Lusus
On a (lit que les peintures tracés sur les bannières des Portugais n'étaient qu'une répétition 'des récits faits par Gama au roi de Mélinde; mais il faut observer que le même motif qui avaitdicté la narration de Gama, savoir, la nécessité de donner aux peuples nouvellement découverts une haute opinion de la nation portugaise, subsistait encore à Calicut. Et c'est ici que le poëte, obligé de reproduire les mêmes idées, fait preuve d'une grande fécondité d'imagination dans la variété des expressions et des tableaux. Dans les récits faits au roi deMélinde,les événements se lient par une chaîne historique, et sont présentés avec tous les développements que le plan de l'ouvrage permettait. Ici, au contraire, ce sont des tableaux isolés dans lesquels le lecteur aime à retrouver le portrait des personnages qu'il connaît déjà. On a lieu de s'étonner que cette intention du poëte ait échappé à un littérateur aussi distingué que La Harpe. S'il l'eût aperçue, il n'eût point dit, à l'occasion de ces peintures, que le poëte portugais, imitateur maladroit d'Homère et de Virgile^ ignorait les secrets de son art. Dans cette circonstance, comme dans toutes celles où La Harpe quitte le rôle de traducteur pour prendre celui de détracteur de son modèle, nous prions nos lecteurs de prononcer euxmêmes, et d'après leurs propres impressions, entre la critique et l'ouvrage.