‹ Les Lusiades de L. de CamoensChapitre 37 sur 40 · CHANT CINQUIÈME · texte numérisé non relu

CHANT CINQUIÈME

(1) Bon Hcnriquè, duc de Viseù, seigneur de fcovilham , celui qui , dans l'histoire des grandes découvertes maritimes, occupera^ toujours le premier rang. Qu'il soit permis à l'auteur de ces notes de rappeler qu'un manuscrit portugais récemment découvert par lui à la Bibliothèque royale va rendre à cette imposante ligure tout son caractère ; le beau livre dont il est question est intitulé : Chronica da descuber la e conquista de Guiné , escrita por mandado del rey don Affonso V pelo chronista , Gomez Eanezde Azurara. 11 paraîtra incessamment, dit-on, chez M. Aillaud, avec le portrait du célèbre infant.

(2) Les Gorgones étaient trois sœurs, filles de Phorcus et de Cela ; elles se nommaient Méduse, Slhenyo et Euryale. Elles n'avaient (ju'utt seul œil dont elles se servaient tour à tant. Méduse, douée d'abord d'une beauté extraordinaire, inspira le plus vif amour à Neptune ; mais, suivant quelques mythologues , elle subit une métamorphose qui là rendit la plus hideuse des trois. Perséë aidé de Minerve délivra la terre de ces trois monstres ; il coupa là tète à Méduse et Pallas* l'attacha à son égide.

(3) Francisco d'Almeïda, premier gouverneur des Indes. Quatre Cafres le tuèrent sur la plage. (Voy. les notes du chant x.)

(4) A l'époque à laquelle vivait Camoens , les malheurs de Lianor de Sa avaient acquis une grande célébrité , et ils devaient inspirer à un écrivain contemporain un poème qui offre sans doute de grands défauts, mais auquel on ne peut refuser son admiration ; nous voulons parler de l'œuvre de Corte-Rcal intitulé O Naufragio de Sepulveda, dont les traducteurs des Lusiades préparent en ce moment une version Adèle. Camoens consacra à cette grande infortune quelques vers admirables nous donnerons en peu de mots les détails indispensables pour les comprendre. Lianor de Sa était fille de Garcia de Sa, vice-roi des Indes, et elle avait épousé Manuel de Souza de Sepulveda , jadis gouverneur de la citadelle de Diu. Les deux époux partirent avec leurs enfants pour l'Europe, et en 1555 ils allèrent faire naufrage sur les côtes de Natal. Après avoir erré dans ces contrées désertes, l'infortunée Lianor expira avec ses deux bis. La tradition

XOTES.

rapporte qu'ayant été dépouillée de ses vêtements par une tribu sauvage, avant de mourir, elle se creusa un dernier asile dans le sable, et se voila de ses longs cheveux. On n'entendit jamais parler de Sepulveda , mais un de ses compagnons , Pantaléon de Sa, revint en Portugal avec quelques naufragés. Voyez pour les détails circonstanciés de cet événement, l'histoire des Indes, de Maffei.

(5) Les noms des quatre coursiers d'Apollon étaient Phlégon , Pyroïs, EthonctEôos; ils étaient blancs et tout éclatants de lumière.

(6) Le fleuve des rois.

(7) Synonyme de Némésis, ainsi appelée â cause du culte qu'on lui rendait dans Rhamnonte , où elle avait un temple magnifique et une statue colossale de dix coudées.

(8) [Désigné par erreur dans le texte sous le chiffre 2.] Pays des Cicones ; c'est le pays où, pendant sa traversée d'Asie en Europe, un naufrage jette la flotte d'Ulysse , retournant vers Ithaque. Ulysse en pille la capitale, tue la population maie et amoncelle les femmes et les enfants dans ses vaisseaux. Tandis que son équipage se livre aux plaisirs, ceux qui ont fui le glaive du vainqueur reviennent avec des secours , attaquent les Grecs , et contraignent Ulysse , après une longue résistance et une perte de six vaisseaux , à lever l'ancre.

(9) Phaéton dont Lampetic ou Lampcluse , sa sœur, va pleurer la mort sur les rives de l'Eridan dans Tllespérie. Tout le monde connaît ce mythe; ayant obtenu d'Apollon, la permission de conduire le char solaire , il s'empare des rênes , mais bientôt les coursiers s'écartent de la voie tracée par les dieux;' la Terre brûlée jusque dans ses entrailles , supplie Jupiter de prévenir le bouleversement du monde, et Phaéton foudroyé tombe dans l'Éridan (aujourd'hui le Pô).

NOTES

(1) Cléopàtrc, reine d'Égyptc, fille de Ptolémée Aulète. Celui qui l'avait vaincue la fit proclamer reine d'Égyptc , de Chypre et de Cœlésyrie. Les fêtes qui se succédèrent à Alexandrie pendant le séjour d'Antoine furent d'une magnificence dont il n'y a jamais eu d'exemples. On connaît la ruse employée par Cléopàtre durant ces pêches fameuses qui étaient l'un des divertissements d'Antoine. D'habiles plongeurs allaient attacher sous les eaux de magnifiques poissons à l'hameçon de la ligne que tenait le grand capitaine. Le poète fait allusion à cette circonstance curieuse.

