‹ Les Lusiades, ou les portugaisChapitre 45 sur 223 · VIE DE CAMOENS. LVII · texte numérisé non relu

VIE DE CAMOENS. LVII

vaient partir de la main d'un ami. Cette vie a été réimprimée, et peut-être amendée dans la seconde partie des Rimas de Camoens (Lisboa, Pedro Crasbeeck, 161(5, in-4o), édition précieuse dont la Bibliothèque royale ne possède que la première partie (Lisboa, Crasbeeck, 1607, in-'io) ; mais que je crois complète dans la bibliothèque publique de Bruxelles. C'est par une erreur évidente que l'éditeur des Œuvres de Camoens, publiées à Lisbonne en 1779-1780, 3 volumes in-8'\ avance (t. ï, p. 4) que la notice de Pedro de Mariz a été réimprimée dans l'édition des ílímas de 161)1. 11 faut très-certainement lire, 1616. Toutes les réimpressions faites sur l'édition de 1779-1780 ont eu le tort de reproduire cette fausse date.

Après ce premier et insuffisant essai biographique de Pedro de Mariz, un antiquaire érudit, le docteur Manoel de Faria Severim, chantre d'Evora, publia en i624, dans l'ouvrage intitulé Discursos vários e políticos, em Evora^ in-4o, une vie de Camoens plus étendue et plus exacte, qui a été réimprimée dans l'édition des Lusiades, Lisboa, 1720, in-folio. Cette édition, qui renferme en outre la reproduction du commentaire de Manoel Corrêa, est malheureusement trèspeu correcte, et fautive surtout pour les noms projjres. Manoel de Faria Severim est le premier qui essaya d'extraire des œuvres mêmes du poêle les renseignements sur les parties obscures de sa vie. Gaspar de Faria Severim, neveu de Manoel, a composé en latin un éloge de Camoens, que son oncle a traduit en portugais, et qui paraît différer de la vie insérée dans les Discursos. Il faut remarquer ici qu'un ecclésiastique, nommé Manoel Pires de Almeida, a laissé une vie manuscrite de Camoens à la tête d'un commentaire sur les Liisiades, en quatre volumes in-folio, également manuscrit. Comme il légua ce travail à Manoel de Faria Severim et à son neveu Gaspar, on a pu croire que ces deux historiens de Camoens avaient profité de ces recherches ; mais Manoel Pires n'étant mort qu'en 1055, cette supposition est inadmissible.

Malgré le travail très-recommandable de Manoel de Faria Severim, un autre écrivain, Manoel de Faria e Souza, un des plus laborieux et des plus célèbres polygraphes portugais, pensa, non sans raison, qu'il restait encore beaucoup de choses à éclaircir dans la vie et dans les œuvres de Camoens. H publia en espagnol une vie de ce poète, qu'il plaça devant son volumineux commentaire sur les Ltisiades, écrit aussi en espagnol (Madrid, 1639, quatre tomes en deux volumes in-folio). Manoel de Faria e Souza laissa, de plus, une seconde vie manuscrite de Camoens, laquelle ditFère, à quelques égards, de la

LVIlí VIE DE CAMOENS.

première. Cette seconde vie plus abrégée fut imprimée à Lisbonne en 1G85-1G89, à la tête de son ample commentaire sur les Rimas varias de Camoens, cinq tomes en deux volumes in-folio i .

Manoel de Faria e Souza a composé encore une autre vie de Camoens. C'est une églogue en vers, intitulée Cintra, formée presque en entier de passages extraits des œuvres mêmes du poète. Ce centon, très-vague, comme on le pense bien, n'a pas été imprimé, ainsi que le semble croire M. John Adamson [Memoirs of the life, etc., t. II, p. 332), dans l'édition des Lusiades de 1639, non plus que dans celle des Rimas de 1685. Je trouve pour la première fois cette églogue insérée dans le quatrième volume des Obras de Camoens, imprimées en 1 7 79- Í 780, et je conjecture que l'éditeur, Thomas Joseph de Aquino, aura extrait ce poëme d'un des trois volumes manuscrits de Faria e Souza, conservés alors au couvent de No*ssa Senhora da Graça. Manoel de Faria e Souza a fait suivre cette églogue de quelques notes explicatives, écrites en espagnol, où l'on trouve diverses anecdotes curieuses sur notre poëte. Cela fait donc, de bon compte, trois vies de Camoens dues à cet écrivain, indépendamment de la part assez grande qu'il a donnée dans son Asia Portuguesa aux actions militaires de notre poëte.

Le père Niceron a inséré dans ses Mémoires pour servir à lliistoire des hommes illustres (tome XXXVII, p. 244-560), une courte notice sur la vie de Camoens. Cette notice, que Niceron tenait d'un Portugais instruit, renferme, malgré quelques erreurs, des renseignements fort utiles.

Nous ne pouvons, malgré l'autorité du catalogue des auteurs portugais du Père Bluteau, compter Joâo Franco Barreto au nombre des biographes de Camoens. Joào Franco Barreto n'a donné qu'une table des noms propres qui se rencontrent dans les Lusiades et des arguments en vers pour chaque chant de ce poëme.

Ignacio Garcez Ferreira a mis à la tête d'une édition des Lusiades,

1 Ces cinq tomes ne contiennent qu'une partie des Rimas; les tomes VI, VU et Vin, qui renferment la suite des églogues, les redondilhas, les trovas, les comédies et les œuvres en prose, n'ont pas été publiés : on les a conservés' longtemps dans la bibliothèque du couvent de Nossa Senhora da Graça, d'où ils ont dû passer dans le dépôt central qu'on a formé à Sâo Francisco da cidade, des livres et manuscrits provenant des couvents de la province d'Estramadure, après la suppression des ordres monastiques. Les éditeurs de 1779-1780, qui ont suivi le texte de Manoel de Faria e Souza, ont consulté ces trois précieux volumes. Ignacio Garces Ferreira a cru que la mort de Manoel de Faria e Souza avait empêché l'achèvement de l'édition des Bimas varias. (Vest une erreur; Manoel de Faria e Souza était mort dès le 3 juin 1649.

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