‹ Les Lusiades, ou les portugaisChapitre 53 sur 223 · Jeune héritier de tant de rois, dont le premier reçut du · texte numérisé non relu

Jeune héritier de tant de rois, dont le premier reçut du

ciel une faveur, etc.

Alphonse l^^ n'avait encore que le titre de comte de Portugal lorsqu'il gagna sur les Maures la bataille d'Ourique. Avant le combat, il aperçut, dit-on, dans les airs une croix lumineuse et le Dieu des chrétiens qui lui promettait la victoire et le titre de roi. Son armée ne douta point du miracle : elle combattit avec enthousiasme, remporta la victoire et proclama roi le valeureux Alphonse. Camoens a embelli de ce prodige le troisième chant de son poëme.

9. Roi puissant dont les vastes États embrassent à la fois, etc. Le poëte Buchanan avait dit au roi Jean III, aïeul de Sébastien :

Inque tuis Phœbus regnis oriensque cadensque

Vix lougum fesso conderet axe diem; ■ Et quœcumque vago se circumvolvit Olympo

Affulget ratibus flamma ministra tuis.

Tu règnes sur tous les climats :

Le dieu du jour, à son aurore,

Éclaire tes vastes États,

Et le soir les retrouve encore.

Qu'il brille sous des cieux nouveaux ,

Qu'il visite la terre ou l'onde ,

Il rencontre aux deux bouts du monde

Ou tes remparts ou tes vaisseaux.

Buchanan était né en Ecosse. Camarade d'études de quelques Portugais qui suivaient les cours du collège de Sainte-fearbe, à Paris, il fut appelé avec eux à Lisbonne par le roi Jean Ili, et devint ensuite professeur de belles-lettres et de philosophie h l'université de Coïmbre. Camoens fut un de ses élèves. C'est peut-être à Buchanan et aux leçons que cet habile professeur avait reçues lui-même à Sainte- Barbe que nous devons Camoens et les Lusiades.

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