pugnicion.

Et Dieu n'a rien pugny si on Ne Va grandement desservy.

Qui de sa grâce est desservy Se rend tantost à malle fin; Et cecy je te dy affin Que tu vueilles ades penser, Pour tes jours en bien dispenser

Des blasphemeurs ne sçay plus dire, Fors que souvent sont remplys d'yre; L'un dit : Ce n'est qu'acoustumance; Mais son orgueil Vacoustume en ce; Vautre ne peut vivre autrement, Ce dit il. L'un et l'autre ment. Car nul bien ne vient pour jurer.

Sinon souvent se parjurer.

Blasphèmes, luxure et hazart, A quoy t'applicques et as art.

Te rendront àlafai si vil Qu'il n'est droit canon ne civil Qui te sceust adjouster pardon.

Se Dieu ne le te fait par don.

Juremens sont donc de tel sorte QuHlfault que grant malheur en sorte En ame, corps, biens ou amys; Et cil qui son cueury a mis.

Force est que pénitence en face.

Ou jamais ne veoir Dieu en face.

Or disons encore en ce point:

S'un homme qui, ne jurant point, Àvoit chascun jour entre mains Cent escus de don pour le mains, Qu'aulcun grant seigneur luy donnast.

Affin qu'il ne s'abandonnast

A ce péché désordonné, .

Et qu^il eut ades or donné

Pour luy faire ung si beau deffroy,

Devr oit-il plus faire d'effroy

De jurer et avoir Vart gent.

De paour de perdre tel argent

Et du seigneur la bonne grâce?

Las! il seroit bien ingrat se

Ne se vouloit du tout soubmettre

A luy, et ses vertus sus mettre.

Pour luy faire honneur et service,

Car ce seroit donc au serf vice

Qui ne serviroit bien son maistre,

Le temps qu'il pourroit sans somme estre

Ou occupé pour autre affaire

Honneste et nécessaire à faire.

Se tu avois bien aprins ce,

Que, de paour d'offenser le prince.

Ou pour gaigner si bonne somme

Que cent escuz tous les jours, somme,

Tu devrois ne jurer jamais,

T'en garder ne vouldras ja; mais

Enfer est ce que tu attens :

Pouryoye y tant que tu as temps.

Laissons orgueil et sa séquelle, Car peine en viendra Dieu scet quelle; Mais, tost auras tu milité L'ennemy, par humilité Ceste leçon donc apprendras; C'est le bon chemin qu'à prendre as.

Secondement, escheve envie, Car, tant que la tiendras en vie Et vouldras user de ces sertes, Ton estât en vauldra moins certes.

Envye trompe l'envieux Tant que les jeunes voit l'an vieulx Devenir, quant el les a tainctz, Devant qu'ilz ayent grans ans attains.

Soye joyeulx du bien à aultruy; S'a l'ung fiz bien hier, à l'autre huy Fay : charité f enseignera.

Et la main Dieu fen seignera.

D'avarice garde toy bien.

Ou jamais n'auras eureux bien;

Se tu veulx avoir nom d'honneur,

Estre te fault large donneur,

Congnoisîre à qui, quant, quoy, combien,

Oà et comment, voire combien

Qtt^a ung prince de grant avoir.

Mieuh seroit pour bon los avoir

Donné trop argent, vin et chars,

Qu'aquerir le nom d'estre eschars,

Car son premier bruyt luy demeure,

Etfault que d'honneur vuyde meure

Se de largesse pert le nom.

Point ne mens se j'en parle, non.

Alexandre bien le nous monstre.

Qui en ce cas fut ung droit monstre,

Car par avant adonc ne puys

Ne fût pareil, dire le puis.

Largesse le fist renommer, •

Et par toute terre nommer,

Plusque ne firent ses effors

Ne ses gens, qui sontgrans et fors;

Plusieurs luy firent obéissance

Qui ne Veussent obey sans ce.

Vous autres, qui vivez présent,

De voz biens beau don et présent

Faictes à ceulx qui le desservent.

Seigneurs trop peu au monde servent

Qui leurs richesses ne départent.

Car, quant vient le jour qvfils départent.

