‹ Les Lusiades, ou les portugaisChapitre 216 sur 223 · Miaya · texte numérisé non relu

Miaya

Pierre de Nhaya, allant aux Indes, en 1505, construisit une forteresse sur les terres du roi de Sofala.LesCafres, excités par les Maures, vinrent bientôt l'assiéger ; mais, avec trente-cinq hommes disciplinés à l'européenne, il repoussa cette multitude vagabonde.

33. Terre de l'Ethiopie ! tu seras témoin des exploits et des malheurs du généreux Christophe.

Christophe de Gama avait été envoyé par son frère Etienne, alors vice-roi des Indes, au secours de l'empereur des Abyssins contre le roi de Zeila. Il obtint d'abord de grands succès ; mais, emporté par sa valeur, il tomba entre les mains de ses ennemis, qui l'abreuvèrent d'outrages et finirent par lui trancher la tête.

Remarquons avec quel ménagement Téthys prédit à Gama la destinée de l'infortuné Christophe, et comme elle se hiite de le distraire de cette pensée par des souvenirs qui le flattent. 0 Gama ! ce héros est ton fils ! Mais peut -on fui)' sa destinée ?,,, fíamènc tes regards

sur la rive où fleurit Mélinde ; tu n'as point oublié son roiy ni son peuple hospitalier. C'est le Ta, Marcellus eris... manibus date liita plenis. Nous avons entendu, il n'y a qu'un instant, la nymphe inspirée annoncer en face à Gama l'époque précise où il devait cesser de vivre, et n'accompagner d'aucune précaution cette annonce inattendue ; elle ne parlait qu'au héros. Ici, au contraire, c'est à un père que s'adresse Télhys. Voilà de ces nuances de sentiment, de ces délicatesses de l'art qui, chez les poetes anciens, appartiennent particulièrement à Virgile, et, chez les modernes, à Racine.

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