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VIE DE CAMOENS. IX

dans lequel on voit Simao Vaz figurer comme répondant de son fils en looO. Toutefois, comme il arrive rarement à une tradition d'avoir tout à fait tort, je pense qu'il faut conserver de celle-ci lé plus possible. J'estime donc que ce fut l'aïeul de Camoens, Antonio Vaz, probablement de même profession que son fils, qui a été le héros de cette tragique aventure. Peut-être notre poëte faisait-il allusion à cette catastrophe de famille, quand arrivé à Goa, après une effroyable tempête, il disait dans une de ses plus mélancoliques élégies ; « C'est ainsi que mon destin me fit parvenir à cette « terre lointaine et désirée, sépulture de tout pauvre homme « d'honneur. » (Elégie première.)

Il est probable qu'il perdit sa mère étant encore en bas âge, et que son père, obligé par sa profession à de fréquentes et longues absences, le confia aux soins de quelques personnes étrangères. Camoens n'a pas un seul souvenir de la maison paternelle : sa mémoire d'enfant ne remonte pas au delà de l'université de Coimbre, et déjà l'adolescence lui ôte une partie de sa pureté sereine et de sa naïve candeur. Il ne connaît rien de plus reposé, de plus calme, de plus pur que les eaux du Mondego qui parlent de la belle et malheureuse Inez. C'est là que son cœur vient chercher de l'ombre et du frais quand le feu de ses passions s'allume et que leur ardeur le dévore. Voyez la canção iv : Vaoas serenas agoas, et le sonnet cxxxni : Doces e claras aguas cio Mondego,,, etc. ^ ,

Vers l'âge de treize ans^ on l'envoya à l'université qui venait d'être (en 1539) transférée de Lisbonne à Coimbre. 11 fit dans cette ville toutes ses études, y compris la philosophie ^. John Adamson présume que Govea, Teive et l'illustre poëte écossais Buchanan, appelés à professer à Coimbre par Dom Joào III, durent exercer une heureuse influence sur le développement du génie poétique de Camoens.

1 Ce sont là peut-être les premiers vers de Camoens. Severim pense qu'ils furent composés à l'Université de Coimbre. Je crois, au moins, que Camoens les lit peu après son arrivée à Lisbonne, surtout le sonnet. Il y a de l'inexpérieuce dans la forme et dans la pensée. « Le corps, vêtement de l'âme • se sent du cours récent de philosophie. L'églogue V me paraît postérieure, quoique plusieurs manuscrits l'attribuent à l'enfance de l'auteur.

2 Voyez Nicolas Antonio, Bibliot. Hispan, nova, art. Ludov. de Camoens, t. II, p. 25.

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