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Jcs Lusiades. Le poète a dit avec une simplicité admirable cet épisode de son voyage, et quand il eut acquis la triste certitude qu'il n'y aurait pour lui ni fortuue ni repos, mais <pi'il y aurait une lointaine renommée, il adressa à ce beau fleuve, dont les rives lui avaient servi d'asile, quelques vers charmants, où il dit sa gloire tardîVe et sa reconnaissance
Camoens demeura quelque temps sur les bords du lUc~ corn; selon toute probabilité, il y composa les admirables re dondilhas, où il paraphrase le psaume Super flumina liabylonis. Nulle preuve positive ne l'atteste sans doute, mais c'est un souvenir de douleur et d'exil, qui se lie trop bien à cette époque de la vie du poète , pour qu'on essaie de l'en détacher. Soit qu'il ait reçu dans cette contrée reculée une hospitalité qui l'y retint durant plusieurs mois, soit qu'il ne rencontrât pas d'occasion favorable pour retourner à Goa, on perd encore les traces du poète durant quelque temps, et on ne le retrouve dans la capitale des Indes qu'en 1561 (1).
EtaiMl seul, avait-il déjà auprès de lui, lors de son naufrage , Antonio, l'esclave javanais, fut-il assisté par ce noble compagnon , qui partagea 9a misère à Lisbonne et qui la soulagea? ce fait intéressant ne trouve sa solution que dans un seul auteur, mais je dirai volontiers, avec l'ingénieux écrivain qui soulève cette question et qui y trouve une réponse affirmative dans le père Nicéron, qu'un tel renseignement est d'un prix réel et qu'on aime « à voir commencer, par cette communauté de périls, l'affection si touchante du Javanais et de son maître. »
Camoens se fixa de nouveau à Goa. Gomment se passèrent les premiers temps du retour, c'est ce qu'aucun écrivain contemporain n'a pris soin de nous apprendre. La conduite du poète fut en ce temps ce qu'elle avait toujours été, ferme et digne , c'est un hommage que ne peut s'empêcher de lui rendre l'écrivain dont la critique s'arrête en général devant
(1) Un savant prélat qui applique son esprit de critique sévère à l'examen des moindres faits , mais qui , selon nous, rejette avec trop d'empressement tout ce qui ne vient que de la tradition, ne voit rien dans les œuvres de Camoens qui confirme cette opinion : clic semble si naturelle qu'elle a été généralement admise.