Charmés de sa beauté, les peuples l'appelaient Méliapor
Selon Duperron deCastera, Méliapor, en langue malabare, signifie paon.
D'après le même auteur, suivi par La Harpe, l'ancienne ville de Méliapor était située à douze lieues de la mer. Cependant elle n'était pas à l'abri des inondations, ce qui détermina les habitants à construire, à une plus grande distance du rivage la nouvelle Méliapor, que les Européens nomment aujourd'hui Saint-Thomé. C'est dans les ruines de l'ancienne que les Portugais prétendirent avoir trouvé le corps de l'apôtre saint Thomas. Adrien Baillei oppose à cette prétention de grandes et respectables autorités ; mais ce qu'il y a de certain, c'est qu'avant l'arrivée des Portugais dans les Indes, il existait dans ce pays, aussi bien qu'en Ethiopie, des chrétiens qui se disaient de Saint-Thomas .^ et dont la religion était une espèce de rite grec mêlé de judaïsme. Celajustifie jusqu'à certain point les traditions adoptées par l'auteur des Lusiades.
H. Apôtre saint, porte nos vœux aux pieds de l'Éternel, et sois toujours le protecteur des enfants de la Lusitanie.
C'est toujours Téthys qui parle; mais s'il est reçu qu'elle n'est qu'un personnage allégorique dont le poète se sert jjour exprimer ses propres pensées, si elle n'est autre chose que le poète lui-même, il n'y a rien de choquant à l'entendre, dans cette circonstance, mêler ses vœux à ceux des Portugais.
42. Lue irruption des flots l'a séparée de Sumatra. Virgile a dit la même chose de la Sicile et de l'Italie.
Hœc loca vi quondam et vasla convulsa ruina (Tantuni œvi longínqua valet inutare vetusJas), Dissiluisse feruut; cum protenus utraquc lellus L'na foret; venit medio vi pontus, et undis Hesperium Siculo latus abscidii, arvaque et nrbcs Liltorc diductas anguslo inferluit aeslu.
,L%tcii/.y lib. 111, v. 4U.
3t>2 LES LUSIADES.
Ces couHneuts, dit-on, séparés par les oudes, Réunis autrefois, ne formaient qu'un pays; Mais par les flots vainqueurs tout à coup envahis, A l'onde usurpatrice ils ont livré la terre, Dont le double rivage à Penvi se resserre. Ainsi sans se toucher se regardent de près Et les bords d'Hespér^e et Tîle de Cérès. Kntre eux la mer mugit, et ses ondes captives Tour à tour en grondant vont battre les deux rives.
Delille.
i3. Fleuve secourable ! un jour tes bords hospitaliers, etc.
o Camoens, toujours intéressant quand il parle de lui-même, dit « La Harpe, trouve ici une occasion fort heureuse de rappeler son « naufrage sur les côtes de Camhaye, lorsqu'il revint de la Chine, « où il avait été exilé par le vice-roi des Indes. » C'est sans doute Cnmbnyc que La Harpe a voulu dire. Il n'a pu faire une faute de géographie aussi grave, et confondre la côte de Coromandel avec celle de Malabar.