(2) Thyonée, autrement Bacchus , appelé quelquefois aussi Lyée.

(5) Panopée, l'une des Néréides. Elle suspend à son cou Jlélicerte , fils d'Ino , fille d'Athamas ; Athamas, rendu furieux par Tisiphone , s'était imaginé en apercevant sa femme avec ses deux fils voir une lionne et deux lionceaux, et se précipita sur eux pour les mettre en pièces. Léarquc seul tomba dans ses mains et fut écrasé par son père contre la muraille. Ino courut à la mer, tenant Mélicerte , son fils dans ses bras, et s'élança dans les flots avec ce précieux fardeau. Tous deux furent changés en dieux marins sous le nom de Leucothoé et de Palémon.

(4) Éprise de Glaucus , aimé aussi de Scylla , nymphe charmante. Circé, que la jalousie dévore , jette un mélange magique dans la fontaine à laquelle préside la nymphe. A peine Scylla y fut entrée qu'elle fut changée en un monstre horrible ; frappée de délire à la vue de cette affreuse métamorphose, elle courut au bord de la mer et s'élança dans le détroit qui porte aujourd'hui le nom de Phare de Messine.

(r>) Hyppotade's, l'un des noms d'Éole, dieu des vents ; ainsi nommé d'IIyppotas, son aïeul.

(6) Le poète indique la ville de Porto, anciennement Porlus- Calle. Ce n'est que sous le règne d'Alphonse VI ( 1072 — 1109) que le nom de Portucalc parait non plus comme le nom du district de Porto, mais comme celui d'un district particulier..

NOTES

Str.ixvu. L'événement dont il s'agit eut lieu en 1398 ; douze Portugais dont on a lu les noms plus haut passèrent à Londres pour défendre l'honneur de douze dames du palais qu'on avait outragées. Après avoir accompli les merveilles que chante le poète, Magriço alla en Flandres ; là il tua en champ clos un Français nommé de Lansay, et après lui avoir arraché un collier d'or qu'il portait au cou , il le jeta comme trophée de sa victoire aux pieds de la princesse.

(7) Deucalion et Pyrrha. Ce mythe est encore bien connu. Seuls d'entre les hommes ils avaient échappé au déluge. Ils

allèrent consulter l'oracle de Delphes sur le moyen de repeupler le monde. Thémis répondit en leur ordonnant de jeter derrière eux les os de leur mère ; ils interprétèrent la réponse de l'oracle et décidèrent que leur mère c'était la terre , que ses os c'étaient les pierres. Ils se mirent donc à lancer derrière eux et sans regarder en arrière les pierres d une grande plaine de la Phocide. Toutes celles que jetait Deucalîon devinrent des hommes; toutes celles de Pyrrha, des femmes.

(8) Noé. Après avoir fait allusion a la tradition mythologique, Camoens rappelle la tradition chrétienne.

NOTES

(1) Le colonel de Jancigny, qui prépare d'excellents travaux sur l'Inde, et auquel rien de cequi regarde ce pays n'est étranger, donne ainsi l'étymologie du nom qu'on a imposé en Europe au souverain du Calicut : Samorl, d'où nous avons fait Zamorin, Samorl Radjah , contracté de Samoudridjà Radja.

(&) Pylhagore. Philosophe grec , né à Samos d'un sculpteur, Yers 592 avant Jésus-Christ. Ses disciples prennent le nom d'amis de la sagesse; de là sa doctrine est désignée sous celui de philosophie. 11 avait adopté le dogme de la métempsycose et défendait l'usage absolu des viandes. Il mourut suivant l'opinion la plus commune à Mataponte, vers l'an 497 avant Jésus-Christ: sa maison fut changée en un temple , où il fut adoré comme un dieu. On sait que la tradition le conduit aux Indes, et qu'il

emprunte aux Brahmes leurs antiques principes de sagesse.

(?) £a et 2^5 ayant notre ère, I\twçeilus remporta deux victoires importante? sur AnnUjal.

(4) Canacée, GUe d'Éole et de Ënarète, eut un commerce criminel avec son frère Macarée. Ëole instruit de son crime la força à se donner la mort. Ovide la représente tenant dans la main droite l'instrument qiu' servait aux anciens à écrire, et dans , l'autre un poignard.

Dexita tenet calamum , strietwn tenet altéra fernim*

JLW uérotte «OyireJ.

(H) A la gùérison du roi de Juda.

Camoens désigne Ézéchias. Attaqué d'une maladie pestilentielle, il allait mourir ; le prophète Isaïe vint lui annoncer sa fin prochaine ; touché de ses prières , pieu lui renvoya le prophète pour lui annoncer sa guérison miraculeuse. Jsaïe conûroia l'exactitude de sa promesse par un prodige nouveau : il ût reculer o> dix degré? J'ombre du soleil sur le cadran d tyhaz.

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