‹ Les Lusiades, ou les portugaisChapitre 44 sur 223 · LVI VIE DE CAAIOENS · texte numérisé non relu

LVI VIE DE CAAIOENS

chant dixième, oct. 119, Corrêa donne des renseignements sur Camoens, et s'autorise de choses que le poëte hii a dites. Cet écrivain était, d'ailleurs, un homme d'un savoir solide, et entretenait une correspondance avec les principaux érudits de cette époque, entre autres avec Juste Lipse. On trouve dans les épîtres latines de ce dernier une lettre adressée au licencié Manoel Corrêa, pleine d'aiï'ection et d'estime {Epist. 99 centur. ad Ital. et Hispan.), Il a laissé plusieurs ouvrages imprimés, et, suivant l'usage des Portugais, un plus grand nombre encore de manuscrits.

Le premier biographe en forme de Camoens est un bibliothécaire de l'Université de Coimbre, Pedro de Mariz, qui plaça une vie c'e notre poëte devant le commentaire du licencié Manoel Corrêa, commentaire que l'auteur, en mourant, l'avait autorisé à étendre et à corriger. Un des plus récents biographes de Camoens, M. John Adamson, dont nous parlerons plus bas, est tombé à cet égard dans quelque confusion. 11 avance {Memoirs of the life and wrilmgs of Lu'S de Camoens, t. I, p. 19) que Manoel Corrêa composa une vie de Camoens, publiée par Pedro de Mariz après la mort de l'auteur. Cette assertion est inexacte. Corrêa n'a point composé de vie de Camoens. Il suffit, pour lever les doutes à cet égard, de jeter les yeux sur l'édition des Lusindes de 1G13 (Lisboa, Pedro Crasbeeck, in-4"), où la vie de Camoens, sous la simple forme d'une lettre adressée aux amaieurs de la poésie, est signée Pedro de Mariz.

L'opinion du biographe anglais s'appuie de l'autorité de Manoel de Faria e Souza [Rimas varias de Luis de Camoens, vida del poêla) et de Barbosa Machado (Bibliotheca Lusitana^ t. III, p. 232) ; mais Barbosa ne parle, dans l'endroit cité, que du commentaire de Corrêa, et mentionne (p. 595) la vie de Camoens comme l'œuvre de Pedro de Mariz. M. John Adamson ajoute que ce fut à la prière de Camoens que Manoel Corrêa entreprit son travail. Cela n'est pas non plus tout à fait exact. Nous venons de voir que, de son aveu, Corrêa composa son commentaire à la requête d'un sien ami, et que Camoens le pressa, non de l'écrire, mais de le publier. M. John Adamson, dans le second volume de son ouvrage (p. 296), a traduit très-exactement cette fois la phrase de Manoel Corrêa, sans s'apercevoir qu'elle contredit ce qu'il avait avancé dans le tome premier, p. 19. D'ailleurs, Pedro de Mariz, selon M. Francisco Alexandre Lobo, n'a montré que peu de savoir et encore moins d'intelligence dans son travail. Ce document respectable, parce qu'il sort d'une main contemporaine, renferme même plusieurs observations malveillantes, qui ne pou-

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