‹ Les Lusiades, ou les portugaisChapitre 163 sur 223 · Mais que fais-je, insensé · texte numérisé non relu

Mais que fais-je, insensé

Le Catual s'est rendu au vaisseau de Gama, où sont réunis les trois chefs de la flotte. De riches tentures, des bannières de soie sont déployées sur le tillac. Sur ces bannières, sont peints les exploits des anciens Portugais : le frère de Gama va donner au Catual l'explication de ces peintures; il commence... Mais tout à coup le poëte interrompt le récit. Il invoque le secours des Muses, des Muses son seul appui. Cette idée réveille en lui le souvenir de ses malheurs, de l'injustice et de l'ingratitude de ses concitoyens, et la lyre héroïque ne rend plus que les sons plaintifs de l'élégie.

3d. Je lutte, je combats, et j'écris encore, semblable à cette fille d'Éole, etc.

Canacée, fille d'Éole, avait brûlé d'un feu coupable pour Macharée, son propre frère. Éole, ayant découvert son crime, lui fit remettre un poignard, avec ordre de se punir elle-même. Ovide la représente écrivant à Macharée, et tenant de la main gauche le poignard dont elle va se frapper :

Dextra tenet calamum ; strictum tenet altera ferrum.

OviD., Epist Heroid. XI, v. 3.

Le calamus ou stylus des anciens était une espèce de poinçon avec lequel ils écrivaient sur des tiges de papyrus, séparées en lames très-minces, ou sur des tablettes enduites de cire.

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