‹ Les Lusiades, ou les portugaisChapitre 33 sur 223 · VIE DE GAMOENS. XLIII · texte numérisé non relu

VIE DE GAMOENS. XLIII

Quelques (écrivains, dont je partage l'avis, ont pens6 que ce manuscrit était le recueil de ses mnas varias, qu'il préparait pour l'impression, et qui n'a été publié que quinze ans après sa mort.

Ce fut sans doute à cette époque (1568) qu'il composa sa quatrième élégie et le sonnet deux-cent-vingt-huitième sur la glorieuse défense de Malacca par DomLeoniz Pereira. La nouvelle de ce fait d'armes dut lui être apportée par les vaisseaux portugais venus de Goa.

Camoens s'embarqua sur le Santa Fé, avec ses amis, que paraît avoir accompagnés Pedro Barreto. La flottille fut en vue de Lisbonne à la fin de 1509 ; mais les passagers ne purent si tôt prendre terre. Le Portugal venait d'être en proie à une peste si terrible, qu'elle en a conservé le nom de grande. On lit dans la chronique de Sâo Domingos (liv. VI, ch. 9), qu'il y eut à Lisbonne six cents morts en un seul jour du mois d'août 1569, et qu'en tout il ne périt pas moins de soixante et dix mille personnes. Camoens trouva donc les eaux du Tage fermées et défendues avec beaucoup de rigueur. Pendant cette quarantaine, qui dura plusieurs mois, il vit son ami Heitor da Sylveira tomber malade et mourir en vue de Cintra. Enfin, Diogo do Couto, qui était sur le Santa Clara, parvint à débarquer seul (avril 1570), et obtint de la cour qu'on permît à la flottille l'entrée du port. Ce fut vers le mois de mai 1570, dix-sept ans deux mois et quelques jours après son départ, que Luiz de Camoens rentra dans Lisbonne K II avait alors quarante-six ans.

Il trouva cette ville dans un état bien différent de celui dans lequel il l'avait laissée. La peste avait décimé toutes les familles ; les intrigues, inséparables d'une régence, avaient tout brouillé. Le jeune roi Dom Sébastien, majeur seulement depuis deux ans, gouverné, comme notre Louis XllI, par de jeunes favoris et par des prêtres, brave aussi de sa personne, et méditant déjà sa malheureuse expédition d'Afrique, répandait sa tristesse mystique sur la cour et sur le royaume. On n'apercevait plus cette joie, cette

reconnaître le Parnasse de Luiz de Camoens dans la Lusitânia transformada de Fernando Alvares do Orienle.

1 M. Francisco Alexandre Lobo, ouvrage cité, p. 209.

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