Par mort qui sur eulx frappe et maille, Hz n'emportent denier ne maille.

Or soit le seigneur trespassé Et de mort ayt les traitz passé, Qui avoit ordonné prou messes, De quoy on luy fist les proumesses.

Ses hoirs n'y mettront ung tournois.

Ha! povre homme, si retournoys De rechef, bien mieulx ordonnasses.

Car de tes biens et or donnasses Pour colloquer ion ame es deux. Je nomme bien meschants tous ceulx Qui à leurs héritiers s'attendent Et qui delà et deçà tendent En querant bien qui si peu dure Et dont leur viendra peine dure.

Se tort ou rapine commettent.

Ou que soubz eulx servans commettent Tyrans, robeurs et desloyaulx.

Seigneurs, servez vous des loyaulx.

Largesse dont je vous parlay Est faicte par clerc et par lay, Se le don passe la desserte.

Mais elle n'a point là. de série.

Quant le seigneur de bien me hérite, Selon mon service et mérite,

Si bien je Vay ades servy,

Et ce que j'ay jà desservy

Il me rend à prime ou compile,

Cest loyaulté bien acomplie,

Nompas largesse la courtoise

Dont vient, procède et acourt aise;

A cil qui à donner s'avance

Et au prenant s'il a sçavance

Le don qui plus excédera

La desserte mieulx cédera.

En largesse, com veu l'avez, .

Les èschars sont bien mal lavez.

D'honneur vuydes, et si trésors

Qu'ilz n'ayment riens, fors leurs trésors.

Je ne dy pas, vous ri avez garde, Qu'ung prince face mal s'il garde Trésors pour ses nécessitez.

Car ses chasteaulx ne ses citez Ne pourroit en paix maintenir Sans quelque argent en main tenir; Mais pourtant ne doit-il avoir Si fort le cueur à son avoir

Qu'il n'en donne plus qut petit,

Car donner de bon appétit

A plusieurs et de franc couraige

Vaulx mieulx que faire à ung coup raige

De donner à ung ou à deux.

Et yeoir autre porter grant dèulx

Parpovreté en sa maison.

Tu ne trouveras jamais hom

Qui dye que raison l'assente,

Ne que ce soit d'honneur la sente.

A chacun, selon son mestier.

Donne autant comme il a mestier

En te servant et davantaige.

Tant qu'il ne meure devant aage

En mendicité; or, me crois,

Mieulx te vauldroit ne garder croix

Que retenir labeur ne peine

De cil qui te servir se peine.

Ouy as donc ce que m'en semble.

Pour bien d'honneur et d'ame ensemble,

Bon fait congnoistre le monde, ains

Que trop Vaymer, ne les mondains.

Si tu es clerc, noble ou marchant.

Et vas mainte terre marchant

Pour tous jours acquérir richesse.

Dy moy, quel profit ou richesse

Gaigner en acier ou en fer,

Se ton ame chet en enfer?

Garde que bien tu te maintiennes,

Et qu'à loyaulté la main tiennes.

Ceulx sont riches de mille mars.

Qui jà n'irront parmy les mars.

Dés janvier ou février mourront,

Lors d'eulx et leurs biens V amour rompt;

C'est piteuse division,

N'en as'tu pas, dy, vision?

Leur corps en terre sera mis.

Les biens demeurent aux amys,

Souventes fois aux estrangiers.

Aulcuns ont pour leur estre Angiers,

Paris, Orléans ou Rouen,.

Quifineront encore Ouen.

Se l'avaricieux meurt, lor

Aux héritiers demeurent l'or

Et l'argent qu'il a moult celé

Et à grans tas amoncelé;

Porter ne l'eust sceu sans ployer,

Mms à bien ne se veult employer;

Luy mesmesfain en enduroit

Et soif, tant comme ung an duroit;

Tout temps loyaalté corrompoit, Et à travail son corps rompoit; Usure commist en maints lieux.

Chevaucha plus dix mille lieux En querant ce qui luy deffault, Dont présent congnoist le deffault.

S'il a eu sa chevanche chiere, On en fait après bonne chiere, Aussi tost qu'il est soubz la lame. Ainsi pert-il le corps et Pâme Pour les biens qui trop peu la vallent, Et en enfer tout droit Vavallent.

