N'entendez-vous point les Grecs qui vous appellent
Le monde chrétien n'entendit point alors la voix des Grecs. Après des siècles d'attente, ils ont pris le parti de se secourir eux-mêmes. Toutes les âmes religieuses, tous les cœurs généreux forment des vœux pour le triomphe de la Croix sur le Croissant, et de la civihsation sur. la barbarie.
42. Les peuples de la Thrace, de la Colchide et de l'Arménie vous annoncent à grands cris qu'un ravisseur sacrilège, etc.
ies Turcs ont formé le corps des Janissaires d'enfants chrétiens qui leur étaient donnés en tribut par les Grecs, ou qu'ils enlevaient daas un âge encore tendre. Ils voulaient que cette milice, n'ayant aucun lien de parenté ni de patrie, ne connût plus que Mahomet et le sultan.
i3. Allez punir des Barbares^ et renoncez à la gloire odieuse de subjuguer vos frères.
On dirait que Camoens, en écrivant ce morceau, avait présente à l'esprit cette belle apostrophe que l'auteur de la Pharsale adresse aux Romains :
Quis furor, o cives, quae lanta liceatia feri-i, Gentibus invisis Latium praebere cruorem? Quumque superba foret liabylon spolianda tropaeis Ausoniis, umbraque erraret Crassus inulta, Bella geri placuit nullos habitura triuraphos?"
Pliarsal.y lib. 1 , v. 9 et seqq.
Rome, dont la grandeur épouvantait la terre , Quel sinistre démon t'inspire cette guerre?
2 42 LES Ll'SlADES.
Quelle aveugle fureur arme les légions, Et va moutrer ta honte à taut de régions ? Lorsque d'un beau courroux tes troupes échauffées, Devraient dans Babylone arborer des trophées. Regagner les drapeaux que le Parthe a gagnés, Et venger de Crassus les mânes indignés : On voit tes conquérants chercher une victoire Fatale à ta grandeur et funeste à ta gloire,
Brébeuf.
Funeste à ta gloire n'ajoute rien à fatale à ta grandeur^ et ne forme qu'une vaine battologie,qui est loin lc rendie ce vers si beau (l'expression et de sentiment :
Bella geri placuit nuUos habitura triumphos?
Mais, à cette faute près, les vers de Brébeuf que nous venons de citer sont tout à fait dans la manière de Corneille.
1 L Au delà de l'Indus et en deçà du Gange, etc.
Dans le plan général des Lusiades, le septième chant ne pouvait avoir le mouvement des six premiers. 11 est presque entièrement consacré au tableau géographique de l'Inde, à l'histoire des gouvernements que les Portugais y trouvèrent établis, et à la description des mœurs des habitants. Tous ces détails qui, à une époque encore rapprochée de la découverte, devaient intéresser vivement le Portugal et toutes les nations commerçantes de l'Europe, n'ont plus aujourd'hui le même attrait pour nous. Cependant ils sont présentés avec tant d'élégance et de précision, ils se mêlent d'une manière si heureuse aux antiques souvenirs de l'Inde, l'historien se confond tellement avec le poëte, que l'intérêt se soutient jusqu'à l'entrevue de Gama avec le Catual et le Samorin, sans que le lecteur s'aperçoive que l'action du poëme a été un moment suspendue.
1 5. ï.es montagnes Émodicnnes.
C'est une branche du Caucase ou mont Imaùs.
16. Non loin des lieux où le Gange commence à dérouler ses larges îlots, la nature a placé, dit-on, une nation fortunée qui ne se nourrit que du parfum des fleurs.
« C'est une fable, dit La Harpe, que Pline paraît avoir adoptée sur « la foi des naturalistes grecs, et dont nos voyageurs modernes ont « démontré la fausseté. » Il serait possible que ce ne fût qu'une hyperbole inventée pour exprimer la grande quantité de miel que procurait à ces peuples, sous un ciel pur et sur une terre toujours couverte de fleurs, l'éducation des abeilles.