‹ Les Lusiades, ou les portugaisChapitre 10 sur 223 · VIE DE CAMOENS. XVII · texte numérisé non relu

VIE DE CAMOENS. XVII

prend lui-même* qu'il s'écria comme Scipion : Ingrata pátria, non ossa mea possidebis ^ 11 est vrai que, peu de lignes apròS;, il se plaint « d'avoir vu son lierre bien-aimé séparé « de lui et attaché à un autre mur ^. » Ce qui peut trèsraisonnablement faire supposer que sa maîtresse s'était mariée.

Il mit à la voile au mois de mars 1553 *. On lit dans un gtat des troupes de la maison des Indes pour cette année : « Fernando Casado, fils de Manoel Casado et de Branca « Queymada, demeurant à Lisbonne, écuyer ; Luiz de Ca- « moens, fils de Simâo Vaz et de Anna de Sa, écuyer^ « partit à sa place ; il a reçu, comme les autres, 2,400 reis « (environ 13 fr., qui feraient aujourd'hui à peu près 75 fr.).»

Camoens s'embarqua sur le Sâo Benta (le Saint-Benoît)^ l'un des quatre navires que Fernando Alvares Cabral conduisait dans rinde. A la hauteur du cap de Bonne-Espérance, l'escadre fut assaillie d'une si violente tempête, que trois des bâtiments, jetés hors de leur route, ne purent arriver à Goa que l'année suivante. Le Sâo Bento y aborda seul dans les premiers jours de septembre 1533 ^ Ce fut peut-être l'unique occasion où Camoens ait eu à se louer de la fortune.

A son arrivée, il trouva le vice-roi Dom Afonso de Noronha occupé de préparer une expédition contre le roi de Pimenta ou de Chembé, qui avait conquis plusieurs îles sur les rois de Cochin et de Porca^ alliés du Portugal. Il obtint d'être admis sur la flotte, qui mit à la voile en novembre 15o3«.

Cette campagne, la seconde que faisait Camoens, eut un plein succès. 11 y fait modestement allusion dans un passage de sa première élégie (0 poeta Simonides), Il était de retour à Goa à la fin de 1554.

Ce ne fut qu'à cette époque qu'il apprit la mort de son

1 Voy. première lettre écrite de l'Inde.

2 Valère Maxime rapporte ainsi ces paroles : Ingrata pátria, ne ossa qnidem rnea habes.

3 Cette phrase, comme beaucoup d'autres de la même leltre, est écrite en espaiînol.

4 Niceron, Mémoires, t. XXXV II, p. 246.

5 Voyez Diogo do Couto, Dec. 6, liv. X, cap. 14.

6 /(/., ibid., cap. 15.

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