Mal fut celle richesse acquise Parquoy telle douleur a quise; Sagement qui temps a despense.

Fol est celuy qui ades pense Comment il aura grant monnoye :

Il ne scet emplus quel mot noyé, Se trop il y met de sentence, Car sa vertu et son sens tance Pour dampnation acquérir; Bien eust aultre chose à quérir.

Quant son piteux cas entendroit; Chascun doncques qui entend droit En sa conscience se mire.

De ce mal est largesse mire.

Aussi vray qu'en flambe paille ard, Celuy est meschant et paillard Qui au feu (Tire jamais choit, Dont à luy plusqu'à nul meschoit; Le sens en perd souventesfois Comme sçavoir souvente fois.

Vyreulx ne veult que noyse et plet, Vyreulx n'est (Faucun bon explet, Vyreulx est pensif et songeux, Et ne scet jamais que sont jeux; Vyreux tence, l'yreux menasse, Impacience le maine à ce.

Contre ire soys donc pacient, Aultrement n'es tu pas scient.

Se à toy parler je osoye.

Qui boys vin d'Anjou et osoye, Puisypocras lieppe et taincte, Parquoyta vertu est extaincte; Quant Pivroing ces bons vins a beuz, Il commet après grans abus, Car trop à ce mestier se maine Par tous les jours de la sepmaine. Cuides tu venir à valeur Pour estre de vin avaleuri

Boyre par excès main et tart Ton ame en enfer maine et te ard Le foye, cueur et les boyaulx.

Pource, je te prie, boy eaalx Ou bruvaiges qui mal ne facent Et les vertus de toy n'effacent.

Trop de mal vient de gourmandie, Quelque chose que gourmant die, Car yvresse luxure engendre.

Soit en père, en filz ou en gendre, Par ce péché la vie accourse.

Et si en vient la mort à course.

yvroing, qui ton corps nourris, Tant ayse dont après nous ris.

Quant le vin au front fa féru.

De plusieurs a Lucifer eu Par telz deffaulx et ame et corps.

Ceulx sont bien que meschans et ors Qui n'ont de sobriété cure, Car santé garde et le mal cure.

Va jouer avecques ta bille Ou aultre esbat et ne fabille De luxure, que Dieu het tant, Et l'ennemy s'en va haletant, Quant aulcun il en a tenté;

Ceulx ont vers la foy attenté Qui sont souillez de tel delict ; A la fin n'auront point de lict Aultre que ceulx du bas empire :

Cest enfer; qui pourroit en pire Jamais choisir sa mension?

Et, pour plus ample mention Jouxte la matière subjecte.

Je te dy et au parsus gette Que mains sont à mal parvenus Par gloutonnie et par Venus.

Chascun n'ensuit pas Charlemaigne Qui va là où sa chair le maint; Les bestes brutes font cela, Car Dieu tout puissant leur cela La grant amour dequoy il famé :

Il a treschers ton corps et famé.

N'ensuy les muletz ne chevaulx, Qui trésor si tresriche vaulx.

Cil qui de luxure- a la tache D'enfer sera mis à l'atache.

Tu peuz vaincre tes ennemys, Se tu ne fes com asne mis A plus amer bren et chardon Que Dieu qui fist de sa chair don.

Pense qu'à toy tel amour eut Qu'en croix fut mis et là mourut, Rendant ton ame nette et saine Plus que n'eust lavé l'eaue de Seine, Non aussi celle de la mer :

Qui te garde donc de Vamerf Tu vois que nature élément Aymé tresnaturellement, Par l'ordre que Dieu lassus mist, Et à ce faire la submist, Aymé donc cil qui te forma, Et puis de toy prins la forme a; Ton ame avecques luy marie, Et te recommande à Marie, Sa mère et vierge, tant amée.

Dont la bonté n'est entamée; ^ Depuis que Dieu de sa cordelle Amiable l'ame et corps d'elle Lya, ce fut ung bon lasseur.

Car onc entre frère et la sœur Ne fut amour tant apparant.

Et puis Dieu te tient à parant.

