CHANT HUITIÈME
Str. vi. Virialc. Il y eut deux chefs de ce nom en Lusitanic : l'un passa avec Annibal en Italie, comme le rappelle Silius Italicus, liv. 3; l'autre devint la terreur des Romains, qui le flrent assassiner l'an 137 avant le Christ. Faria y Souza rapporte dans sou Europe portugaise qu'on trouva son tombeau à Bêlas , sous le règne de Jean III. Il renfermait une épée chargée de caractères de grandes dimensions. Cette arme fut envoyée en présent à un habitant de Hic de Madère, pardon Pedro Machado Carregueyon. Sur le tombeau on lisait cette inscription :
Hic jacet Virialus lusitanus dux.
Nous donnons ici la découverte indiquée par Faria y Souia pour ce qu'elle vaut. Voyez l'appréciation si remarquable de Viriale dans l'Histoire d' Espagne de M. Romey.
(1) Quintus Scrtorius se réfugia en Portugal , comme nous l'avons dit, l'an 79 avant notre ère. Il fut assassiné par Marcu* Pcrpcnna à Huesca en Aragon. Le poète fait ici allusion à h biche prophétique qu'une tradition assez peu digne de Ptaisiote lui donne comme esprit familier.
(2) Don Fuas Roupinho vivait sous Alphonse I". Une de ses premières victoires fut celle qu il livra aux Sarrasins près du cap Esplchel, le 29 juillet 1180. Il se rendit ensuite dans le port de Ceuta, où il brûla plusieurs navires ; une seconde expédition contre cette ville, tentée en 1182, ne fut pas heureuse : Fuas Roupinho y perdit la vie.
(3) Il s'agit ici d'un chevalier allemand nommé Enric qui mourut en combattant pour les Portugais; on a conservé l'orthographe portugaise.
(4) Thcotonio , prieur de SanlaCruz de Coirabre. Il fit la conquête d'Arronches, ville de l'Alem-Tcjo.
(:;) Mcm Moniz, fils d'Egas Moniz. Il est représenté sur le tombeau de son père, partageant son admirable dévouement;
un peu plus loin le poète parle de deux autres héros dont la réputation est encore populaire.
Giraldo sem Pavor (Girald sans peur) parait avoir été tout simplement un condottiere heureux , auquel un coup de main d une audace incroyable livra Evora , et qui de brigand devint chef militaire. Sa retraite était rur le mont de Muro; il s'empara d'Evora vers 11G2. (Voy. pour tous les détails de cet événement les chroniques chevaleresques de l'Espagne et du Portugal.)
Martini Lopes, chevalier portugais qui triompha de don Pedro Fcrnandes de Castro, l'un des seigneurs les plus puissants de la Castille. Celui-ci s'était réfugié chez les Maures , et faisait indistinctement la guerre aux Espagnols et aux Portugais.
(6) Don Mathieu (Mathcus), évèque de Lisbonne. Quatre rois maures étaient venus au secours d'Alcacer , dont il faisait le siège. Il ne craignit pas de les attaquer , et les défit. Les deux rois mahomélans, que Camoens ne nomme pas, sont ceux de 13adajoz et de Jaen.
(7) Alcacer. La ville gagnée par don Mathieu est Alcaçar do Sal. L'historien Brandam fait honneur de cet exploit à don Sueiro.
(8) Les sept chasseurs. Pour bien entendre celte strophe , il est bon de lire dans les Mcmorias de Litteratura portugueza une légende curieuse qui roule sur la conquête des Algarves, et qui a quelque analogie avec la chronique des sept infants de Lara. Sept jeunes gens furent attaqués par la garnison de Tavira , et périrent. Don Payo Pères Corrca les Ycngca.
(9) Gonçalo Ribciro ; son véritable nom est Gonçalo Rodrigue/. Ribeiro. Uni à Vasco Anes, frère de lait de la reine dona Maria de Castille et à Fernand Marlins de Santarcm, il se rendit célèbre en France dans divers tournois.
(10) Pcro Rodriguez de Landroal. Il délivra des mains des Maures son compagnon d'armes Cuylado, qui avait été livré aux Maures par Vasco Porcallo.
(M) A l'époque où Jean l** n 'était encore que grand-mallre de l'ordre d'Avis, Ruy Pcreira, par sa valeur et par ses manœuvres habiles, parvint à faire entrer dans le Tage la flotte porlu-
362 notés.
gaise qui venait au secours de Lisbonne ; il y périt. Sons le même règne, dix-sept Portugais se défendirent devant Aimada contre quatre cents Espagnols. Le poète fait allusion à ce dernier exptou.
(12) Nous avons déjà parlé du vainqueur deCeuta, nous signalerons ici son frère. Don Pédro d'Alfarrobeira, oncle d'Alphonse V , duc de Coirabre , frère du célèbre infant don Henrique, est certainement un des plus grands hommes qui aient existé, et cependant son nom est demeuré obscur. 11 ne sera bien connu que lorsqu'on aura enûn publié la chronique d'Alvoro Lopes, qui est complètement ignorée et dont un savant Portugais a depuis long-temps proposé l'impression à l'Académie de Lisbonne, dont le zèle est connu pour de tels travaux. Alvoro Lopes aurait été, dit-on, parfaitement au fait des événements contemporains; il expliquerait surtout les causes politiques qui amenèrent la mort du grand homme , et que tous les historiens semblent avoir ignorées. La connétablic étant venue à vaquer après la mort de Nuno Alvares Pereira, cette haute dignité fut réclamée par le duc de Bragance qui eut pour compétiteur le duc de Coimbrc. Une telle rivalité devait avoir pour résultat la lutte la plus terrible, elle amena celle bataille célèbre où mourut don Pedro et où périt le noble comte 6"Avranches. Le duc de Coimbrc s'était en effet rendu célèbre à fa cour de l'empereur Sigismond, dans les guerres que celui-ci eut * soutenir contre les Turcs.
Str. xxxvm. Camoens parle ici de don Pedro, comte de Ménéses, premier gouYerncnr de Ceula, et de don Duarte de Viana, son fils naturel.
(13) Encore iclle poète est parfaitement d'accord avec l'histoire; Vasco de Gama fut mis en état d'arrestation pendant quelques heures. Grâce à sa fermeté, il put retourner à bord; mais il n'y fut pas pluiôt arrivé qu'on lui apprit l'emprisonnement de plusieurs Portugais restes à terre. Il s empara de dix-neuf Indiens et les fit mettre aux fers. Par son ordre, le Samorin fut averti que ceux-ci ne seraient mis en liberté qu'au moment où les Portugais recouvreraient la leur. Barthélémy Dias était porteur des conditions et il fui reçu par l'empereur. Néanmoins il parait certain que Vasco de Gama emmena avec lui plusieurs Indiens. Un historien qui i malgré sou style décoloré, ne manque point d'exac-
NOTES
titude, Laclède dit positivement : * La fuite de Gama mortifia » beaucoup le roi de Calicut; il le fit poursuivre par soixante » fustcs, petits vaisseaux longs et de bas bord, qui vont à la » voile et à la rame» mais un orage imprévu dissipa cette flotte. » (Voyez l'Histoire générale du Portugal, édit. pub. par M. de For lia d'Urban, t. v, p. 48.) Le poète, comme on a pu le remarquer, avoue que Vasco de Gama emmena quelques-uns de ces noirs.