‹ Les Lusiades, ou les portugaisChapitre 123 sur 223 · Enfin nous sortons du temple, de ce temple saint qui a · texte numérisé non relu

Enfin nous sortons du temple, de ce temple saint qui a

pris le nom de Bethléem, berceau d'un Dieu.

L'église de Bethléem, par contraction Bélem, est bâtie sur le bord de la mer. Elle fut fondée par l'infant Don Henri, fds de Jean I^r. Ce n'était d^abord qu'un ermitage consacré au berceau de Jésus- Christ ; c'est aujourd'hui un magnifique couvent d'Hiéronymites. L'auteur de cette traduction a visité souvent ce monastère ; il n'y a vu que des hommes pieux, tolérants et hospitaliers. Plusieurs d'entre eux réunissaient aux vertus modestes de leur état, un grand fonds

de doctrine et d'instruction. Les religieux portugais ne sont point en dehors de la société ; ils marchent avec elle, en reçoivent des lumières et lui en rendent. On se tromperait étrangement si l'on s'imaginait que la vie sociale n'est pas plus avancée en Portugal que dans le reste de la péninsule. Le Portugal, par sa position géographique et par son commerce, est en rapport continuel avec toutes les nations éclairées de l'Europe. L'Espagne, à l'exception de son littoral et de la province où siège le gouvernement, est, en quelque sorte, séparée du monde entier, et livrée à des influences locales qui perpétuent pour elle le treizième siècle. Sous le rapport de la civilisation, il y a aussi loin de l'Estramadure espagnole à l'Estramadure portugaise, que du trappiste Antonio à l'abbé de Bélem ou de Saint-Vincent.

Page 1