Voulant que cieulx soit ton manoir, S'a toy ne tient pour y manoir.

Tant luy est plaisant chasteté

Que celuy qui a chaste esté,

Hormeste et non incontinent,

Il lui envoyé incontinent

Sa grâce comme il la demande,

Et luy acomplist sa demande.

Ou mieulx que requérir ne sceust

Pour quelque bruyt qu'en sagesse eust.

Ceulx qui de paresse se parent D'honneur et vertu se séparant.

Paresseux n'a plaisir ny aise ; La créature est bien niaise Qui veult servir dame tant sale, Soit aux champs, en chambre ou en sale.

Paresse est des vices la mère.

Et nourrist tristesse l'amere Etfaict aux humains grant dommage; Pource ne luy faicts point dPhommage, De service ne de ligence.

Mais te garnis de diligence.

Avant que du tout je me taise.

Je tepry, ne chemine faise Que n'ays en mémoire prudence; Bon conseil auras et prude en ce.

Chascun soir vise à ton affaire

Qu'auras fait ou laissé à faircy Le jour passé, jusqu'à la myî, Disant : Cecy vault, cela nuyt; Laisse le mal, le bien prenant, Comme bon loyal aprenant.

Justice, verrière tresclere.

Par oà les princes doivent lyre, Qui aux bons et mauvais esclere Quel chemin Hz doivent eslire, Fait assavoir à tous que Vyre De Dieu viendra, sachez le voir, Sur ceulx qui ne feront devoir.

Par elle on list au parchemin De loyaulté paix et concorde.

Soit es villes et par chemin; Jamais à nul mal ne s'acorde.

Humanité est de sa corde.

Et la raison tousjours la guide.

Cil va bien qui a bonne guide.

Bien eureux est, dire je l'ose.

Qui devant ses yeulx la tiendra; Conscience est ses textes et gloses; Jamais l'autruy ne retiendra.

A chascun ce qa^ appartiendra Rendra toujours, sans grant demande, A meffait n^appartient qu'amande.

Tous ceulx qui en ont abusé En principal ou accessaire.

Paradis leur est reffiisé - S^ilz n'ont remède nécessaire, Car Vennemy, nostre adversaire, Ne mect pas telz cas en oubly.

Par vertus homme est ennobly.

Seigneur, qui as souverain règne.

Gouverne tes subjectz en paix, Fay que justice sur eulx règne.

D'amour et équité les paistz.

Aussi de pitié les repaistz, Quant ils auront vers toy sailly.

Le fort doit support aufailly.

Dieu par doulceur pasteur se nomme Et congnoist ses brebis, se dict.

Arreste donc cy ton sens, homme, Et retien en ton cueur ce dit :

Orgueil fest du tout interdit, Pource d'humilité te remembre.

Chascun quiert de Dieu estre membre.

Le pape aussi se dit servant Des serviteurs nostre Seigneur, Qui de la foy est observant.

Et de tout prince le greigneur; Il fest par ce point enseigneur Que servant tu te doys tenir, Pour justice et paix maintenir.

Croy tu que Dieu fayt mis à prince Pour plaisir faire à ta personne f Las! je ne sçay se as aprins ce.

Mais le vray bien autre part sonne.

Et ton nom à l'effect consonne.

Le roy gouverne et le duc maine, Servans à créature humaine.

Les gouverneurs et les meneurs Des brebiettes en pasture, Autant les grans que les mineurs, Se par deffault ou forfaicture

Aulcune choit en adventure, Hz la rendent, ou sont pugnis, Bergiers sont tous aux champs uniz,

Combien que ceulx qui plus en nombre Conduisent des bestes aux champs Ont moins beau se tenir en umbre Et s'esjouyr en nouveaux chants Que plusieurs qu^on nomme meschans Qui tel charge n'ont pas ne veulent.

Telz sont joyeulx qui puis se deulent.

Quant bergiers prennent des ouailes Pour garder à leur appetis, Se les loups, chiens, regnars ou aigles Les emportent, ou leurs petis, Ceulx qui les leur baillent peuvent Hz En demander vers eulx? respons, Ouy dea, je le te respons.

Donc, s'aulcun garde ma brebis Puis la tonu, escorche ou la tue, fay sens plus froit que mabre bis.

Si par moy sa peau rfest batue.

DES PRINCES 8l

Ceste chose bien debatue,

Vous qv^ estes de Dieu les pastours,

De faultes ne f aides pas tours.

prince, je te supply, traicte Tes subjectz en grant amytié, Soit à l'entrer ou à la traicte; Le pasteur doit plus la moytié Avoir de ses brebis pitié Q^ung mercenaire ou estrangier.

En ce monde a tousjours dangier.

Justement sefault maintenir Qui veult par ce monde passer, A loyaulté la main tenir Sans nullement la trespasser.

Par mort convient brief trespasser Crans et petis, le foible et fort.

Contre la mort ne vault effort.

Seigneur, tu es de Dieu bergier.

Carde ses bestes loyaulment, Metz les en champs ou en vergier.

Mais ne les pers aucunement.

Pour ta peine auras bon payement En bien les gardant, et, se non, De malheure receus ce nom.

Mais pour les rebelles mener Aspre justice est le baston; Au teict les te fault ramener En parlant hault, ou le bas ton; Autrement point ne les bat on De rapine ne tyrannie.

Dieu paradis aux tyrans nye.

Ce peuple donc qu^en main tenez,

Ne le mettez à pouvreté,

Mais en grantpaix le maintenez,

Car il a souvent pouvre esté,

Pillé et hyper et esté,

Et en nul temps ne se repose.

Trop est batu qui pleurer r^ose.

Croyez que Dieu vous pugnira Quant vos subjectz oppresserez; L'amour de leurs cueurs plus n'yra Vers vous, mais haine amasserez.

S'ilz sont povres, vous le serez.

Car vous vivez de leurs pourchaz.

Mal fait changer coursier pour chaz.

Ainsi que le coursier vous porte A voz affaires hault et bas, Aussi le peuple vous apporte Dequoy vous mener voz esbatz.

On leur faict assez de cabas Qui leur sont fort griefz à porter.

Bon faict de mal se déporter.

Par desplaisir, fain et froidure.

Les povres gens meurent souvent.

Et sont, tant que chault etfroit dure, Aux champs nudz soubz pluye et soubz vent; Puis ont en leur povre convent Nécessité qui les bat, tant Qu'en seigneurs se vont esbatant.

inhumains et dommageux.

Qui nom portez de seigneurie.

Vous prenez les pleurs d'homme à jeux;

Mais pas n'est temps que seigneur rie,

Quant on voit que charité prie, Qui est des vertus la maistresse. Povres gens ont trop de destresse.

Du propre labeur de leurs mains, Qui deust tourner à leur usage, Hz en ont petit, voire mains Qj^il n'est mestier pour leur mesnage* Vous l'avez, maigri leur visage, Souvent sans cause : Dieu le voit.

Qui se dampne est villain revoit.

Combien que vous nommez villains Ceulx qui vostre vie soustiennent.

Le bon homme n'est pas vil, ains Ses faitz en vertu se maintiennent.

Ceulx qui à bonté la main tiennent Plus qu'aultres desservent louenge.

On ne peut faire d'ung loup ange.

Je vous nomme loups ravisseurs Ou lyons, se tout dévorez.

Sont vertus à vostre advis seurs Des faitz en quoy vous labourez f

Nenny, tresmal assavourez

V estât dont Dieu vous a faict estre.

C'est grant bien que son cas congnoistre.

Se tu vas à Sainct Innocent, Où y a d'ossemens grans tas, Ja ne congnoistras entre cent Les os des gens de grans estas D'avec ceulx qu'au monde notas En leur vivant povres et nudz.

Les corps vont dont ils sont venus.

Hommes ont doncques tous ensemble Povre entrée et dolente yssue, Combien qu'aulcuns sont à qui semble Que la terre est pour eulx tissue, Et que le bon homme qui sue Au labeur rfest riens envers eulx.

Aveugle est tel qui a vers yeulx.

Or visons l'entrée et la fin De l'empereur et d'ung porchier, L'ung n'est pas composé d'or fin, L'autre de ce qu'a le porc chier.

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